15 décembre, 2007

Encore des surprises africaines

Hier j'ai été malade. Ce n'est plus vraiment une surprise: une sorte de gastro! Mais quelle désagréable surprise que d'être réveillé par cela.
Néanmoins, j'ai réparé mon robinet de cuisine qui fuyait. j'avais beau serré très fort, goutte, goutte, filet... Je change le joint de caoutchouc. Pareil. Le métal du robinet est érodé. Le joint n'est plus étanche. Il était neuf d'un an.
Mais dans mon opération d'investigation, j'ai constaté qu'une partie du robinet, là où se réunissent l'eau chaude et la froide, était en train de se boucher. Comme le cholestérol qui bouche les artères. Qu'est-ce qu'il y a là? De la boue, de la terre: surprise! Tout est nettoyé. Tout est réparé. Tout est revenu dans l'ordre dans l'évier. Et on continu de filtrer notre eau, au moins cela nous évite de boire du sable.

Ce matin, au lever, je sort le lait pour déjeuner. Je le verse dans les céréales. Il est en slosh. Mon frigo est au minimum. Il ne restait qu'un fond de lait. Je prends une bouteille d'eau du frigo pour préparer d'autre lait, car nous buvons du lait en poudre. Je le prépare avec de l'eau froide, comme cela le lait est tout de suite froid. Sauf que l'eau aussi est en slosh.
J'ai acheté un frigo tropicalisé, car nos frigos d'inuit ne fonctionnent pas bien au grandes températures. Mais est-ce que je m'attendais à ce que mon frigo gèle notre nourriture? Non. Pour dîner, on a mangé des sandwichs aux tomates gelées. Rafraîchissant au moins.
Je crois que mon problème vient de l'électricité. Il y a d'une part des chutes et des hausses de tension fréquentes. Sauf que je crois que j'ai un problème de mise à la terre. Je dois investiguer la maison demain. Aujourd'hui, c'était le frigo qui a été démonté et remonté.

Malheureusement, ce n'est pas tant les insectes, les lézards et la chaleur qui nous surprennent en Afrique. C'est la technologie: Eau courante et électricité.

Une bonne surprise, c'est que question insecte et lézard, le chat des enfants les chassent tous bien et il les mangent, même les grosses coquerelles, wasch! Dieu a très bien créé les animaux et la chaîne alimentaire.

Bon, à la prochaine surprise.
Daniel

11 décembre, 2007

Surprises du jour, surprises africaine!

Aujourd'hui, j'ai eu deux expériences, particulières à ici tout de même.

J'ai été au bureau de poste pour envoyer des lettres. Le tarif a augmenté depuis le mois de juin. Il a quadruplé!. Il m'a coûté 4$ pour envoyer une carte de Noël ordinaire. J'avais de grandes enveloppes que pesaient 100g et elles m'auraient coûté 20$. Celle de 124g, 42$.
C'est une explosion de prix.
Malheureusement, nous avons dû réévaluer notre usage de la poste timbrée.
Heureusement, il y a l'internet!

Ce matin, j'ai fait des courses dans une des épiceries de Niamey. Chez nous, ce serait un dépanneur. J'ai choisi des soupes de nouilles chinoises comme les Ramen à 4ou 3 pour 1$ chez Dollarama. J'ai payé 250 Fcfa, soit 50¢, raisonnable, n'est-ce pas? J'ai oublié d'appliquer le conseil numéro un que je donne à toute personne qui va dans nos épiceries: "surveille les dates d'expiration".
Qui penserait de vérifier la date des nouilles presque éternelles chinoises?
Pendant que j'écris, je viens d'aller voir la date. Il y en a une: 13-06-08. Alors, même si je l'avais vérifié, ç'aurait rien changé, fiou!
Or, à midi, je fais une super soupe chinoise avec ma nouvelle acquisition.
J'ouvre 2 sachets. Étrange odeur de renfermer. Ce parfum me semble familier, mais je n'arrive pas à l'identifier.
Je fais la soupe quand même.
La soupe est prête et sur la table et elle exhale le même poison.
Je connais cet odeur, et j'ai le doute que ce soit une épice quelconque ou que ce soit comme ces fameux fromage si délicieux au palais et si répugnant au nez.
Perplexe, j'y goûte.
Je suis encore là pour vous l'écrire... Mais que me reste-il de bon sens?
La cave humide, le sous-basement infiltré d'eau et sans aération. La soupe était comme ce jus de tapis imbibé qui mouille nos bas quand on s'y aventure sans préoccupation.

Tout m'est revenu à la mémoire, la cave de la rue St-Just de mes six ans, où on pouvait trouver des souris ou des rats morts, jusqu'au centaine de cave que j'ai sillonné avec des fils de systèmes d'alarme, à plat ventre, en comptant notre cave de Vaudreuil pendant les hivers trop chauds qui laissait l'eau s'infiltrer par des trous invisibles. Tous ces souvenirs en formule déshydratée et emballée.

Ceci pourrait arriver au Québec. Peut-être.
Je ne vous le souhaite pas.

Sophie a fait une bonne soupe maison pour le souper. Elle a effacé toutes les traces de la précédente.

Bye
Daniel

06 décembre, 2007

L'homme qui me dit "Bonjour"!

Je suis souvent sur les chemins de Niamey pour amener les enfants à l’école, pour faire des courses ou pour remplir des démarches administratives. Étrangement, je croise très souvent un Pick-up blanc avec une grande boîte aussi blanche que le camion. Le conducteur me salue toujours avec enthousiasme et un si grand sourire que je ne peux m’empêcher de penser que je le connais. Pourtant, je ne peux pas trouver dans ma mémoire ni où que se soit en moi et en dehors de moi qui il est. Je l’ai fait remarquer à Sophie, elle a vu le pick-up, l’homme, le sourire et le bonjour. Elle ne le reconnaît pas plus que moi.
Je croise cet homme et son pick-up blanc à divers endroits, plus d’une fois dans la journée. Je dois rester à la maison pour ne pas le voir. Il y a 300 pick-up blancs à Niamey, dont 102 avec des boîtes derrières, mais il n’y a que lui qui a une grille devant les phares combinés à la boîte blanche derrière.
Est-ce de la paranoïa?
Est-ce de la simple curiosité?
Qui est cet homme qui me dit « bonjour »?
Pourtant, la moitié des gens que je rencontre me saluent dans une journée. Surtout les jeunes, mais comme la population en bas de 15 ans fait plus de la moitié des habitants du Niger, ça fait beaucoup de « bonjours ».
Pour certain, me dire « Bonjour » est comme un défi entre enfants : As-tu le guts de lui dire « Bonjour »? Ce qui donne des assauts de bonjours surgissant et explosifs.
Pour d’autres, « Bonjour » est comme un mot magique qui frôle la loterie, la magie et la prière. Pris par surprise, ils se retournent avec soubresauts comme réveiller pendant le travail ou éberluer devant une apparition : « Anna-sarah Bonjour! » Anna-Sarah veut dire blanc dans la bouche des ces « bonjours », indépendamment de son étymologie arabe. J’aime bien Anna-Sarah, c’est poétique, c’est doux, un peu féminin. Je le compare à ceux qui me disent « Blanc Bonjour! » Alors le mot français est trop direct et franc, ce qui lui donne un caractère violent, raciste peut-être.
Les premières fois que les jeunes femmes se retournaient sur mon passage avec des yeux pétillants, comme si j’étais le prince charmant à cheval blanc et qu’elles tendaient la main en disant « Anna-Sarah Bonjour! », le Casanova en moi rivalisait avec le Don Juan, tout autant en moi, pour découvrir quelle partie de moi les charmaient. Or, la main tendue m’a rappelé rapidement que c’était le portefeuille.
De même, j’ai constaté que je me transformais plutôt en bête de foire pour les enfants quand ceux-ci courent vers ma voiture pour la taper en criant « Anna-Sarah Bonjour! » à répétition.
L’étrangeté atteint son comble quand les tout-petits enfants me saluent avec tant de joie et d’émerveillement alors qu’ils sont accroupis au bord de la rue pour faire ce que nous faisons dans la partie ½ de nos appartements 5 ½, 3 ½, etc.
Avec tous ces bonjours dans une journée, pourquoi m’inquiéter d’un homme, d’un pick-up blanc et de ses salutations joviales?

J’ai donc garé ma voiture au milieu de la rue pour l’arrêter, imaginairement...
Toujours aussi jovial, il me salue par mon nom. Stupéfait, je suis ambivalent : dois-je le frapper ou l’embrasser? Mais qui êtes-vous? Vous me pourchassez tous les jours (j’exagérai volontairement).
- Mais on se connaît très bien. On se voit à chaque jour.
- Je sais, sauf que je croise plein de voitures par jour et toutes ne me saluent pas par prétexte qu’on se voit à chaque jour.
- Tu ne me reconnais pas, qu’il me dit.
- Non! (Et ce n’est pas qu’ils se ressemblent tous, car je sais que nous nous ressemblons tous aussi.)
- Oh! Je suis le bonheur et la joie. Et chaque jour, je te croise, je te salue, je t’accompagne. Tu ne m’entends pas : Bonjour!

Bouche bée, j’ai libéré la voie publique, j’ai rétabli la circulation routière qui ne s’embouteille que lorsqu’il y a des pannes de voitures ou de lumières de signalisation.

Alors, à chaque jour que j’entends « Bonjour! », je ne peux m’empêcher de penser au bonheur et à la joie qui m’accompagne. Parfois visibles et ressentis en moi, d’autres fois, simplement harcelant. Il semble que certains jours, je ne suis pas disposé à être heureux, ces jours où je voudrais me concentrer sur des malheurs, des difficultés et des misères. Or, ce sont les plus miséreux qui me jettent avec tant de joie tous ces « Bonjours ». Alors, je constate et je reconnais, que le bonheur et la joie appartiennent à Dieu et à notre Seigneur Jésus-Christ. Comme la souffrance, la joie se vit par la foi. Il nous faut faire confiance à Dieu qu’il est avec nous dans cette joie au cœur de tant de malheurs et de misères. Il est juste d’être heureux en soi, même si on ne sait pas encore comment le partager.
Pour commencer : je dis « Bonjour »!
Et vous? Direz-vous « Bonjour » par la foi que Jésus est avec vous dans la souffrance et le bonheur.

Ciao!

24 novembre, 2007

Choc de culture

Imaginez
Attendre au magasin. Le commis vous dit "bonjour". Il s'informe de ce que vous voulez "très bien!"
Et quelqu'un entre après vous. Le commis lui dit "bonjour". Et il s'informe de ce qu'il veut.
Il n'est pas sitôt tourné pour commencer le travail que quelqu'un d'autre entre. Le commis lui dit "bonjour". Et il s'informe
Alors que vous attendez toujours qu'il s'applique à vôtre demande!
Pour nous, c'est insultant d'attendre son tour et de ne pas être servi à ce tour venu. Il m'arrive encore de sortir pour revenir quand j'aurai raisonné mon impatience.
Mais pour le Niger, et une bonne part de l'Afrique et du monde, il insultant de ne pas considérer quelqu'un qui entre dans sa boutique.
Malheureusement, notre demande se trouve parfois confuse dans la mémoire du commis. Il demeure que leur rythme est à celui un peu plus relationnel. En fait, il faut attendre et vérifier le travail ou encore faire répéter par le commis* ce qu'on demande. Trois fois, au restaurant, on oublie un plat commandé et l'assiette arrive quand tous ont fini de manger. Et c'est toujours le plat de l'enfant le plus affamé!

