30 septembre, 2006

Nous sommes toujours là


Tout arrive en même temps.
Dont le conteneur. Nous avons réussi à faire sortir le conteneur des douanes nigériennes samedi passé (23 sept.). J’ai passé la soirée du vendredi sur place pour comprendre le litige qui nous concernait. Entre 3 et 4 heures à voir et entendre des agents de douanes s’astiner sur le protocole (à ce moment, le conteneur était sur la route vers chez nous). Accompagner le conteneur vers le bureau des douanes, question de remettre cela entre les mains du supérieur. Un petit conseil, il faut toujours veiller à ce que le supérieur ne perde pas la face, quitte à passer outre une erreur commise par son service. Pour cette même raison, je vais passer les détails qui suivent, question que personne, pas même moi, ne perde la face.
L’important, c’est que le conteneur était chez nous samedi matin. Pour être précis, on l’a déchargé chez mon collègue Cheung et puis on a apporté nos choses chez nous. Nous avions un thermomêtre : 30 degrés à l’ombre, comme certain bon 1er juillet. Notre joie, un frigo. Notre soulagement, une laveuse. Notre souci, des meubles. Ces derrniers ne sont pas prêts encore. Nous devions avoir les lits des enfants hier…
Vous imaginez bien que nous étions bien occupés avec toutes les boîtes. Sauf que nous le sommes encore plus. Notre équipe a une conférence en ce moment pour toute la semaine. Alors toutes nos boîtes sont encore là, presque juste comme elles sont entrées, peut-être un peu tassées vers la droite ou vers la gauche.
Tout de même, vous vous dîtes qu’on a eu samedi et dimanche. Non! Car dimanche, nous sommes allés en brousse, question de visiter où nous pourrions aller pour travailler et aider les gens. Je ne dois pas tout vous raconter maintenant, car ce fut toute une journée remplie. 2 heures pour parcourir 200km, puis 3 heures pour 37km. Nous avions un 4X4, 200 km d’asphalte, 30 km d’une routes boueuses et trouées – un mélange de montagnes russes et de pitoune – et 7 km de hors route. Je ne vous dis pas le punch, non pas que je sois cruel, mais cela me motive à écrire. Disons qu’on peut dire que je m’en suis arraché les cheveux…
Rien de plus, vous vous dites. Wo! Ça suffit que je voudrais vous dire, mais vous avez raison. La toilette qui est neuve s’est mise à déborder dans une période de diarhée. Donc ce n’est pas les cacas qui l’ont bouchée. Alors, ne voulant pas attendre que le gentil plombier qui l’a installée et dont j’ai peu de confiance dans son travail et ne reculant devant rien, à 10 heure du soir, les yeux brulant de fatigue, j’ai démonté la toilette. Il faut que je vous dise qu’elle débordant par en bas, au niveau du plancher.
Comment dépaqueter des boîtes quand on a les mains dans la toilette? Au moins, j’ai sorti mes outils.
Il y a vraiment de quoi s’arracher les cheveux de la tête.
Pas de souci, je prends cela en riant.

Daniel

20 septembre, 2006

L'arrivée de Sophie

Maintenant, nous sommes installés dans notre maison. Après trois semaines pour peinturer, réparer la maison et toutes les sorties que Daniel a faites pour les achats, voilà qu’on rentre chez nous. Nous nous sommes installés avec du matériel de camping. Alors nous avons des lits de camp, un réchaud et une glacière. L’équipe est venue chez nous pour aider à faire le ménage et j’ai complété le lendemain le frottage des quatre salles de bain.
Les enfants ont commencé l’école et ils apprécient tous leurs enseignants. Pour Elohise, elle est en 6e , au rythme du secondaire, avec plusieurs enseignants et changement de classe. On doit s’habituer à l’horaire d’ici , car les enfants vont à l’école du lundi au vendredi tout les matins et le mardi et jeudi l’après midi . C’est Daniel qui se tape tous les allers et retours. On veut s’engager un chauffeur désigné, mais pour l’instant avec les contacts qu’on a eu, les gens ne veulent plus faire se service. Et comme moi je ne sais pas conduire l’auto manuel, c’est encore Daniel qui fait les courses et marchande les prix de nos fruits et légumes.
Bon moi, on dirait que je ne fait rien, mais loin de cela, je n’arrête pas. À part 3 jours que j’ai du prendre au début de l’entrée scolaire, car je ne me sentais pas bien. C’était un peu normal avec l’adaptation à faire ici et de s’habitué à la chaleur. J’ai passé beaucoup de temps avec les enfants et surtout Antoine qui comme petit frère aime taquiner trop souvent ses sœurs. Je suis certaine que si j’aide les enfants à bien s’adapter ici, ils vont me le rendre plus tard, en appréciant de vivre au Niger. Pour l’instant, ils s’intègre bien à la vie Africaine, c’est leurs amies qui leurs manquent beaucoup. Et encore, je passe beaucoup de temps dans la cuisine, car chez nous, on a tous bon appétit. Antoine doit apporté 3 collations à l’école, je donne des fruits et des collations plus soutenantes que je prépare. Et bien ma fatigue ne venait pas juste de cela, c’était plutôt dû que je ne buvais pas assez d’eau. Pourtant ceux qui me connaissent savent que je suis une buveuse d’eau. Et pourtant, à mon arrivée, on m’avait dit de boire suffisamment. Mais il fallait que je l’expérimente pour vraiment comprendre. Se sentir fatiguée, épuisée et le mal de cœur. Voilà maintenant, j’ai compris et je vais beaucoup mieux, alors boire encore plus d’eau.
Souvent je me dit que je n’ai presque rien fait de concret de la journée, mais c’est certain, je n’ai pas arrêté. Ah oui, il ne faut pas oublié que c’est conseillé ici de faire la sieste et j’en profite bien, pour dormir, lire ou écrire. Et voilà une autre journée de terminée.

