30 octobre, 2006

Un baptème à la musulman


Un premier baptème
En Afrique, la notion du temps est très flexible. Alors, le mot retard n’existe pas. J’ai eu des rendez-vous le jeudi pour des travaux et l’ouvrier est arrivé le lendemain. Puisqu’il est venu, il a respecté son engagement!!! Nous avons donc reçu des meubles deux semaines plus tard que prévu et il manque encore deux commodes sur cette commande, mais… Il faut s’y faire il paraît.
Mais, là où c’est moins drôle, c’est que mon gardien attend son bébé depuis qu’il travaille pour nous. Le docteur avait dit début septembre. Je me souviens avoir vu la maman et de l’avoir trouvée grosse, du point de vue de la maternité, bien sûr. À toutes les semaines, je m’attendais à ce qu’un matin il ne vienne pas travailler. Le 16 octobre dernier, je reçois un appel dans la nuit : « Je ne serai pas là demain, Madame est à la maternité. »
Donc, même le bébé est arrivé six semaines plus tard que prévu. Je sais qu’il y a des questions de précisions féminines qui peuvent ne pas être calculées de façon exacte.
On s’est finalement réjouit car il commençait à y avoir de l’inquiétude pour cette grossesse. Sophie et moi avons bien prié pour cette maman et son bébé. Sophie a tenté de rassurrer la maman et le papa quand ceux-ci s’inquiétaient de différentes réactions physiques. Par exemple, la maman s’est mise à enfler des pieds, des mains et du visage. Mouhamed, le papa, a entendu que le sang de la mère n’était plus bon et une autre chose bizarre. Sophie a pu les rassurrer car elle lui a raconté que cela arrive, qu’il faut être patient. Comme de fait, elle accouché et elle reprend le dessus assez bien.
Huit jours plus tard, nous sommes invités au baptème. C’est le mot français pour une cérémonie qui concerne le fait de donner le nom à l’enfant. Les parents doivent égorger un mouton qui servira à faire le repas pour tous les visiteurs de la journée. La cérémonie a lieu à 7h du matin. Je suis donc allé moi seul, sachant qu’on pouvait revenir dans la journée. Cette cérémonie est très brève, elle a lieu chez la famille. Les femmes sont dans la hutte avec le bébé. Les hommes et moi étions dehors avec l’imam qui fait une prière courte et puis on mange.
Je n’ai pas vu le bébé le matin. Mais tout le monde s’étaient mis sur leur 36, surtout que la veille s’était la fête du Ramadan, le jour qui marque la fin du jeûne. Cette fête est comme notre Noël. Les enfants ont de nouveaux habits et des cadeaux. Tous se mettent beaux. Alors, les beaux habits étaient déjà sortient. Mais, toutes ces festivités coûtent cher pour ces gens qui ne gagnent pas beaucoup. Par contre, ils y prennent tous part avec joie. Je n,ai pas vu quelqu’un maussade comme chez nous dans le temps des fêtes. Ils étaient fiers de leurs habits et de leurs enfants.

Bon! Si je n’ai pas oublié, le bébé s’appelle Fatimatou, c’est une fille. Elle est née avec 7lbs et bien chevelue. Aujourd’hui, encore, la maman et elle vont très bien. Et sur la photo, c'est l'homme en bleu.

Et je vous salue car je dois passer à autre chose.


Daniel

Ce que j'entends ici.