Imaginez encore un autre type de différences culturelles, quand
nous sommes invités à manger chez des gens, des amis dont on apprend la langue, qui nous versent un plat de riz débordant et appétissant, imaginez surtout pour les dames, que vous manger avec appétit jusqu'à être bourré. Vous regardez le plat et il en reste plus que la moitié. L'hôte nous jette un regard critique et les mots qui vont avec: "tu n'as rien mangé". Mais je suis plein! Et j'ai aimé cela. Seulement, ça ne rentre plus.
Comment leur dire que nous pouvons manger un repas de salade et ça nous suffit?
Comment leur faire partager notre différence alimentaire qui n'a pas de dédain?
On attend d'avoir les bons mots.

Ajoutez à cela que nous côtoyons plusieurs nationalités en plus des Touaregs. Français de France, Indiens d'Inde, Anglais d'Angleterre, du Canada, des États-Unis, Béninois, Maliens, Burundais, Libanais, Belges et Québécois.
Ça nous fait plusieurs cultures à prendre en compte, tout en ayant besoin de s'affirmer comme nous-même, Canadien français d'amérique du Nord, ou plutôt Franco québécois américo-canadien, ou (voir Elvis Gratton à Santa Banana). Disons plutôt qu'il s'agit de s'affirmer autrement que comme Elvis Gratton.

Ciao!

Daniel

*Je dis commis pour serveur de restaurant, menuisier, boutiquier, vendeur de n'importe quoi, fabricant de tout, etc.

C'est à trente ans que les femmes sont belles


Ma précieuse épouse vient d'avoir trente ans.
Plus quelques années d'expériences.

Bonne fête Sophie

Daniel

Fusion de cultures

Avec les enfants, il est amusant de voir les changements, tout petit, qui s'opèrent en eux par le contact des cultures. Je ne parle pas ici des accents à la française ou les expressions nouvelles qui entrent dans leurs bouches et les nôtres aussi.
Non, il y a un conflit de mémoire. Par exemple, Antoine se rappelle d'un événement arrivé à Vaudreuil qui l'a marqué. C'est normal, il s'était retrouvé dans la rue qui, fort heureusement, n'était pas achalandée devant notre maison: Il avait glissé et s'était rendu dans la rue. Mais, comme toutes les maisons ici sont entourées d'un mur et d'un portail, et qu'un gardien surveille, il a dit: Je ne comprends pas où était le gardien et qui avait laissé ouvert le portail? Je lui ai montré une photo pour qu'il comprenne comment sont les maisons au Québec.
Mais pour la fête de Sophie, la semaine passée, j'ai décoré la maison avec des guirlandes vert lime et rose. Or, une fille, assez vieille pour avoir une bonne mémoire, mais trop vieille pour que nous révèlions ici son identité, a dit que cela ressemblait à Noël: Rose et vert lime! On lui a rappelé que Noël est rouge et vert forêt. Bof!

À la prochaine anecdote

Daniel

08 novembre, 2007

Le froid nouveau est arrivé!


Renversant non!
Le froid matinal est arrivé: 21 degrés, hourra!
On peut chausser des bas.
On peut quitter la maison avec un chandail à manches longues.
On a un peu les pieds gelés au réveil.
On dort sans air climatisé.
On voit des tuques sur des têtes.
On fait le plein de fraîcheur car à midi il fait 40 sur la terrasse!

Le froid vient parce qu'il n'y a plus de pluie, donc plus d'humidité dans l'air. Même à 40 degrés, les Nigériens ressentent toujours le froid parce que le vent est sec. Il me faut encore un peu d'imagination pour en arriver là.
Seulement, sans humidité, on doit parler de poussière dans l'air.
Quand je dis poussière, vous devez penser sable très fin.
Ainsi, notre ménagère passe le balai à tous les jours et à tous les jours, il y a la même quantité de poussière. Nous marchons nus pieds dans la maison et nous avons les pieds noirs à tous les soirs... même avec un plancher propre du jour!
On remercie le Seigneur que nous n'avons pas de problèmes respiratoires jusqu'à ce jour. Antoine a des amis nigériens qui font une forme d'asthme car la poussière les fait beaucoup tousser.

On se laisse là dessus.
à bientôt!
Daniel

30 octobre, 2007

Le Ramadan

Nous venons de traverser le Ramadan.
Il s'agit d'un mois de jeûne pour les musulmans. Ils comptent le mois d'une nouvelle lune à une autre. Les musulmans ont le droit de manger pendant la nuit jusqu'à la prière du matin qui est avant le lever du Soleil. Mais s'ils prient plus tôt que le Soleil, c'est la prière qui signale la période de jeûne. En effet, tout le jour, ils ne peuvent manger, ni ingurgiter, ce qui inclut l'eau et la salive.
Pour Sophie et moi, ce mois a été difficile, d'abord, tous ont l'heur bougonneux: tous ont soif, faim et ont chaud, sans compter la fatigue de se lever tôt pour prier. Deuxièmement, c'est que nous ne pouvons pas vraiment faire des visites pour pratiquer la langue dans un tel contexte. Nous nous sommes sentis reclus vers nous-mêmes.
La contradiction du Ramadan est que tous mangent la nuit venue, et que tous veulent bien manger la nuit venue. Ainsi, tous mangent plus qu'ordinaire pendant le mois de jeûne! Ça fait penser à ces mois de party de Noël, où il y a parfois des fêtes tout le mois.
L'autre côté de la difficulté morale de ce mois se trouve dans le climat du pays: nous sommes dans la petite saison chaude et humide d'après la pluie. En ce moment, il fait mieux, un peu. Bientôt, ça va terminer. Ouf!
j'essaie de faire des liens avec le carême chrétien, surtout catholique, et c'est difficile à relier en essence et en pratique. Je n'ai pas vraiment vécu un carême sévère, alors je manque d'expérience. Si vous avez des histoires, tant tristes qu'édifiantes, écrivez les mois que je puissent faire des comparaisons.

Dans le cadre du travail, nous avons un petit projet pilote d'aide aux études. Nous avons octroyé quelques bourses d'études pour des enfants de gens vraiment démunis. Ainsi, les enfants vont dans une école privée qui leur assurent une scolarité toute l'année, alors que les écoles de l'État sont souvent en grève. Cette semaine, nous recevons aussi une clinique optique qui testera la force des yeux des gens, tant en ville qu'en brousse, et qui donnera des lunettes. Ces lunettes viennent de dons faits dans des lunetteries au coin de la rue. Peut-être qu'une de vos vieille paire se retrouvera sur le nez d'un Nigérien!

C'était bref comme compte-rendu, à la prochaine.
Daniel

15 octobre, 2007

Le Bowling! à Ouagadougou


Le Bowling!
Mise en ligne par gzutem
Nous revenons de Ouagadougou. Cette fois, nous y sommes allés en équipe pour une retraite. En groupe, nous avons pu faire du bowling. Quand nous étions à Ouaga en août, le bowling était en réparation.
Étrangement, les quilles reproduisent la même ambiance, où que nous soyions sur la planète. Les mêmes babounes dans les dalleaux et les mêmes cris pour les abats et les réserves. Notre invité Québécois a d'ailleurs inscrits son nom au tableau des champions de la semaine, ce aux grosses quilles: Signé Fracis Quebec.
Nous sommes aussi retournés au parc Faso, qui a quelques manèges encore défectueux, mais les enfants ont su trouver leur profit.
Le Caroussel
La piscine de balles

Ce temps a été trop bref, nous en sommes revenus un peu stressés encore. Il faut dire que les enfants ont manqué l'école et que nous devions les faire travailler un peu pendant nos pauses.
Mais il était bon d'être avec notre équipe. Comme Sophie et moi nous concentrons à l'étude de la langue tamasheq, et que nous sommes les seuls de l'équipe à ce jour, nous pouvions profiter d'être avec nos collègues dans un contexte différent.

Nous sommes revenus à notre ville, à notre école, à nos tâches. Déjà, nous avons pu visiter le campement de Riya et avec la fête musulmane du ramadan, nous avons visité deux familles pendant le week-end.

Nous avons aussi de petits projets qui s'en viennent dont une équipe d'optométristes qui viendront avec toutes les lunettes usagées que vous donnez dans des boîtes de dons ici et là pour les faire profiter au Nigériens.

Bye
Daniel

30 septembre, 2007

J'écris parce qu'il fait chaud!

Il faut bien que je donne des nouvelles au péril de mon ordinateur.
Il fait très chaud et humide.
Nous nous déplaçons lentement. Il suffit de quelques minutes au Soleil, dans la voiture, à l'ombre, assis, debout pour transpirer et être tout mouillé.

Nous avons quand même visiter notre campement touareg, nous respirons et vivons et mangeons et dormons. La vie continue. Seulement, j'ai peu écrit.

Je me reprends bientôt.
Priez pour que nous ayons une bonne pluie ou deux, car les cultures ne sont pas encore mûres pour la récolte et nous parlons de l'alimentation d'un pays.

Mieux vaut prier pour la pluie que de danser pour la faire tomber.
ON danse quand même pour d'autres occasions, n'est-ce pas? On dansera quand elle tombera.

Ciao
Daniel

Je n'écris pas parce qu'il fait chaud

Il fait très chaud.
Il n'a pas plu depuis deux ou trois semaines et l'air est humide.
Même l'ordi pâti.

Daniel

14 septembre, 2007

J'ai trente-CINQ ans!


Trente-CINQ ans.jpg
Mise en ligne par gzutem
Tel fils tel père, n'est-ce pas?
Sauf qu'il advient que je n'avais pas oublié comme mon petit garçon.
J'ai eu un mercredi simple. Je suis sorti faire quelques visites. Seulement, je suis arrivé chez une famille vers 11h. À midi, j'annonce que je vais bientôt partir. La femme est offusquée et elle me dis "et le repas!"
J'ai compris, je ne peux pas quitter sans manger, question de culture et de respect. En fait, à plusieurs reprises, nous avions dû quitter vers midi trente, avant le repas, car les enfants revenaient de l'école à la maison. Cette fois, aurait été une fois de trop. Je veux prévenir Sophie, "en retard le dîner de ma fête". Je n'ai plus de crédit dans mon téléphone!
Après le repas, je rentre, en retard. C'est pas trop grave, mais je suis fatigué.
La chaleur ou plutôt le Soleil tapait vraiment.
Le soir, nous sommes allés souper au restaurant "Le Byblos" supposément libanais. Si vous passez par Niamey, je vous déconseille ce resto si vous ne restez pas longtemps, il y a meilleur à découvrir. Sinon, si vous avez fait le tour des restos et que vous ne pouvez plus vous retenir, préparez-vous simplement à devoir déchiffrer le menu. Il s'agit de 2 pages dont les plats semblent se répéter mais en version plat sur une page et en version sandwich sur une autre. Pizza ici, grillade sur une 3e page, même s'il n'y en a que 2.
Bof, ne vous inquiétez pas, si ce n'est que nous avons attendu longtemps, le repas était bon et les toilettes propres, et même si les enfants, un en particulier, agité par la fatigue, bougeait beaucoup, nous étions les seuls dans le resto.
Retour à la maison, coucher les enfants et j'ai regardé Spider-man 3 déjà disponible au Grand Marché de Niamey.