Sophie

17 septembre, 2006

Ne le dites pas à ma mère.

Ne le dites pas à ma mère.
Ne dites pas à ma mère que je me promène dans tout Niamey en disant Tabarnaque à tous les Tamasheqs que je rencontre. Je l’entend à chaque fois me dire : « Cé-tu comme ça que je t’ai élevé? »
Mais j’ai tout de même la crainte de choquer des oreilles sensibles en poursuivant ce texte. En passant, je découvre de plus en plus de Québécois à Niamey. Marianne a une Québécoise dans sa classe, dont la maman est agente pour le groupe Etran Finatawa que j’ai déjà mentionné.
Bon, n’ayant reçu aucune plainte au sujet de mes propos presque grossiers sur les consonances linguistiques des sacres québécois, je poursuis le sujet.
J’ai rencontré un homme à qui j’ai dit : « Tabarnak! » Celui-ci s’est mis à rire : « Ah! Vous êtes du Québec vous! Ah Ah Ah! Réponse nulle. J’ai dû modifier mon accent il faut croire, de façon à être plus subtil.
J’ai croisé un deuxième homme devant un portail de maison – Tabarn… Il me regarde d’un regard médusé. Il me fait répéter encore. Encore et encore. J’ai compris que lui n’y comprenais rien. Après dix-huit fois et demi, il me dit : « Non, pas tabanak, c’est tabalak » et il me pointe une flaque d’eau, plutôt une mare qui se trouve au beau milieu de la route. Mais il a ajouté la nuance que tabalak c’est un vrai lac naturel avec des poissons et de la vie.
Insatisfait, j’ai répété mon expérience sur un troisième homme. Vous avez remarqué que je n’ai pas tenté le mot sur une femme, question d’éviter d’énormes confusions telle qu’une insulte ou une demande en mariage – la polygamie se pratique ici!
Vous pouvez dire à ma maman qu’il y a peu de chance que j’utilise « tabarnak » en Afrique. En effet, ce troisième cobaye m’a dévoilé le sens du mot en question. En Tamasheq, il s’agit de deux mots, dont « nak » veut dire toi.Ainsi, on ne peut pas dire « mon tabar », mais plutôt « ton tabar ». Et si on enlève le « r », ça fait « ton taba(c) », soit ta cigarette, soit ton tabac à chiquer. Or, ce ne sont pas des produits qui m’intéressent, alors, je n’aurai pas à le dire souvent. À moins, que je dise : « ton tabac nuit gravement à ta santé ». On verra rendu là.


Daniel

Le container est arrivé!

Le container est arrivé!
Le container est arrivé trois fois à Niamey la semaine dernière.
Le samedi, j'apprend qu'il se trouve ici à Niamey.
Dimanche, j'apprends que non. Mais peut-être lundi…
Oui, il est arrivé lundi aux douanes nigériennes lundi.
Euh, non! Mardi, il n'était plus arrivé. Peut-être mercredi. « Avec les peut-être, on ne se faisait plus d'idée. »
J'ai donc appris de sources sures, hier (samedi, 16 sept.), qu'il n'est plus sur le camion et qu'il est entreposé à Niamey.
Il ne reste que la paperasse douanière et les factures de taxes et d'entreposage! (plus le container est entreposé longtemps, plus cela coûte cher!)
Le plus spectaculaire a été le jeudi, j'étais en ville avec Élohise et Ace quand on a vu un container sur un camion. Il avait le même logo de compagnie que le notre (car Ace aussi a ses choses dans ce container). Je n'ai pas retrouvé le code de notre container pour comparer si cela était vraiment le nôtre.
Nous sommes au moins consolés de savoir qu'il est là, tout près de nous, de nous.