Les Nouvelles du Canada
J’écoute Radio-France International à l’occasion. Au Canada, on a souvent l’impression qu’en Afrique tout va mal, selon les nouvelles qu’on entend. Pourtant, les gens vivent, travaillent, s’aiment et élèvent leurs enfants. À tout le moins, c’est ce que je constate. D’ailleurs, les enfants africains sont comme les canadiens, ils naissent, ils pleurent, ils mangent, ils jouent et se chamaillent, ils se font chicaner et ils dorment.
Mais, ici en Afrique, qu’est-ce qu’on entend du Canada?
Je n’ai entendu que deux nouvelles à la radio. La première, très brève, concernait la fusillade au Collège Dawson. Cela m’a pris plusieurs jours, à cause de mes problèmes internet, pour comprendre ce qu’il s’est passé. Autrement, je ne savais seulement qu’une fusillade a éclaté dans un collège et qu’elle s’est poursuivie dans la rue et dans le métro… Tout en rappelant la tuerie de la Polytechnique Et je suis en voiture vers l’école avec les enfants.
L’autre nouvelle, c’est un reportage en Gaspésie : « La faillite de la forêt canadienne ». On ferme des scieries, on perd des jobs, on cherche des solutions, en tout cas, tout va mal AU Canada.
Ensuite, entre les branches, j’apprends qu’un viaduc est tombé à Laval. Mais rien dans les médias à ce sujet au moment où j’écoute.
Le plus intéressant, j’ai entendu dans une tribune téléphonique que le Canadiens a échangé Mike Ribiero. Alors, quelle discussion sur le manque de loyauté de l’organisation envers ceux qui ont grandi dans son organisation. Mais vous devinez que sur ce sujet, la glace a fondu rapidement. En fait, la majorité des Nigériens n’ont jamais vu un bâton de hockey. Je pourrai donner celui que j’ai apporté au musée! Aujourd’hui, je comprends l’inutilité du hockey ici, pour comprendre, faites un lancer-frapper sur du sable et regardez le visage de votre adversaire. S’il vous regarde dans les yeux, c’est que vous n’êtes pas sur du sable.
PS. Bientôt, j'aurai TV5 et les nouvelles de Radio-Canada.
Daniel

24 octobre, 2006

Presque mais pas encore!

Presque branché!
Je suis presque branché sur internet. J’ai trafiqué un script de modem d’Apple pour fair fonctionner les fameux modems ZTE d’un téléphone cellulaire d’ici. Ça fait plusieurs jours et semaines que je passe là dessus. (Ça ma fait suer – de façon littérale surtout et un peu figurée.)
Ce sont des téléphones ordinaires avec une antenne. Je ne sais pas encore si cela sera stable. Ça demeure lent : 33.6Kb. Apparemment que le haute vitesse s’en vient. Mais le 33.6Kb coûte déjà 80$ par mois. Il existe un haute vitesse sans fil (satellite) à 350$ par mois… On va aller lentement pour l’instant.
En passant, pour nous envoyer des message courriels, cliquez sur notre photo dans le coin haut à droite. Même Marianne a le sien.
PS. Ça ne marche pas vraiment encore!

Connaissez-vous ma chanson?

J’ai une chanson dans la tête
Demain, l’hiver
Je m’en fout!
Je m’en vais dans le Sud au Soleil

de Robert Charlebois

Honnêtement, je n’arrive pas à concevoir que nous sommes en octobre. Nous avons eu notre souper de l’action de Grâce avec nos bons collègues canadiens. Sans eux, je ne me serais jamais douter que nous étions là, déjà.
Hier, j’ai vu un match de football américain du Nebraska. Tous ils avaient leur tuque et leurs gants. Étrange, non!

Daniel

Il fait juste 32

« Il fait juste 32o »

« Il fait juste 32o! » s’exclama Sophie à midi.
En effet, il ne faisait que 32 et nous étions bien dans la maison, car la veille, il faisait 36 et que dehors s’était 42 à l’ombre, sans compter un facteur humidex élevé.

Daniel

09 octobre, 2006

Un bon véhicule usagé


Un bon véhicule usagé
Originally uploaded by gzutem.
Parle parle, Jase jase
90% des achats demande du temps. Pour une voiture, c’est plus exagéré, mais un kilo de patates revient au même. Pour les patates, les vendeurs se trouvent aux marchés ou ils arpentent les rues en quête d’acheteurs. Dans ce cas, si vous ne voulez pas acheter, il faut avoir une face de carême – avoir l’air bête – sans quoi, il interprètent votre sourire et votre réponse à « Ça va? » comme un intérêt notoire pour leurs produits ambulants.
Dans le cas des voitures, la difficulté est de trouver les vendeurs. Bon, il y en a quelques uns qui s’affichent dans une sorte de marché de voiture d’occasion. Mais, il me voit venir comme un train avec ma peau blanche. Les autres vendeurs sont de petits professionnels qui tentent leur chance en achetant une voiture qui arrive à la douane par un importateur.
Pour les rencontrer, j’ai fait la connaissance d’un homme qui a son nez partout à Niamey. Je l’appellerai Jacques. Il a dû lui-même vendre des voitures à une époque. Il est un homme de réseaux. Il sait qui vend quoi et où, et je parle de choses légales : j’ai rencontré chez lui le distributeur de pommes de Niamey. Dans d’autres cas, il cherche des marchés pour distribuer les produits d’un de ses nombreux contacts. S’il y a des preneurs de bijoux touaregs au Québec, il serait bien content…
C’est mon gardien qui me l’a présenté, un homme de réseaux aussi, mais pas de la même classe sociale. Il me présente plein de monde : taximan, couturier, femme de ménage, artisan, etc. et j’en suis heureux.
Pour revenir au voiture, il ne faut pas se montrer pressé, mais vraiment pas. Surtout que le vendeur aussi ne veut pas se montrer pressé de vendre, comme si les acheteurs l’assaillent à chaque jour pour le camion qu’il a acheté il y a deux mois. J’ai pas rencontré des tonnes. Je sais qu’il faut jaser et être prêt à attendre un jour ou deux avant de pouvoir le revoir. En cas de doute, il ne faut pas dire de prix parce qu’alors, l’amorce est lancé et le vendeur ne veut pas perdre sa vente. Il ne faut surtout pas dire un prix élevé en partant.
On m’a offert jusqu’à présent une mercedez 1990 pour 2000$ : maganée comme ça ne se peut pas. Deux corolla, dont une comme la dernière que j’avais au Québec pour 5000$. Et un Land cruiser 1985, 4X4, sans air climatisé, pour 5500$. Apparemment qu’un tel camion avec climatisation serait 7000$.En monnaie d’ici, il s’agit de 2,5 million et 3.5 million avec la clim. Nous sommes devenus millionnaires!
Je reverrai d’autre voitures bientôt…
Je vous raconterai.