Bye
Daniel

10 septembre, 2007

Ouaga - Ville


Ouaga - Ville
Mise en ligne par gzutem
Après notre retour de vacances, le retour à l'école des enfants et notre retour a travail d'apprentissage de langue, je me dois de vous parler de nos vacances à Ouagadougou - Ouaga pour les intimes ou les paresseux.
Imaginez le Montréalais en moi qui vit en Afrique depuis un an et qui est impressionné par une ville - UNE VILLE. Quand j'arrive à Ouaga, je vois des arbres, un parc naturel comme le Bois de la Réparation à Pointe-aux-Trembles ou celui de Saraguay à Pierrefond. De belles rues asphaltées qui nous mènent vers de jolis ronds points artistiquement décorés. Ils sont même en train de construire un échangeur comme aux Galeries d'Anjou. Mais soudain, contrairement à Laval, on arrive dans un centre-ville, un vrai, le genre où on ne peut pas trouver de stationnement, où il y a plein de monde qui marche sur nos pieds et où on tient nos enfants bien solidement par la main.
Mais Ouaga n'a jamais de neige, pas depuis les 10 000 dernières années, alors, les motos et les vélos pullulent de partout, ce qui fait que j'ai eu la chance de m'enrager comme à Montréal.
Ah! la joie et la nostalgie d'un embouteillage sur Décarie en juillet sans air climatisé, j'avais oublié!
Farce à part, il y a beaucoup de verdure et il y a plut beaucoup, sans que cela gâche nos vacances. La pluie nous a donné un repos du Soleil. Je vous recommande le Faso Parc pour la famille car il y a des manège presque comme au parc Safari. Des arbres, n'est-ce pas beau des arbres verts avec des feuilles! De la pelouse! Sauf qu'avec la verdure viennent les moustiques, comme si Montréal était dans les Laurentides.
De la crème glacée, on en a trouvé à prix abordable. Au Niger, elle coûterait 10$ pour un litre, soit 20$ pour un contenant de Québon de 2 litre. On en n'a pas mangé en un an.
Finalement, on a bien profité de nos deux semaines dans une ville autrement plus grande que Niamey. Mais j'ai constaté que j'ai apprivoisé ma Niamey, alors, Ouaga m'a paru comme une ruche et une fourmilière qui nous englue de miel et de fourmis qui bougent dans tout les sens. À chacun sa ville!
Mais le changement d'air fait toujours du bien.

Daniel

03 septembre, 2007

Bienvenu dans le sable!

Nous avons un nouveau vidéo

Visitez Bienvenu dans le sable


Daniel

J'ai CINQ ans


J'ai CINQ ans
Mise en ligne par gzutem
Surprise!
"Je me lève samedi matin, le lendemain de notre retour de Ouaga et la maison est garnie de ballons et de guirlandes:
C'EST MA FËTE!" (propos recueillis d'Antoine et transcrit à la Papa!)
la vérité est que je ne sais pas quelles lettres utilisées pour transcrire tous les onomatopées de joies qu'il a émis.
Imaginez quelques instants que vous oubliez votre jour d'anniversaire, même à presque 5 ans. Antoine a oublié par épuisement d'impatience. Depuis 3 mois qu'on lui dit qu'il faut attendre le retour à l'école et la fin des vacances, alors, à Ouaga, il était évident que ce ne pouvait être sa fête.
Quelle surprise!
Vous pensez que j'aurais pu passer ce jour sous silence et économiser sur quelques cadeaux, gâteaux et autres dépenses.
L'oublie, à 5 ans, n'aurait pas duré, alors on a eu nous aussi la joie, sa joie à laquelle on a participé.
L'effusion de joie des enfants proviennent, à mon avis, du siège même de Dieu, sinon elle s'y rend directement, et s'est impossible d'y être insensible. C'est de ce côté de l'enfance que Jésus veut que nous soyions comme des enfants, car je ne nie pas qu'il y a l'autre versant, plus larmoyant et pleignard. Qu'importe, faisons que la joie soit plus grande!
Nos enfants commencerons l'école cette semaine. Mardi pour les filles. Jeudi pour ce petit bonhomme.


ciao!
Daniel

22 août, 2007

Avec Deborah Ouimet Opticienne, On voit loin!

Ed Deborah Ouimet Opticienne, Nogga!
Tout d'abord, si vous habitez près de Vaudreuil et que vous chercher des lunettes, je vous suggère d'aller visiter la petite boutique du Carrefour Vaudreuil, là où il y a un IGA Extra près de la 40. C'est elle qui a fait nos deux paires de lunettes. Saluez-la de ma part.

De façon amusante, les Touaregs ont un seul mot pour dire "regarder au loin". J'aime cette expression pour être visionnaire. Ogguèr, je regarde quelque chose au loin.
Mais, non seulement, les habitants de ces contrées ont un mot pour parler de regarder au loin, mais ils en ont aussi l'habitude. Ils discernent au loin des gens et des choses dont nos yeux accoutumés aux arbres qui cachent les forêts et aux murs de maisons et de gratte-ciels ne peuvent pas voir. Ce qui fait que, par surprise, il nous semble que des gens sortent de nulle part au beau milieu entre deux arbres.
Par conséquent, les gens se tiennent la tête haute et regarde droit devant, au loin, pas comme des citadins d'une certaine ville dont je tairrai le nom, car une de mes tante dit que ceux-ci ne regardent jamais les autres passants parce qu'ils doivent surveiller les crottes de chiens et parce qu'ils ont l'heur bête.
Ce qui fait drôle pour nous car souvent on nous regarde droit dans les yeux, comme s'ils tentent de regarder aussi loin dans notre âme que dans l'horizon. Ainsi, même le regard des gens nous est nouveau comme un langage inconnu. Est-ce qu'on ne nous a pas appris à ne pas dévisager les gens, comme si nous ne devions pas scruter l'horizon?
On apprend à regarder au loin, tant dans les yeux que dans les plaines!

Daniel

PS. Nous sommes en vacances au Burkina Faso. Un pays plus vert, plus humide et plus de moustiques.

15 août, 2007

Au bord de l'eau


Au bord de l'eau
Mise en ligne par gzutem
Nous sommes de retour de brousse.
Il s'est passé beaucoup de choses que je ne sais pas par où commencer. Alors, je vous mets des photos en attendant.
La dernière fois, je vous ai écris que j'ai tombé en panne et que j'ai eu un problème de téléphone et que nous avons eu un problème d'eau.
Cette fois, pas de panne, mais de l'eau, on en n'a pas manquée, on en a eu.

On a installé notre tente dans le campement:tous à la pâte
La tente sur pied
Installation de la tente
Vous constaterez que nous sommes entourés de rien, ou presque. Il faut s'en rappeler quand vient le vent et la pluie. Il n'y a pas de mur qui les freinent. Mais les chances qui pleuvent sont mince sans mon esprit. J'ai quand même passé un an au Niger maintenant et je ne suis pas né de la dernière pluie!
Un nouveau voisinLa preuve est que j'ai installé une bâche au-dessus de ma tente. Mais aucun touaregs n'a apprécié ma bâche. Car elle déchire au premier coup de vent, qui sont violents par ici.
vent et pluie
Ils ont donc tellement bien ancré ma bâche, qu'elle a écrasé ma tente sous le vent et la pluie, plutôt que de se soulever et de déchirer.
J'ai compris, plus de bâche. Je ferai confiance à ma tente, car vraiment elle a bien tenu par la suite.

Une pluie et une nuit dans un 4X4 n'arrête pas une famille. Le lendemain, nous avons poursuivi notre séjour. Vers la marre, ces lacs formés par la pluie, qui sèchent lentement au Soleil.
La marre, la plage
Ça nous permet de faire le plein de verdure au milieu de ces cailloux.href="http://www.flickr.com/photos/61442611@N00/1129694122/" title="Partage de photos">En s'éloignant de la marre
Les enfants ont fait leur part de travail.
La route de la marre
Et ils ont été bien sage"à la plage"

Je suis un peu enrhumé et quand je retrouverai toutes mes idees, je vous les raconterai.

Daniel

1 an


1 an
Mise en ligne par gzutem
Ça fait un an, eh oui, que nous sommes au Niger. Nous avons vu passer toute l'année, toutes ses saisons et ses étapes dans sa rotation autour du Soleil, Et on peut confirmer qu'il y en a du Soleil au Niger!
Nous sommes allés terminer cette soirée du 11 août 2007 sur une dune de sable, tout près de Niamey. Un gros carré de sable.L'énorme carré de sable!
Les enfants ont monté la dune
la dune

Une fois en haut, qu'est-ce qu'ils ont fait? Ils ont regardé le paysage voyons!
Vais-je me retenir de sauter vous pensez?
Coucher de Soleil sur la mer de sable

ON a bien apprécié ce temps avec notre équipe. Nous célébrions surtout le doctorat de notre directeur, alors qu'il revenait du Canada.
Du sable

On a tellement aimé cela que nous achèterions la compagnie!
On y retournera demain matin pour déjeuner, car nous sommes en vrais vacances depuis aujourd'hui!
Ensemble
Daniel et Sophie
Ciao

10 août, 2007

La voiture est réparée


Enfin, elle est réparée!
J'ai fait changé les amortisseurs, les bras de directions, le filtre à essences et les essuie-glaces. Le pire était le filtre à essence. Il nous a fait tomber en panne. Sinon les amortisseurs étaient insupportables sur ces chemins cahoteux. Je peux entrer et sortir les vieux amortisseurs avec mes mains. Pour les bras de directions, ils pouvaient briser à n'importe quel choc. La photo est prise chez Noel, mon mécanicien. Sympatique, n'est-ce pas?

Si tout va bien (climat, santé,etc), nous partirons dimanche après-midi pour la brousse. Nous y passerons 3 jours et 2 nuits. C'est un forfait!
Après, les vacances. J'espère vous donner des nouvelles et des photos de la brousse entre temps, mais nous voyagerons jusqu'à Ouagadougou (pour savoir c'est quoi, faite une recherche dans le dictionnaire des noms propres ou sur internet.
Le ciel gronde et la pluie va arriver bientôt. Cela indique qu'il y aura probablement une coupure de courant, alors à la prochaine.

Daniel

05 août, 2007

Prêt pour une balade à 2 roues

Il a plu toute la nuit. Après quelques heures pour laisser sécher les routes, Antoine m'a convaincu d'aller se balader en vélo. Il faut dire qu'il a déjà eu son premier essai à la fin juin.Premier essai
Maintenant, c'est avec assurance qu'il sillonne les rues de notre quartier. Elles n'ont pas toutes absorbées l'eau de la pluie et le fier gaillard n'a pas planté une fois dedans.
Obstacles boueux
À notre surprise, lors d'une petite pause, des amis touaregs le rejoingnent. On les suit jusqu'à chez eux. Pour cela, on contourne une marre, la rue, une des nombreuses en temps de pluie. Il y a des voitures qui ne peuvent pas passer bien souvent.
La marre
Arrivé chez lui, Khalid sort son vélo et c'est lui et son cousin qui nous suivent jusqu'à la maison. Les grandes soeurs aussi ont profité de ces amis.
Son ami sort son vélo
Nous les avions connu à notre arrivée, mais lorsque nous avions emménagé dans notre maison, nous les avions perdus de vue car ils restent un peu plus loin. Or, tous ont vieilli et nous circulons plus dans notre quartier.