Daniel

13 septembre, 2006

Occupé!

Pourtant, on a l'impression de ne rien faire!
Il y a des jours où je dois faire 5 voyages à l'école pour chercher ou porter les enfants. Ensuite, j'ai plusieurs petits problème de plomberie à la maison. Il faut trouver les morceaux qui n'ont pas les même mesure qu'au Québec, n'y le même look. Par exemple, il n'y a pas de teflon pour la plomberie, on utilise ce que j'appelle des cheveux, des fils de corde.
Du côté de Sophie, elle a les tâches ménagères sur les bras. Laver des vêtements sans laveuse ni buanderie du coin: à bras quoi! Cuisiner à la grosse chaleur. Elle vient de se taper 2 gâteaux de fête en 2 semaines!
Les enfants ont commencé l'école. Je n'arrive pas encore à envoyer de photos. N'empèche qu'ils sont très contents.
C'est court mais cela montre que nous sommes toujours là, vivant et que j'essaie de trouver une solution pour me brancher à internet de façon régulière.

Daniel

03 septembre, 2006

Quand on est presque obligé de sacrer!

Quand on est presque obligé de sacré…

Souvent, en blague, je disais que je voulais aller en Afrique pour pouvoir sacrer sans que personne ne soit choqué. Pour les non québécois, c’est parce que nous avons des sacres qui sont typiques au Québec et qui n’offensent personne ailleurs dans le monde. Sauf que dès notre arrivée, Sophie et moi se sommes fait posé la question : Connaissez-vous les Dupont? Il s’agit d’une autre famille québécoise qui travaille à la traduction de la Bible. Alors, je me suis dit que la blague s’arrêtait ici car il y a des Québécois au Niger, donc je pourrais scandaliser quelqu’un.

Par contre, cette semaine j’ai appris une nouvelle expression tamasheq : Mon simonaque! Bon, ce n’est pas sacré, surtout pas en tamasheq, mais ça sonne drôle pour nous. Alors, j’ai pratiqué ma nouvelle expression. À tous les gars que je rencontrais je leur disais : « mon simonaque » et ça marchait. Pour les filles ce n’est pas pareil, il faut dire : mon simonème ». Ça marchait aussi. Ce qui est bon pour moi, c’est que je m’en rappelle maintenant et pour longtemps.

Il y a un autre mot qui se dit : « Agadou ». Si je me souvient bien celui-là veut dire « Il faut partir ». Il s’agit peut-être de l’explication de la fameuse chanson : « Agadou-dou-dou… » Ah oui! Mais qu’est-ce que « mon simonaque » veut dire? « Quel est ton nom? » Alors, je m’informe régulièrement du nom des gens que je rencontre. D’autre part, il y a une ville qui s’appelle Abalak. Donc, bientôt, je vais essayer « tabarnak » sur quelqu’un pour voir si cela veut dire quelque chose. Je vous en donne des nouvelles.

Linguistique à part, nous avons eu une belle semaine. Vendredi, Antoine a eu 4 ans vendredi. Nous avons reçu des amis du quartier le matin. Le midi à la piscine et l’après-midi au zoo. Le soir, il a déballé ses cadeaux. Les Tamasheqs ne soulignent pas leur anniversaire. Ils l’oublient même. Il est même difficile de connaître leur âge exacte. Parfois, les certificats de naissance disent « né vers 1970 » ou autre année selon chacun. Mais, les enfants ont bien aimé venir jouer et manger du gâteau avec Antoine.

Le jour précédent, nous avons été invités à aller visiter le frère d’un de nos gardiens. Son frère est musicien dans un groupe tamasheq et peul. Ils font un genre de musique traditionnelle actualisée. Ils voyagent en Europe et en Afrique pour jouer dans des festivals de musique trad. J’ai beaucoup aimé cette rencontre. Le groupe s’appelle « Etran Finatawa » et ils viennent de sortir un CD, que j’ai. Mon gardien s’appelle Ressa Khamidoune et le musicien Ghalitane Khamidoune.

Bye
Daniel