Daniel

Paysage


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Originally uploaded by gzutem.
Paysages!
Du haut de l’avion je contemplais les vastes étendues canadiennes avec ses rivières, ses lacs, montagnes, collines et vallées. Vastes champs de forêts, d’arbres, de végétations verdoyantes Voyez ce monde sauvage, indomptable qui ne peut être que couru, parcouru sinon tondu, rasé.
Maintenant, imaginez tout cela sans arbres ni eau. Voyez les vastes étendues sillonnées de rivières et de lacs, tous secs. Scrutez ces montagnes, collines et vallées sans verdure, ou si peu. Si vous l’imaginez, alors vous savez à quoi ressemblent les contrées nigériennes.
Ces paysages m’ont fait constater comment le Québec était proche du Niger, seulement couleur sable plutôt que vert forêt.

Daniel

Sortir!


Sortir!
Originally uploaded by gzutem.
Pourquoi il faut un bon 4X4?
Comme j’ai déjà mentionné, Sophie et moi sommes allés en brousse pour visiter des campements tamasheqs où il est possible que nous allions travailler.
Départ : 6h du matin.
Retour : inconnu, mais 18h est espéré.
Véhicule : Toyota Prado 2005
Équipage prévu : Sophie et moi, un couple de futurs collègues en visite avec leur fils de 18 mois, un ami tamasheq et un guide de brousse : soit 7 personnes.
Équipage réel : Sophie et moi, un couple de futurs collègues en visite avec leur fils de 18 mois, un ami tamasheq et un guide de brousse ET un homme qui veut apporter ses condoléances à sa famille endeuillée, un enfant qui doit aller à l’école de brousse, le porteur de l’ami tamasheq qui est quadraplégique (ce porteur aurait dû être prévu) et la fille de cet ami : soit 11 personnes dans un camion prévu pour 9 places dont 4 inconfortables.