Antoine vous salue car il est fier de se promener à vélo.

Daniel, un papa aussi fier.

31 juillet, 2007

L'aventure reprends

Je me rappelle de mes cours de conduite chez Technic et de quoi faire en cas d'urgence. À toutes les circonstances, il y avait deux réactions répétitives:
1- Ne paniquez pas
2- Mettez vos feux de hazard
Ce même quand on tombe dans un lac et que la voiture coule.

Pour nous, nous avons passé quelques semaines d'apprentissage de langue tamasheq à la maison, baignés par la lumière du Soleil sur notre terrasse, imbibés d'humidité lourde et portés à la température ambiante de 37 degrés à l'ombre. Même notre terrasse, quand elle est à l'ombre, elle nous éblouit de lumière tant la céramique est blanche.
Tout cela pour dire qu'on a été tranquille! Tout cela pour insinuer que c'était ennuyeux même. Et je dois ajouter que c'est là que nous avons le plus souffert de découragement. Heureusement, depuis les pluies un peu plus régulière et les nuages qui nous couvrent ce Soleil insistant, nous avons repris des forces morales - et il y a les vacances dans 10 jours aussi - et nous avons planifié d'aller camper en brousse chez nos amis nomades. Mais avant de s'improviser comme cela, nous voulions faire une visite de courtoisie pour s'assurer qu'ils étaient d'accord.

C'est cette journée de lundi passé que je voulais vous parler. Une journée de leçons que nous devions apprendre.
Nous avons trouvé leur campement d'été un peu plus loin, là où il y a une marre de pluie. Une marre de pluie est une sorte de lac artificiel formé à la saison des pluies et qui est aussi grand que la nature le permet. Peu à peu après, il diminue et les nomades changent de lieu. Parce que la saison des pluies est celle qui est tranquille pour les bergers, car il y a de l'eau et de l'herbe pour le bétail, il appelle cela l'hivernage. Ils peuvent resté assis et guetter du coin de l'oeil les animaux, alors que dans les autres saisons, ils doivent puiser de l'eau pour les animaux et chercher les lieux de pâturage.

Toujours est-il que nous avons passé une bonne journée et les gens seront heureux de nous avoir dans leur voisinage de temps en temps.
Sauf que nous sommes revenus alors que la nuit tombait. Nous n'étions qu'à une demi-heure de la ville. La nuit est tombée et la voiture aussi: en panne! Maintenant je comprends qu'il s'agit de problème de pompe ou de filtre à essence. Une vieille voiture quoi!
J'avais un GPS, c'est pourquoi je ne craignais pas la nuit. Alors, je pouvais connaître toutes les coordonnées de l'endroit où nous étions en panne, mais je n'étais pas perdu, j'étais en panne! Mon guide était avec nous aussi, car il est celui qui nous introduit chez les gens, surtout. Alors, il faut contacter quelqu'un et lui faire trouver le chemin où nous sommes.
Vive la technologie, le Niger est parsemé d'antenne cellulaire et j'ai un téléphone: patate! la batterie meurt. Elle ne peut pas supporter plus de 15 secondes de jasette à la fois: il faut parler vite. J'envoie un texte SMS. Par un tour de passe-passe compliqué, mon collègue Ace trouve le père de mon guide qui en 15 secondes reçoit les indications de son fils qui est avec moi. Mes filles sont sur le toit de la voiture. Elles guettent les phares d'une voiture après avoir admiré les étoiles, la Grande Ourse et un satellite ou deux qui servent peut-être à notre GPS.
Motadyne! que je m'exclame quand on voit arriver mon brave collègue au bout de la piste, car ce n'est qu'une piste de sable. (motadyne: "voilà la voiture" selon notre dictionnaire tamasheq).

Nous sommes revenus et j'ai réussi à faire avancer la voiture titrainvaloin et elle attend le mécanicien pour demain, car aujourd'hui il y a eu beaucoup de pluie et il ne se passe pas grand chose quand il pleut.

Est-ce fini? Non, cela nous a crinqué. Fort de nos nouvelles leçons, nous sommes mieux en forme pour bouger qu'assis sur notre terrasse. Si la voiture est prête, nous retournerons camper jeudi jusqu'à samedi. Et samedi, nous aurons un mariage touareg où il y aura plusieurs musiciens et d'excellents guitaristes.

Est-ce tout?
Non. J'ai appris une leçon plus importante. L'eau c'est la vie "Aman Iman". Or l'eau de la marre que les gens boivent n'est pas très propre. Alors, j'avais apporté notre réserve d'eau. Mais, je ne l'ai pas surveillée. Or, à mon insu, je n'en avais plus. Des gens se sont servis. Pour eux ce n'est pas une question puisqu'ils boivent toutes les eaux, celle-là ou une autre. Mais pour nous, c'était la seule et on en a manqué. Alors, tout ce que je viens de raconter, on l'a vécu avec une soif terrible. Comme Élohise a écrit à ses amies:"J'espère que vous n'aurez jamais autant soif".

Daniel

Vous pouvez visiter le site de mon collègue dont l'adresse se trouve dans la colonne de liens, à gauche ou à droite. http://www.lescheung.blogspot.com

22 juillet, 2007

Deux pluies, trois jours! Enfin!

Nous recevons notre deuxième pluie en trois jours, c'est notre première fois. En générale, il a toujours fallu attendre 10 jours entre les pluies et sentir l'humidité augmentée progressivement.
Vlan! Il fait 25 degrés dans la maison.
Dehors, on porte des manches longues.
Ça fait du bien.
Du bien pour le corps, mais aussi pour le moral. En effet, je doutais vraiment que la pluie et la fraîcheur pouvait existées encore au Niger. Travailler, apprendre une langue, visiter des gens, faire des achats aux marchés sous la chaleur humide sont tous pénibles et lourds avec ce Soleil de plomb. Je pense à l'expression: "Tous sous un même Soleil", seulement, au Niger, il tape plus verticalement dans haut, droit sur le crâne, dont le mien est un peu trop dégarni. Je n'ai presque plus peur de recevoir un piano à queue ou une enclume sur la tête comme dans les cartoons.
Alors, quand il pleut comme cela, je sens que je reprends courage par les pores de la peaux.
Je constate aussi, la merveille de Dieu qui nous a créé ainsi, à la fois faibles et résistants. D'une part, pour les habituer du pays, cette saison n'est pas la plus pénible... Ils la vivent comme nous vivons l'hiver. Comme pour moi, l'hiver n'est pas la pire saison comparée à l'automne et à sa pluie glaciale qui pénètre les vêtements jusqu'aux os. Ainsi, pour les Nigériens, le mois de mai est pire que le début juillet. Peut-être que je m'habituerai aussi. D'autre part, Dieu nous donne l'espérance, la capacité de se voir dans l'avenir selon des données connues, dont celle de savoir que le climat changera, ou celle que s'est promesse se réaliseront, telle que la vie éternelle.
Quand je pense à mon travail au Niger pour le développement, je considère que ma tâche est de rendre les gens capable d'espérer, de se projeter dans l'avenir pour pouvoir modifier leur comportements et leurs habitudes en vue de sortir de la misère. Car, dans la misère, il est difficile de se voir, de façon réaliste, hors de celle-là. D'où, moi aussi, j'ai besoin de cette espérance chrétienne pour croire que le monde peut changer, comme Christ est mort et ressuscité pour transformer le coeur de l'homme, transformer nos sociétés. Mais ce ne sera jamais complet avant qu'il ne soit revenu.
Comme la pluie, il reviendra!

Daniel

10 juillet, 2007

"Porteur de nuit"

Je viens de prendre une marche dans les rues autour de chez moi. Il est 22h36 et il fait noir, très noir. J'ai pris conscience des détails pour pouvoir en donner une description avant que tous soient rendus trop normal pour nous.
La rue est en sable, je marche en gougoune. J'ai toujours du sable sous les pieds, je secoue mes gougounes sans cesse.
Je vois les étoiles assez bien, même la Grande Ourse, mais l'étoile polaire est trop basse à l'horizon du nord.
La rue n'est éclairée que sporadiquement par des néons et des lumières des maisons le long des murs. En effet, toutes les maisons sont entourées de murs, il n'y a pas de clôtures. Des murs de ciment.
Devant les portails il y a parfois des gardiens tapis dans le noir: Bonsoir, ça va? Ça va!
Il y a un tableau noir sous un néon. Deux jeunes adolescents semblent pratiquer des exercices de mathématiques.
Devant une maison assez cossue, le propriétaire a posé quelques chaises devant son portail et il s'entretient avec des amis, je suppose. Il n'y a que des hommes. De la même maison, une télé est sortie dans la rue et des enfants et des plus vieux s'agglutinent devant le petit écran.
Est-ce qu'il fait chaud? Oui. Combien? Je ne compte pas. Il y a une petite brise, elle, je la compte.
Il y a des tabliers. Un mot amusant pour définir les gens qui ont une table sur laquelle il vendent des petits trucs: sucre, bonbons, thé, allumettes, savons, cigarettes, etc, selon la grandeur de la table.
Je suis revenu chez moi. Tout est assez banal. Les rues sont paisibles, pas l'ombre d'une menace dans mon quartier. Il reste que mon gardien s'est fait voler sa chaise en plein jour, c'est bien pour dire!

En Tamasheq, quelqu'un qui marche pendant la nuit est appelé un "porteur de nuit". Traditionnellement, c'est pour un courtisan qui va rendre visite à sa blonde.

Daniel

08 juillet, 2007

S'asseoir par terre

Depuis quelques semaines, mais épisodiquement depuis quelques mois, j'ai mal dans les épaules. Un étrange mal, musculaire et postural. J'ai mal dans le creux des épaules. J'essaie de faire des exercices régulièrement, mais c'est le régulièrement qui manque...
J'ai une hypothèse quant à l'origine de mon mal.
S'asseoir par terre.
Ça m'a paru banal au début, mais nous sommes d'un monde de chaise. Or nos dos, accotés, éffoirés, sur nos chaises n'ont pas développé les muscles pour rester droit. Alors, je m'accote sur une main, sur un coude et voilà l'épaule qui relève et qui travaille comme elle n'a jamais travaillé avant.

Alors, je propose une campagne de sensibilisation pour la CSST, en vue de prévenir plusieurs maux de dos: Dès la garderie, apprenez aux enfants à s'asseoir par terre, droit. À bas les chaises au nom de la santé publique. Il faut ajouter le fait de porter ses paquets et ses sacs sur la tête, car ça ne fait pas forcer le dos de la même façon...

Je suis épaté par plusieurs petites différences comme avoir une chaise ou ne pas l'avoir inventé comme source d'impact dans tout le cour d'une vie, du corps et de la société.

Daniel

PS, il pleut un peu plus et la température se rafraîchit: 24 quand il pleut.

03 juillet, 2007

Ça viendra!


Ça viendra!
Originally uploaded by gzutem
Il y a une quantité de choses qui, quand on ne les a pas encore vécues, on croit qu'elles ne changeront jamais, ou qu'elles n'aboutiront pas. Tout comme mes filles. Elles sont nées avec presque aucun cheveux. À un an, je croyais qu'elles n'auraient jamais de longs cheveux...
C'est la même chose avec la chaleur et la pluie. On a cru que la pluie n'arriverait jamais et que la chaleur resterait incrustée pour toujours.
Il fait toujours chaud et il y a peu de pluie, mais la fraîcheur a percé un chemin et on peut dormir sans climatisation. Heureusement, car elle est défectueuse.
Mais vraiment, la fraîcheur - c'est Antoine qui se plaignait que l'eau de la douche était froide - nous redonne du courage.
Ouf!
Ça fait du bien!

Daniel

02 juillet, 2007

La saison des mariages

Cet fin de semaine, j'ai vécu un enterrement et trois mariages.
Le deuil est presque le deuil partout, personne n'y est habituée, même pas les Africains. Seulement, avec la chaleur, on ne peut pas faire retarder l'enterrement.
Mais pour le mariage, beaucoup plus heureux et plus différent. D'abord, en l'absence des principaux amoureux, les familles négocient la dot que l'homme doit donner aux beaux-parents, la dot qui servira à composer le trousseau de la femme, en partie. L'autre partie est distribuée entre le père et les oncles de la mariée. Ensuite, un religieux musulman fait une prière qui attache les époux absents.
Après, après quelques jours parfois, la famille de l'homme va chercher la mariée. L'époux attend à la maison. J'attendais chez la bien-aimée et vlan! 6 motos et trois voitures et un camion de livraison, tous bondés de gens de la famille et amis du marié. La famille de la femme refuse de la laisser partir, alors, les familles renégocient son départ - tout est déjà convenu...
On embarque le trousseau, toujours un lit inclus. Et le cortège repart vers la maison du marié.
C'est les cris de joie, les turlututements.
On conduit la femme jusqu'à la porte même de la maison et elle est cachée sous un drap - tout est convenu.
Tous veulent entrer dans la chambre et voir les deux tourtereaux se regarder et peut-être sourire, sinon s'embrasser pudiquement. Puis on nous chasse de la maison. Seule les jeunes non mariés flânent, question de faire connaissances et de provoquer le même cérémonial.

Seulement, j'ai appris que je suis populaire et invité pour les qualité de ma voiture. Disons qu'elle est invitée plus que moi. Si je viens en famille, je perds mes qualités...
Je pense à vendre la voiture, le temps d'une saison, celle des mariages, car les enterrements n'ont pas de saisons.

Daniel

23 juin, 2007

Petits problèmes

Cette semaine on a eu quelques petits problèmes. Petits parce qu'ils ne sont pas de grands, problèmes parce qu'ils sont embêtants.
Lorsqu'on pense à l'Afrique, on a peur des bébittes, des araignées, les tarentules, des mouches tsé-tsé, des moustiques voraces et des lézards,les serpents, les crocodiles.
Mais qui a pensé aux fourmis. Bien sûr, on a pensé aux fourmis rouges auxquelles on donne en pâture les prisonniers recouverts de miel... Mais, nous, on avait pas pensé aux fourmis, les simples fourmis, desquelles on a tant prévenu nos petits enfants, si petits, de ne pas craindre les gentilles fourmis, car les petites bébittes ne mangent pas les grosses.
À notre surprise, les maringouins du Niger sont vraiment discrets à comparer avec ceux des Laurentides. On n'a vu aucune mouche noire, aucun NIgériens n'arrivent à imaginer qu'est-ce que c'est. Pas de fourmis rouges, pas d'araignées différentes de chez nous, pas de serpents, on ne trouve rien de tels. Il y a bien des guêpes maçons, plus grosses que des bourdons, mais plus douces que des coccinelles.
Attention aux termites qui mangent le bois, mais les maisons sont faites en ciment.
Mais les fourmis - AAAAAAAAHHHH!!!! Ça mord et ça brûle. Ça brûle 3 jours durant au moins.
Ce n'est qu'un petit problème! Imaginez quand même la surprise qu'une petite fourmi puisse faire autant mal et elle fait un spot gros comme une brûlure de cigarette

L'autre, c'est ma voiture. Une voiture, je vous le concède, c'est un paquet de problèmes. Alors, dès qu'il y a un petit problème, je m'imagine le pire. Je suis bien heureux avec cette voiture, je parcours la brousse, traverse le sable et surnage la boue, sauf que vendredi, un phare brûle. Un policier m'interpelle et me l'apprend. Je venais à peine de changer l'autre. Après la rencontre avec le policier, la voiture ne redémarre pas. Fiou! Je suis en haut d'une côte, je me laisse aller, le policier me donne une poussée et Vroum! Sauf que le lendemain, la batterie ne s'est pas assez rechargée en route, elle ne démarre pas encore.
Il n'y a plus d'acide dans la batterie - évaporé. Si j'étais parano, j'aurais cru qu'on me l'a volé. La chaleur fait aussi cela.
Je n'ai pas de problème avec l'huile, ni avec le radiateur (On ne dit pas l'antigel ici, je ne comprends pas pourquoi!). Mais j'en ai avec la batterie. Elle est sous surveillance maintenant.

Un nouveau problème vient d'arriver pendant que je fais ce texte. Je viens de faire déplacer la clim du salon à une chambre pour qu'elle soit plus performante et qu'on économise un peu et pour s'éviter de refaire les lits dans le salon à tout les soirs. Bon! je viens de découvrir qu'il fait toujours chaud dans la chambre. Il n'y a plus de fréon dans la clim. Le gars a fini sa job de nuit et il a dû rater une soudure. Il va revenir demain...

Bye
Joyeuse St-Jean-Baptiste

Daniel

16 juin, 2007

C'est le répit!

"Approchez-vous d'une étoile et vous voilà au Soleil.
Ne vous en approchez donc que si vous avez l'âme (et le corps) assez humide,
que si vous disposez d'une certaine provision de larmes,
si vous pouvez supporter une certaine déshydratation (momentanée):
cela vous sera revalu. En pluie apaisante.

Dépression et tempêtes: tout un théâtre de sentiments.
Enfin vient l'ondée apaisante: c'est le répit,
ce sont les vacances du bourreau."
Francis Ponge, Pièces, Le Soleil toupie à fouetter (II), p. 152

Il pleut!
Daniel Marineau, Commentaires, Le Soleil en congé, p.1

15 juin, 2007

Désirer la pluie!

Dire qu'il y a dix jours, je me réjouissais de la pluie. Depuis, on attend encore et la chaleur a augmenté: 40 degrés à l'ombre, sans compter l'humidité.
C'est obligé, il faut ralentir.
Me tenir au Soleil et cuire ou me tenir à l'ombre et patienter.
Sauf que la vie continue et tout le monde cherche à gagner son pain. On voit les gens travailler sans arrêt, comme si la vie gagne sur la chaleur. Pourtant, un Africain m'a dit qu'il mourrait à -10 degrés, et comment il ferait à -30?
La vie est plus forte.
Ce qui fait parti de la vie au Québec, l'hiver, est comme ce qui fait parti de la vie au Niger, la chaleur.
Un docteur canadien m'a dit que c'est dangereux médicalement de vivre dans cette chaleur.
Un docteur nigérien me dira qu'il est dangereux de vivre dans le froid sous zéro.
La différence est qu'au froid, il faut danser pour se réchauffer et qu'au chaud, il faut s'asseoir et attendre. C'est ça le plus dur pour les Canadiens qui ont le pied gigoteux.

En attendant la pluie, je vous dit aurevoir!
Ciao!
Daniel

07 juin, 2007

Après la pluie, le champs.


Il y a des temps morts dans ce blog et il y a des moments où j'ai plein de choses à écrire.
C'est comme cela la vie, il y a des temps plates, normaux et inintéressant, et il y a ceux qui nous changent de la routine et qui, selon le gré du temps, nous amènent vers de nouvelles expériences.
En voici un, ce matin même, qui nous a fait vivre quelque chose de vieux, même si c'était nouveau pour Sophie et moi.

Dès que la pluie tombe au Niger, tous les cultivateurs sèment. Alors, mon ami Moussa, qui nous guide en brousse et dont le père a un droit sur un champs, m'a demandé si je pouvais lui donner un lift. C'est à côté de là où on visite un campement de nomades. Pas de problème, d'une pierre deux coups, nous apprenons le mode de vie et de culture du sol tout en étant environnés de la langue tamasheq.
Ad naguelu, nagu escharal! Nous partirons faire le travail!
Sophie et moi sommes allés avec 2 hommes et 3 femmes et 2 enfants. Là-bas, d'autres personnes ont été embauchés pour accélérer le travail.
Je dis que c'est quelque chose de vieux parce qu'on a béché le champs à la mains et qu'on a semé tout à la mains en recouvrant du pied.
Je dis que c'est nouveau parce que je n'avais jamais fait cela. J'ai semé des jardins, petits et grands, c'est selon l'appréciation. Mais ici, bien que c'est un petit champs, à la mains, ça fait grand. Tout le long que je béchais, je cherchais comment inventer une machine à bécher des trous individuels, à boeuf, à cheval, à bras, etc. Il faudra plutôt une recherche sur internet.
On a semé du mil. À chaque coup de bèche, le mil y était semé. Pas de sillons, que la bèche, à tous les deux pas, on frappe le sol.
Pendant le travail, un repas a été préparé pour tous. Sophie a aidé à nettoyer le riz. Elle vient de finir un mal de dos, assignée aux travaux légers.

Elle a découvert la "mère de la pluie", une bibitte rouge, velue, plus grosse qu'une mouche et qu'une perce-oreille, mais inoffensive. La particularité, elle est rouge vif et elle apparait quand vient la pluie.

D'une part, je suis heureux d'avoir travaillé de mes bras. Je suis un peu courbaturé. Mais surtout, j'ai pu m'approcher de ce que le travail et la vie des gens sont.

Nous vous saluons.

Ciao!

Daniel

06 juin, 2007

La première pluie en vidéo

Il faut visiter cette page pour voir notre famille dans la première pluie! En vidéo

Notre première pluie après la poussière

Daniel

Un jour de fraicheur!

Dire qu'il y a à peine 10 jours que je me plaignais de la chaleur et de l'humidité ici même.
Or, voilà que la bulle d'humidité a éclaté cette nuit, enfin!
Bien sûr qu'elle va se regonfler, mais entre temps, on a eu frais, pour ne pas dire froid.
Nous avons eu un mini 24 degrés et avec le vent, nous frissonnions. Sophie a même mis sa veste et ses bas. Nous n'avions pas mis de bas depuis plusieurs mois, et une veste encore moins. Bon, je l'ai imitée quelques heures plus tard.
Je pensais qu'au Québec il doit faire 24 et tout le monde est heureux qu'il fasse chaud.
Au Niger, il fait 24 aussi et tout le monde est heureux aussi... qu'il fasse frais.