La pluie
Notre premier réveil s’est fait dans la nuit, vers 3h. La pluie nous a réveillés. Il pleuvait toujours à 5h15, toujours à 6h et à 6h30 lorsqu’on découvre les passagers supplémentaires. On part sous la pluie. La route est tranquille et il pleut presque tout le long que l’asphalte dure. Au bout de l’asphalte se trouve la ville d’Ayorou. Il est presque 9h, tout est en boue. On peut dire dans la bouette.
J’ai donc mis les 4 roues motrices et vlan dans la route houleuse comme la mer qui à chaque trou d’eau fait jaillir deux vagues, l’une à gauche, l’autre à droite. Mais onze personnes dans un espace clos, même avec l’air climatisé, transpire. Nous gardons les fenêtres fermées contre les éclaboussures brunes. Mais les trous ne cessent de se suivre, toujours plus juteux, sur une route toujours plus accidentée. Les femmes prennent des Gravolmc. On s’arrête un peu pour admirer le paysage et pour « l’arroser » un peu plus.
Notre moral demeure bon. On a le goût de découvrir ces campements. Le couple qui nous accompagne planifie revenir dans un an. Il souhaite voir tout ce qu’ils peuvent. Nos passagers ont de la famille à retrouver.
C’est long
Mais après une heure et demi, on commence à regarder le compteur car notre ami nous a dit qu’il n’y avait que 37 Km après la ville d’Ayorou. Vers 11h30, nous quittons la route. Le sol est boueux et les pneus manquent de rayures. On est stoppé dans le champ à 1 Km de la route. On pousse, on recule dans nos traces et c’est bon. On tente alors un autre chemin plus loin, question de trouver du sec.
Peut-être que vous trouvez déjà ce récit long, mais imaginez pour nous. Le guide sort de la voiture pour marcher au devant, mais je le rattrape. Je vois devant nous de la boue, mais à 200 pieds à gauche c’est vraiment sec. Je tourne et j’accélère. Le 4X4 a fait 10 pieds et nos douze pieds se sont retrouvés dans la boue.
Le camion n’a pas bougé de plus de 2 pouces pendant 4 heures de temps. Il était midi trente. On a tout tenté avec nos moyens pour nous sortir de là. Tirer, pousser, prier, soulever, creuser.Le plus merveilleux a été de voir les cultivateurs des alentours venir nous donner un coup de main sans nous "engueuller". Au moins huit hommes et ados sont sortis de nulle part pour tirer et pousser, creuser. Ils ont coupé des branches pour fabriquer des « traction aid ». Toutefois, cela ma donner quelques inquiétudes supplémentaires. Mon patron, qui nous passait son camion, m’avait prévenu que les épines des arbustes crèvent les pneus. Ces épines ressemblent à ce que nous pourrions nous imaginer de la couronne d’épines de Jésus-Christ sur la croix. Heureusement, aucune crevaison. Mais, puisque je ne suis pas digne des souffrances de Christ, c’est dans le pied que je m’en suis planté deux épines.
Quatre camions, aucune aide
Au cours des 4 heures d’attente, nous avons placé les femmes et les enfants sous l’arbre le plus proche et presque le plus maigrichon. On a envoyé un gars vers un poste de frontière – parce que je ne vous ai pas dit qu’on se trouvait entre les deux postes frontières, presque sur la frontière même – pour demander de l’aide. Il est revenu 2 heures plus tard bredouille.
Mais, juste avant son départ, on voit un 4X4 s’approcher. Certains sont déjà sur la route, près à l’arrêter, moi, je suis sur notre camion en gesticulant.
Il s’agit d’un personnage trop important pour nous aider.
Par la suite, trois camions, à intervalles irréguliers, suivrons. Tous, ils sont de la délégation du personnages trop important…
C’est vers 16h20 qu’un taxi de brousse est arrivé.Un land Rover chargé à bloc. Pour une somme astronomique, les 20 hommes sortent du camion pour nous tirer, pousser et soulever. La boue avait aussi séchée. En une minute, nous étions sortis. Ça nous a coûté 25000 francs CFA. Si vous divisez par 450, ça ne fait pas cher le « towing ».
Pourtant
J’avais un bon 4X4, mais il avait des petits manques, tels que les pneus de ville.
Alors, imaginez avec un véhicule moins bon.

D’accord, il ne faut plus partir un jour de pluie, ça, c’est rentré dans ma caboche.

Ainsi, je suis à la recherche d’un 4X4 usagé en attendant d’avoir les fonds pour acheter un camion neuf et bien équipé. Il est possible d’y participer en envoyant un don à Global Ministries/CMA, 30, Carrier Dr. Toronto, Ontario, M9W 5T7. En spécifiant que le don est pour le Véhicule Marineau.

Je devrai vous raconter les joies et les peines que représentent ici la recherche d’un véhicule usagé… Oubliez Hgrégoire.
Et il reste qu’on a pas vu de campement.

Daniel

À propos de la toilette

Je n'ai pas de photo de la toilette en question, mais elle est remontée et elle n'a pas fait de sienne depuis le dernier message.
En passant, je n'ai toujours pas accès à internet de chez moi, alors, c'est dur de garder un suivi de ce qui se passe.
Désolé, car il se passe plus de choses que ce que j'arrive à écrire.

Google Earth

Google Earth
Il vous est possible de situer notre maison sur Google Earth. Nos coordonnées planétaires sont : N 13o32’07,02’’ et E 2o04’24,79’’
Vous allez voir un énorme reflet de Soleil car notre toit est en tôle et que la photo a dû être prise à midi. N’empêche, visitez le quartier, même si on n’y voit pas nos voisines les vaches.

Daniel