Je n'ai jamais été un amateur de pluie. J'ai toujours préféré les canicules aux jours pluvieux et d'averses. Alors j'ai eu mes huit moins sans pluie et mes deux mois de canicule. Mais ouf! Je suis enfin content de la pluie. Le mois de mai au Niger est un peu comme le mois de mars au Québec, vous savez ce dernier mois de l'hiver, gris, mouillé, froid, déprimant. Or, notre mois de mai nigérien est chaud, humide, le Soleil tape, tout est sec, le sable est fou et abondant dans les rues. La pluie est comme le printemps avec ses odeurs bonnes et mauvaises - en effet les déchets fécaux animaux aussi étaient secs - mais combien nos corps et nos âmes sont rafraîchis par ces nombreuses gouttes d'eau et par ces nuages qui couvrent le Soleil.

Ciao
Daniel

05 juin, 2007

La vie de tous les jours #3



Voici Halima!
Voici notre ménagère.
Halima vient tous les jours de la semaine pour faire le ménage. L'activité la plus banale des foyers québécois ne s'avère pas si naturelle au Niger. En effet, nous avons grandi dans des maisons fermées, pour ne pas dire étanches à la poussière, à la pluie et aux animaux. À moins d'avoir la clim 24h sur 24h au Niger, il est impossible de garder les maisons "closes". Alors, on y vit avec la poussière. Elle est presque une amie. Un homme m'a dit:" je suis né de la poussière, je retournerai poussière et entre-temps, je mange de la poussière!"
Aussi, rares sont les familles qui ont connu des mobiliers, des vaisselles, des électros et des toilettes comme nous. Il n'est plus aussi évident ni banal de faire le ménage. Comprenez Halima qui fait face à toutes les exigences normales et insignifiantes de blancs qui ont grandi en pliant leur nombreux vêtements en quatre. Je me rappelle le jour, banal en soi, où ma mère qui pliait les draps et les serviettes m'a montré que de placer les beaux côtés pliés vers la porte de l'armoire faisait plus beau. Je me rappelle ranger mes serviettes comme cela sans même réfléchir (Sophie ne se rappellera peut-être pas que j'aie rangé des serviettes... mais...) Et voilà que Halima n'a jamais rangé de serviettes dans une armoire. Elle n'a jamais eu qu'une serviette.
Pourtant, Halima n'a jamais été en peine, du point de vue du Niger. Elle est scolarisée. Elle parle très bien français. Elle pratique de bonnes règles d'hygiène et de santé. Sauf qu'elle s'est retrouvée seule, avec ses trois derniers enfants.
Pourquoi? Pour sa foi. Convaincue que Jésus est le messie et le fils de Dieu, elle est devenue chrétienne. Son mari ne l'a pas accepté. Elle est restée attachée à Jésus sans rejeter son mari. C'est lui qui l'a fait. Aujourd'hui, il est remarié avec une jeune femme.
Il y a donc du travail à la maison, mais par-dessus le travail, il y a une femme qui a besoin de pourvoir à ses trois garçons.
Nous apprenons en Afrique, qu'il n'y a pas deux réalités distinctes telles que les gens et le travail. Il n'y a que des gens qui ont entre eux le travail. Pour les Nigériens, ce n'est pas le travail qui est évalué et rémunéré, c'est la relation et les personnes. Une relation installe un pont de confiance, la confiance permet l'échange d'argent. Pas besoin de contrat ni de reçu. C'est nous. Je peux manquer d'argent aujourd'hui, le travail sera fait quand même - pas de griefs - nous sommes ensemble. Il ou elle peut rentrer plus tôt pour des raisons de santé ou de météo sans pâtir, nous sommes ensemble.

Être ensemble, s'est faire parti de la même gang et une gang se tient. C'est beau écrit comme cela, mais, cela vient nous chercher au plus profond de notre être. L'ensemble de ces différences est plus difficile, non pas à comprendre, mais à assimiler. Or, en même temps, si on veut aider le développement du pays, il faut toucher à cela. Et, au nom du développement, je ne suis pas sûr de vouloir toucher à cette attitude solidaire, sauf que cela induit le favoritisme d'un côté et l'exclusion de l'autre.
Ce n'est pas facile à penser quand on réalise que congédier quelqu'un veut dire ouvertement le rejet. Pourtant, on ressent tous cela au Québec lorsqu'on est congédié, même pour des raisons externes (rentabilité, restructuration, manque de commandes, etc.) C'est toujours NOUS qui perdons notre job. Sauf qu'ici, les arguments qui séparent le travail de la relation entre les gens ne passent pas. Je ne peux pas dire que je m'entends bien avec Moussa en dehors de la job, mais qu'au travail, je ne peux pas le sentir. Les deux sont indissociables. Si je ne peux pas le sentir, je n'endurerai pas ses compétences et son expérience non plus. Si je m'entends bien avec lui, j'endurerai ses erreurs et ses manquements.
Ben voyons! vous pensez, alors vous comprenez combien ce n'est pas évident pour nous d'assimiler ce mode de vie, ce mode d'être. Sauf que s'est intéressant. Et nous sommes les nouveaux, les étrangers, c'est à nous de s'adapter.

Pour revenir à Halima, elle fait très bien son travail, même si on trouve des vêtements pliés en huit au lieu d'en quatre. On l'aime bien et, surtout, on peut lui faire confiance, très confiance. Et la confiance, ça ne se monnaye pas.

Daniel

28 mai, 2007

L’Enfer et l’Humidex

L’Enfer et l’Humidex


N’y a-t-il jamais quelqu’un qui a pensé développer l’idée théologique voulant que l’Enfer soit humide? Juste un peu.
Il y a plusieurs années, je me suis tourné vers Jésus-Christ pour éviter d’aller en Enfer. Convaincu, aujourd’hui, de l’amour de Dieu et que Jésus mort et ressuscité est la preuve de cet amour, alors je ne crains plus d’aller en Enfer. Je le souhaite aussi à tous de trouver ce chemin et cette paix.
À cet effet, un homme m’a défié un jour en disant : « Si tu pouvais aller en Enfer pour sauver des âmes, comme Hercules et Orphée, le ferais-tu? Comment dire non? Qu’y a-il à craindre de dire oui, je m’imaginais que j’en aurais le pouvoir et le secours de Dieu pour entrer des ces lieux infernaux et incandescents, comme un pompier armé de ses boyaux d’eau raccordés aux bornes fontaines qui ne craint pas de manquer d’eau. Je ne pensais pas que j’irais en Enfer de mon vivant même après avoir entendu que « le Niger est le début de la fin du monde » ou qu’il « y fait plus chaud qu’en Enfer! »
Sauf que lorsque j’ai lu mon thermomètre au Soleil (voir la photo) et que j’ai consulté le site la Climatologie, j’ai constaté que j’y suis. Pour vous amuser, aller sur le site et calculer le facteur humidex. Pour vous aider, le thermomètre indique 42 Celsius et 58% d’humidité.
Toutefois, je suis en Enfer sans les muscles d’Hercules et sans les talents musicaux et somnifères d’Orphée. Seulement, j’ai en moi un trésor, une force spirituelle, la présence même du Saint-Esprit par la foi.

Vases d’argile et source d’eau


Mais il ne faut pas se tromper, ni moi ni Sophie ne sommes des superhéros. Nous ne sommes que des vases d’argile et fragiles. Alors, regardez à nouveau cette photo, la jarre à la gauche s’appelle un canari. Nous sommes semblables à cela. Or, ce qui est époustouflant avec ces vases, l’eau devient fraîche après plusieurs heures, au point qu’avec le contraste de température, on la ressent frette.
Nous ne trouvons pas cela facile le Niger en ce temps-ci, qui n’est tout de même pas encore l’Enfer, vous l’aurez compris, et si vous priez avec nous, on passera mieux au travers et l’on assurera d’apporter de l’eau fraîche à ce peuple du Niger. Car, Jésus a dit : « Pierre, sur cette pierre je bâtirai mon église et les portes de l’Enfer ne prévaudront pas contre elle ».

22 mai, 2007

Goûter moi cela?




Depuis que nous sommes au Niger, nous avons fait quelques erreurs.
Or, des erreurs culturelles, ce n'est pas facile à découvrir et cela influencer vos relations pour un bon bout de temps.
Par exemple, comment vous sentiriez-vous si, lorsque vous invitez quelqu'un à souper, vous lui servez son assiette généreusement et qu'il prend une bouchée et qu'il vous dit merci: "c'est délicieux, mais je suis rassasié"
Seriez-vous choqués comme moi?
Mais comment votre invité saura que vous êtes choqué? Et comment est-ce qu'il pourra comprendre son erreur? Sauf si vous êtes prévenu, vous ne penserez pas de lui expliquer gentiment. Non, moi j'aurais pensé, il n'aime pas mon repas, ni ma cuisine et s'ilfait parti d'une classe sociale supérieure, je penserais qu'il me méprise.
Eh bien, c'est à peu près cela que nous avons fait et que nous avons projeté déjà, avant de comprendre qu'une bonne partie de l'Afrique pense la nourriture et les repas à l'opposé de nous.
- Fini ton assiette!
J'ai entendu et j'ai dit ça souvent, étant enfant et à mes enfants. On apprend jeune à ne pas gaspiller la nourriture ni à jouer avec.
- Ici au Niger, finir son plat c'est dire que notre hôte ne nous a pas assez donné. Il pense qu'on a peut-être encore faim.
De plus, Il n'y a pas de difficile ni de dédain. Chez nous, nous avons chacun notre assiette et personne ne va manger nos restes sinon un parent ou un chien. Au Niger, le plat est commun pour tous. Alors, ce que l'un ne mange pas, l'autre le mange.
- Mieux vaut dire qu'on a pas faim que de gaspiller de la nourriture qu'on n'aimera pas. N'est-ce pas? Alors, il nous est arrivé de refuser de goûter, idée que le plat sera gaspillé après. Quand on visite des pauvres, cette image est forte dans notre tête. Surtout quand on a grandi avec la phrase: "Pense au p'tit Éthiopiens qui crèvent de faim".

Un jour cette idée m'a déchiré l'appétit, après avoir appris que je ne devais plus refuser de la nourriture, on m'offre un plat, il est tard, les repas sont terminés, mais on m'offre une portion du souper, qui allait devenir le déjeuner du lendemain. [Vous aurez compris ce que j'ignorais, on m'a offert des restes! Mais ici, cette notion n'existe pas.] Je me retrouve avec un bon bol dans les mains avec une cuillère et je mange. À la moitié du plat, moi qui suis en mode "fini ton assiette", je prend conscience que mes hôtes sont pauvres. Heureusement, j'ai pu leur posé une question sensible: " vous, est-ce qu'il faut finir son plat?" Mange à ta fin, qu'on m'a répondu.
J'ai compris en partie alors.

La famille et moi faisons encore des erreurs dont nous ignorons que nous les faisons. Il y en a des drôles, il y en a des sérieuses, sans être fatales, elles peuvent devenir tristes.
Or, nous travaillons, en même temps qu'on apprend la langue, à apprendre ce qui ne se dit pas et qui ne se réfléchit pas quand on a grandi dedans.

Salut
Daniel

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Commentaire:

La famille Marineau a dit...
Daniel a oublié de mentionner que la politesse chez nos hotes est de prendre a moins une bouchée, si on a pas faim ou que la nouriture ne semble pas appétissante. Et si c'est de l'eau sale (boueuse) ou un repas qui se boit comme la bouillie, il faudra faire semblant de prendre au moins une gorgée et dire que c'est bon (rassasiée).

Sophie

11 mai, 2007

Le clan Paneton,


Nous sommes deux mois avant le premier juillet et je pense à vous.
Ici aussi on déménage. Voici le déménagement de Moussa, un guide qui nous amène en brousse, chez sa grande soeur (car une soeur est soit plus grande ou plus petite).
Or, Il vient de déménager et fort de mon expérience, je l'ai aidé.
Malgré une centaine de déménagements dans le corps, j'ai dû réapprendre la logique.
En effet, Moussa est ce qu'on appelle un squatter. Alors, on déménage toute sa maison.

1er voyage: On a dabord chargé les objets personnels, dits les bagages.
2e voyage: la maison, la charpente de bois. Il faut comprendre des branches de bois.
2e1/2 voyage: Les ânes sont venus chercher tout les autres matériaux pour la maison. Tout est réutilisé, rien n'est jeté.
3e et dernier voyage: la main-d'oeuvre! Les femmes. Traditionnellement, se sont les femmes qui fabriquaient les tentes chez les Touaregs nomades. En fait, lorsqu'elle se marie, la femme apporte la tente dans son trousseau! Alors, un synonyme de marier est "faire maison". Sauf que la femme part avec la maison en cas de divorce, là c'est littérale. Les jeunes femmes qui ont grandi en ville n'ont plus cette coutume de faire les maisons, ce qui rend l'exercise plus étrange pour nous car on voit des vieilles femmes qui travaillent à planter les piquets des tentes et à tout attacher, ce avec des hommes vaillants qui se plaignent à mots couverts des exigeances féminines, souvent de la belle-maman.
Mais j'ai compris alors pourquoi, lorsque j'ai demandé à des hommes de fabriquer un abri pour mes gardiens, ils ont mal fait le travail, alors qu'ils sont eux-mêmes les gardiens qui vont en profiter. Je devais trouver leurs femmes!

Ceci fait parti des détails culturels que nous devons connaître et apprendre, seulement, il faut les vivre pour les percevoir. Mais encore, ce n'est pas absorbé dans le cerveau.

Nous avons dû quitter la famille de Moussa car nous devions rentrés avant l'arrivée des enfants de l'école, à la honte de Moussa qui n'a pas pu nous nourrir avant notre départ. Ce n'est pas la pizza, mais la coutume de nourrir notre gang de déménagement est mondiale.

Ciao!
Daniel

Si cela marche, cliquez sur le lien "quelques photos de nous" à gauche et il y aura plus d'images de ce déménagement.

08 mai, 2007

Notre première pluie

Depuis belle lurette qu'on n'avait pas vu de la pluie, de la vraie!
C'était la fête à la maison.
Dabord, Mohammed est venu nous chercher pour nous montrer les gros nuages gris à l'horizon. "C'est comme cela au Canada?" Oui comme chez nous sauf qu'au-dessus de nos têtes, là où il n'y avait pas de nuage, la lumière était aveuglante.
Mais le temps que Sophie arrive, une sorte de nuage s'est levé du sol: la poussière et le sable. Vlan! la tempète de sable! À ce moment, tout se passe au loin. Le nuage couleur sable a rempli le ciel au complet, il n'y avait plus de nuages gris visibles.
Au cas où la pluie tombe sur nous, les enfants étaient allés mettre leurs costumes de bain!
Mais, le nuage de sable n'a pas d'eau, comme son nom le dit, il a du sable:
Il arrive sur nous!
Fermez vos bouches et serrez les dents.
Oups! trop tard pour les yeux!
La lumière du ciel est toute orangée, le ciel est bas comme dans une tempète de neige, sauf que tout est orange, rien n'est blanc.
Tous les planchers sont recouverts d'une couche de sable,
pas de neige.
Heureusement, le balai suffit.
On n'a pas besoin de pelle, de gratte ou de souffleuse.

Après les bourrasques de sable, l'eau est venue. Assez pour faire plaisir à notre âme canadienne et pour exciter les enfants. Mais, surtout, avec la pluie vient le vent de fraîcheur et mouillés, nous avions froid. La fraîcheur est restée toute la nuit, on a dormi sans clim et au matin, nous avions un joli petit 26 degrés sur le thermomêtre. Mignon n'est-ce pas!
Les enfants ont sauté sur la trampoline et se sont roulés dans la boue.

Au matin, en dépit du 26, on a commencé à sentir l'humidité monter du sol. Rien d'aussi pire que la Martinique, mais un vrai Montréal de juillet.

Toutes mes photos de la pluie sont floues. Mais si je réussi à mettre mon petit vidéo sur l'internet, je vous l'annonce.

Daniel

29 avril, 2007

Problème de mot(s)!

Notre travail pour un petit bout de temps est d'apprendre la langue des Touregs, le Tamasheq. Notre but est d'être en mesure d'aider ces populations le mieux possible en entendant et en disant les problèmes et les solutions dans leur langue directement.
Nous avons un problème avec un mot, un verbe: Arreγ. Ce verbe en remplace deux en français: aimer et vouloir. D'un point de vue objectif, nous pouvons utiliser le mot dans les deux sens, car pour nous il en a deux, mais quand on me dit:"veux-tu du thé?" j'entend aussi:"aimes-tu le thé?" Mon cerveau se dit alors, j'aime le thé mais je n'en veux pas là.
On a le problème quand on veut exprimer que quelque chose est à notre goût, comme une décoration artisanale:" J'aime cela, ça fait beau!" Est-ce qu'ils entendent que je le veux? Il y a Sophie qui s'est fait dire qu'elle n'aime pas les très longs cheveux tressés (long veut dire très très long, car tressés, les cheveux vont jusqu'aux fesses). Mais est-ce que c'était qu'elle ne veut pas de très longs cheveux? Et quand la femme qui le dit a de très longs cheveux, qu'est-ce qu'on répond poliment? Sophie aime, elle n'en a pas de très longs et elle n'en veut pas.
Un jour, nous saurons. Nous n'avons pas de professeurs diplomés pour nous enseigner et nous répondre. Nous apprenons avec les oreilles auprès d'aidants "naturels". Ensuite, on essaie de tout décortiquer. Depuis le début, lorsqu'on revise nos notes, on retrouve 2 ou 3 façon d'écrire un mot. On comprend aujourd'hui que le mot qu'on a appris veut dire le mien (ex. mon-frère). Il reste a apprendre "ton-frère-à-un-homme, ton-frère-à-une-femme,son-frère, leur-frère, etc-frère"
Et ce n'est pas frère qu'on a appris, ce n'est que "mon-grand-frère", il reste "petit-frère" un autre mot complètement.
Notre problème supplémentaire et central est qu'il n'y a pas de tamasheq international, comme le français. Et on se trouve exposé à trois dialectes différents, un peu comme si quelqu'un doit apprendre le français sans prof ni cours parmi des Saguenéens, des Haïtiens et des Marseillais.

Priez pour nos cerveaux, nos langues et nos gorges aussi. Le Q se dit comme R dans la gorge. Le γ se dit comme notre R, alors le R doit se dire sur le bout de la langue... C'est difficile!

Merci
Daniel

26 avril, 2007

La sonde de cuisson a chaud

Sophie a cuit un rôti ce soir. Il est très bon.
Elle utilise une sonde de cuisson pour connaître la température de la viande. Je spécifie pour les hommes comme moi qui ne sommes pas forts en cuisine.
Or, à la température de la pièce, dans la cuisine, la sonde est à 40 degrés.
On est fou hein! de manger du rôti.

C'est pas ma faute, c'est elle qui choisi son menu.
PS, nous avons la clim dans la salle à manger, pas dans la cuisine.
Je l'ai déjà dit, avec la clim, il fait 30 degrés.

Daniel

Mon ordi a eu trop chaud

J'ai perdu mon disque dur de mon ordi principal.
Ça explique une partie de la raison je peux être plus lent à écrire ses temps-ci.
J'attend un nouveau disque dur et aussi un disque back-up dans deux semaines.
Ainsi, je crois bien avoir perdu l'ensemble des adresses courriels de mon carnet d'adresses.
Il me ferait plaisir d'avoir de vos nouvelles, au moins d'avoir votre adresse.
Mon adresse est dans mon profil.

Merci
Daniel

25 avril, 2007

L'eau c'est la vie!


Proverbe Touareg


Ce qui est un proverbe de sagesse dans les terres arides su Sahel n’est qu’une donnée scientifique sur les rives du Saint-Laurent. Tout le monde sait que le corps humain est composé d’eau, comme la laitue.
Mais quand je vois les hommes puiser pour leurs bétails et leur maison des litres et des litres d’eau au Soleil tapant, je constate que c’est une question de vie. Au Québec, l’eau est aussi vitale qu’au désert, mais les vaches ont des abreuvoirs semi-automatiques.
Jamais auparavant, je ne m’étais soucié d’avoir de l’eau en réserve pour n’importe quel déplacement. Depuis que je suis au Niger, j’ai expérimenté le malaise d’avoir trop soif pendant que je circulais en ville ou ailleurs. Heureusement, il y a un marché de l’eau. Pour 5¢ je peux acheter un « sipsac » d’eau fraîche, dans le sens de pas chaude. Néanmoins, j’ai eu des passes où j’ai eu trop soif et c’est toujours là que les vendeurs d’eau ambulants sont à l’autre bout de la ville.
De plus, l’air est si sec que si nous ne buvons pas « que pour boire », nous avons mal à la tête. La joie est de soigner son mal de bloc qu’avec le verre d’eau, sans la tylenol!
L’eau c’est la Vie!
Ce n’est pas pour rien que Jésus a utilisé l’eau dans ses images comme dans : « si un homme ne naît d’eau et d’Esprit, il ne pourra entrer dans le Royaume de Dieu ». Ainsi la première naissance, il l’appelle d’eau, la seconde d’Esprit. L’eau c’est la vie!

Parfois la vie est facile, parfois non, comme pour ces homme qui puise au puit. En ville, nous devons mener une gestion de l’eau. D’abord parce que nous gardons de l’eau au frigo. Ce mois-ci, l’eau du robinet est chaude. Les douches sont obligatoirement chaudes. Plus on laisse couler l’eau, plus elle est chaude. (Je viens de réaliser que l’eau est singulière en français alors qu’en tamasheq, elle est toujours plurielle.) Nous gérons l’eau parce que nous la filtrons. Nous la filtrons parce que lorsque je nettoie le filtre, il est recouvert d’une couche de boue. Nous gérons l’eau parce que le débit du filtre est plus faible que le robinet et donc plus lent – à remplir une bouteille. De plus, parfois, souvent la pression municipale diminue et le filtre ne fournit pas.
Pour éviter d’ouvrir le frigo très souvent – car nous gérons aussi le froid – nous avons un thermos distributeur d’eau. Lorsque la pression d’eau est bonne, le soir, je lave le filtre. Je remplis le thermos avec l’eau froide du frigo. Je remplis les bouteilles vides que je replace au frigo. Je prépare le lait en poudre et du jus.
Je devrai compter notre consommation d’eau – ce que nous buvons – bien que je sais que les enfants (4 avec des amis) ont bu 6 litres en deux heures aujourd’hui.
Nous pourrions boire l’eau sans filtrage additionnel, elle est potable. Il s’agit d’une précaution additionnelle. Même en brousse, je bois l’eau du puit, mais vraiment, elle pu. Mais même celle-là est la vie!

Je vous demande de penser aux Nigériens en priant, pour qu’ils aient de l’eau vitale. Le mois de mai devrait être encore plus chaud, dans l’attente des premières pluies (juin).
Priez aussi pour qu’ils trouvent l’eau vive qui vient de Jésus, celle qui abreuve le cœur.
Je visite un petit campement en brousse, tout près de la ville (photo de leur puit). Le vieillard Riya nous apprend le tamasheq une fois par semaine. Il est touchant et il aime nos visites. Il est touchant aussi parce qu’il ne voit presque plus, alors, il touche… Mais priez que les enfants puissent apprécier d’y venir avec nous et qu’ils se fassent des amis.

Ciao
Daniel.

18 avril, 2007

La vie de tous les jours #2


Le marchand de fruits et de légumes


Voici notre kiosque de fruits et de légumes. Le patron, ou le papa, est dans l'ombre avec un ananas dans la main. Sophie est derrière le fils qui est devant. Acheter des fruits et légumes n'est pas toujours tranquille, c'est pourquoi nous avons choisi cet homme. Il nous connaît comme des clients fidèles, alors ce n'est plus la peine de se battre pour de bon prix. les fruits et légumes sont, en plus, sujet aux aléas saisoniers - il n'y a pas de camions de Californie qui apportent de tout à l'année. Mais, il n'y a pas grands légumes qui viennent du Niger. Les oignons, les patates et quelques fruits de saisons, sinon tout vient du Burkina Faso, de Côte d'Ivoire ou du Ghana. Il y a les pommes qui voyagent depuis l'Afrique du Sud et qui coûtent pas moins que 3.50$ le kilo (1.75$ la livre) et il n'y en a pas tout le temps.
Il y a un marché, dit le petit marché, qui renferme plusieurs marchands, notre marché Jean-Talon. Toutefois, on n'y est pas tranquille. Pour négocier, chaque marchand nous interpèle, les mendiants s'y joignent pour gagner quelque chose. Dernièrement, une vieille - ce n'est pas mal de parler comme cela en Afrique - m'a accusé d'avoir écrasé sa canne. Sauf que je lui ai offert de la réparer au lieu de la dédommager, alors, elle s'en est allée. Ainsi, au Petit Marché, il y a aussi des chasseurs de tête qui nous spottent et qui nous assaillent avec leurs sacs de légumes ou de fruits à vendre avant qu'on puisse descendre de la voiture. Ils sont très agressants.
J'ai quand même du respect pour ces vendeurs, ils veulent gagner leur pain et c'est pénible. le bassin d'acheteurs n'est pas infini. De plus, tous les Nigériens n'ont pas la coutume de manger des légumes. Par exemple, les Touaregs avec qui nous travaillons sont par la tradition éleveurs de bétails. Ainsi, ils mangent de la viande et du lait. Ils ajoutent un peu de céréales comme le mil. Et chez certains, le fait de cuisiner de la sauce aux légumes est une honte, car cela insinue qu'ils n'ont pas de lait, l'aliment principal des éleveurs. Par ailleurs, ils ont très peu de mots dans leur langue pour nommer ces aliments. Nous comptons, éventuellement, sensibiliser ce peuple aux besoins d'ajouter des fruits et des légumes à leur alimentation. Il faudra plus qu'une distribution de guides alimentaires.
Voilà pourquoi nous avons choisi notre petit marchand de légumes isolé, ou presque, car on y est tranquille. Nous ne sommes pas végétariens même si pour les Touaregs c'est à cela que nous ressemblons parfois. Car vraiment, les fruits et les légumes nous font du bien.

Bye
Daniel

09 avril, 2007

La vie de tous les jours (première partie)


La vie de tous les jours

Bonjour
Je vous présente Mohammed de jour. Il est notre gardien de jour, d'où son surnom de jour. En effet, une autre fois, je vous présenterai Mohammed de nuit, car nous avons un gardien de nuit aussi.
Nous avons des gardiens pour des raisons de sécurité. Par exemple, ils ouvrent le portail quand nous sortons, sinon le portail pourrait se refermer sur la voiture. Aussi, la sécurité des plantes pourrait être en danger s'ils ne les arrosaient pas.
Le Niger est, à ce jour, un pays paisible. Il y a toujours des voleurs partout, mais il n'est pas un cas de danger extrême. Par conséquent, les gardiens sont comme les systèmes d'alarme, ils sont dissuasifs - ils découragent les voleurs d'oser penser s'en prendre à nous et à notre maison.
Ainsi, le gardien de jour se retrouve avec le plus de travail. Il prend soin de la maison, du jardin et devant le portail.
Il faut spécifier que chaque maison est, ici, entourée d'un mur ouvert par un portail. Certaines rues ne ressemblent qu'à deux murs parallèles comme un corridor qui peut se transformer en labyrinthe parfois.

Ainsi, Mohammed de jour doit veiller à nettoyer la cour et la terrasse.
Il lave la voiture.
Il arrose les plantes. Je viens de planter deux vignes, un manguier, un arbre au nom que j'oublie et un papayer. Mohammed en est le fidèle gardien. Sauf pour le papayer, qui a été trop arrosé. Mais ce n'est pas de sa faute, le patron a dit d'arroser. Après que le papayer ait pourri, le patron est allé sur internet pour apprendre qu'il ne faut pas trop arroser. Le patron c'est moi, je ne m'en défile pas.

Mohammed se fait le thé touareg à tous les matins. À tous les jours que je suis là quand le thé est près, il m'en apporte dans la maison. Pour cette raison, je fournis le thé aux gens de la maison. Je ne peux me résoudre à boire "l'argent de mes employés" quand pour eux, faire le thé représente en dépense une heure de travail. Le thé touareg est particulier et j'en reparlerai dans une prochaine chronique de la vie de tous les jours.

L'avantage que j'ai avec Mohammed, c'est qu'il est un peintre en bâtiments, un gars de la construction quoi! Alors, on se comprend. De plus, il y a plein de petits travaux qu'il peut faire, ce qui est bien utile, même si j'aimerais tout faire moi-même.
Mohammed préfère être gardien que peintre pour la stabilité d'emploi et la fiabilité de la paye ( souvent, il n'a pas été payé comme peintre). Toutefois, il est payé au moins 2 fois moins comme gardien (un "tien" vaut mieux que deux "tu l'auras"). Mais, puisque nous embauchons des gardiens de jour surtout pour donner de l'emploi et ainsi aider une famille souvent élargie, j'aide Mohammed en lui permettant de manquer le travail pour aller faire de la peinture quand il en a l'occasion. Il est alors payé plus cher et moi je donne de l'emploi à un remplaçant. Deux hommes gagnent et moi je ne perds rien.

Mohammed a une femme et deux enfants très jeunes. Il fait aussi vivre sa belle-mère.
Ce n'est pas la première fois dont j'en parle, mais je voulais vous parler de ce qui se passe autour de nous.

Daniel

La vie de tous les jours #3



Voici Halima!
Voici notre ménagère.
Halima vient tous les jours de la semaine pour faire le ménage. L'activité la plus banale des foyers québécois ne s'avère pas si naturelle au Niger. En effet, nous avons grandi dans des maisons fermées, pour ne pas dire étanches à la poussière, à la pluie et aux animaux. À moins d'avoir la clim 24h sur 24h au Niger, il est impossible de garder les maisons "closes". Alors, on y vit avec la poussière. Elle est presque une amie. Un homme m'a dit:" je suis né de la poussière, je retournerai poussière et entre-temps, je mange de la poussière!"
Aussi, rares sont les familles qui ont connu des mobiliers, des vaisselles, des électros et des toilettes comme nous. Il n'est plus aussi évident ni banal de faire le ménage. Comprenez Halima qui fait face à toutes les exigences normales et insignifiantes de blancs qui ont grandi en pliant leur nombreux vêtements en quatre. Je me rappelle le jour, banal en soi, où ma mère qui pliait les draps et les serviettes m'a montré que de placer les beaux côtés pliés vers la porte de l'armoire faisait plus beau. Je me rappelle ranger mes serviettes comme cela sans même réfléchir (Sophie ne se rappellera peut-être pas que j'aie rangé des serviettes... mais...) Et voilà que Halima n'a jamais rangé de serviettes dans une armoire. Elle n'a jamais eu qu'une serviette.
Pourtant, Halima n'a jamais été en peine, du point de vue du Niger. Elle est scolarisée. Elle parle très bien français. Elle pratique de bonnes règles d'hygiène et de santé. Sauf qu'elle s'est retrouvée seule, avec ses trois derniers enfants.
Pourquoi? Pour sa foi. Convaincue que Jésus est le messie et le fils de Dieu, elle est devenue chrétienne. Son mari ne l'a pas accepté. Elle est restée attachée à Jésus sans rejeter son mari. C'est lui qui l'a fait. Aujourd'hui, il est remarié avec une jeune femme.
Il y a donc du travail à la maison, mais par-dessus le travail, il y a une femme qui a besoin de pourvoir à ses trois garçons.
Nous apprenons en Afrique, qu'il n'y a pas deux réalités distinctes telles que les gens et le travail. Il n'y a que des gens qui ont entre eux le travail. Pour les Nigériens, ce n'est pas le travail qui est évalué et rémunéré, c'est la relation et les personnes. Une relation installe un pont de confiance, la confiance permet l'échange d'argent. Pas besoin de contrat ni de reçu. C'est nous. Je peux manquer d'argent aujourd'hui, le travail sera fait quand même - pas de griefs - nous sommes ensemble. Il ou elle peut rentrer plus tôt pour des raisons de santé ou de météo sans pâtir, nous sommes ensemble.

Être ensemble, s'est faire parti de la même gang et une gang se tient. C'est beau écrit comme cela, mais, cela vient nous chercher au plus profond de notre être. L'ensemble de ces différences est plus difficile, non pas à comprendre, mais à assimiler. Or, en même temps, si on veut aider le développement du pays, il faut toucher à cela. Et, au nom du développement, je ne suis pas sûr de vouloir toucher à cette attitude solidaire, sauf que cela induit le favoritisme d'un côté et l'exclusion de l'autre.
Ce n'est pas facile à penser quand on réalise que congédier quelqu'un veut dire ouvertement le rejet. Pourtant, on ressent tous cela au Québec lorsqu'on est congédié, même pour des raisons externes (rentabilité, restructuration, manque de commandes, etc.) C'est toujours NOUS qui perdons notre job. Sauf qu'ici, les arguments qui séparent le travail de la relation entre les gens ne passent pas. Je ne peux pas dire que je m'entends bien avec Moussa en dehors de la job, mais qu'au travail, je ne peux pas le sentir. Les deux sont indissociables. Si je ne peux pas le sentir, je n'endurerai pas ses compétences et son expérience non plus. Si je m'entends bien avec lui, j'endurerai ses erreurs et ses manquements.
Ben voyons! vous pensez, alors vous comprenez combien ce n'est pas évident pour nous d'assimiler ce mode de vie, ce mode d'être. Sauf que s'est intéressant. Et nous sommes les nouveaux, les étrangers, c'est à nous de s'adapter.

Pour revenir à Halima, elle fait très bien son travail, même si on trouve des vêtements pliés en huit au lieu d'en quatre. On l'aime bien et, surtout, on peut lui faire confiance, très confiance. Et la confiance, ça ne se monnaye pas.

Daniel