29 janvier, 2007

La brousse version Sophie


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La brousse
Voiçi une vraie expérience de la brousse. Il aura fallu faire 2 :30h. de route d’asphalte et piquer ensuite à travers le sable pour suivre un chemin plein de bosses un autre 2 :30h afin d’arriver au village d’Inates.
Pour être chauffeur de brousse, il faut acquérir les connaissances de conduite sur une surface où il n’y a que du sable – et attention au cœur fragile pour les nausées! Nous sommes arrivés, selon moi au milieu de nulle part, et pourtant il y a un village en pleine brousse.
J’étais là avec une équipe médicale qui arrivait du Canada afin de passé leur vacance à soigner des malades. Docteurs, un chirurgien, infirmières et pharmaciennes ont travaillé très fort pour soulager tous ces gens malades. C’était triste de constater que, sans notre présence, ces gens n’auraient rien fait pour être soigné et auraient continué à endurer leurs maladies. Le cas le plus triste, mais qui finit bien est celui d’une jeune fille qui avait tombé dans le feu 13 jours plus tôt. Grâce aux soins donnés sur place et le conseil de l’amener à l’hôpital de Niamey, d’où je venais (5h de route), elle va passer aux travers. Par l’équipe qui est allé la voir à l’hôpital, j’ai su qu’il y aurait un chirurgien esthétique qui arrive cette semaine au Niger, et qu’il pourrait la greffer.
Au village, j’ai essayé de pratiquer le Tamajeq et c’est dans des situations comme cela que tu constates qu’il reste beaucoup de chemin à faire. C‘est quand même amusant de savoir qu’on me cherchait comme étant la femme qui parle un peu Tamajeq (vraiment encore trop peu). Le plus décevant pour moi c’est qu’ils essayaient aussi de m’expliquer leurs problèmes, mais je ne comprenais pas. Alors la phrase que j’ai le plus dite « je ne suis pas docteur » . Mais quelques fois j’ai pu aider en plaçant les gens au bon endroit en leur disant de me suivre. Cela m’a donné le défi de me faire plus comprendre et de persévérer dans l’apprentissage de leur langue. J’ai tellement hâte de pouvoir tout exprimer ce que je veux dire et plus tard être en mesure de faire mon travail en aidant ces gens sur la santé nutritionnelle et physique.
Sophie

28 janvier, 2007

Les nouvelles sont comme des téléromans

André Boisclair était en France la semaine dernière. Je l'avais oublié celui-là.
J'ai été frappé par sa langue de bois, même à l'étranger. Je me suis forcé à l'écouter juqu'à la fin de l'entrevue (5 min).
J'avais appris que Stéphane Dion était le nouveau chef du parti LIbéral, mais je n'en savait rien de plus. Mais cette fois-ci, piqué par la curiosité de connaître la situation politique du Canada et du Québec, j'ai visité les sites de CKAC et de Radio-Canada pour lire les nouvelles..
Les nouvelles sont comme de véritables téléromans. Si tu manques un épisode, tu peux le rattrapper. Mais si tu manques une saison, tu es perdu.
Je n'ai rien compris aux nouvelles. D'abord parce qu'une nouvelle, surtout politique, dépend d'une autre. Ainsi elles se constituent une chaîne de signification. Ajoutez à cela toutes les chroniques et commentaires qui se font sur les nouvelles.
Je savais que lorsque j'écoutais les amateurs du sport en revenant à la maison (à Montréal) que cela faisait mon téléroman. Et s'il y a autant de journalistes sportifs auprès du Canadien c'est que je n'étais pas le seul adepte.

Mais est-ce que cela me manque? Est-ce que la politique a besoin de moi? Et les bulletins de nouvelles eux?
Non. Je crois que tout va bien de ce côté. Sauf qu'on apprend à écouter les nouvelles d'ici. On a manqué le début du téléroman, alors on ne s'y fait pas vite. Sauf que vendredi, il y a eu un concert d'un ami touareg, son groupe Etran Finatawa, et nous y étions. Or, il a passé aux nouvelles et nous aussi dans les gradins... Voilà notre motivation pour suivre les nouvelles. On ne s'y reverra pas de si tôt.

Daniel

25 janvier, 2007

Voir les liens

Voyez dans notre colonne de liens pour trouver un site avec de nos photos depuis Montréal.
Il y a eu des tests là dedans.

daniel

La clinique de brousse


La clinique de brousse
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Retour de travail
Je reviens de 4 jours, plus 3 jours, de travail dans des villages. Tout comme Sophie avant moi, j’ai accompagné nos équipes médicales dans 2 villages assez loin des grandes routes. Sophie est allé vraiment en brousse. Pour moi, les chemins étaient assez bien praticables, ou plutôt bien visibles. Son village à elle n’avait pas de chemin que des yeux inexpérimentés pouvaient suivre facilement.
Vous voulez savoir ce qu’un gars comme moi faisait comme tâche dans une équipe médicale. J’aurais pu conter des histoires aux patients du dentiste. Mais mentir comme un arracheur de dents est contraire à mes valeurs. J’aurais pu arracher des dents sans mentir. Mais après le premier patient, ma réputation aurait fermé la clinique et dans le cas où c’aurait été quelqu’un important, l’équipe au complet aurait été chassée. Trêve de conditionnel, j’ai eu une job de bras. J’étais Doorman. Dans le premier village, je collectais le prix des consultations. (le gouvernement refuse que nous donnions des soins gratuits. Toutefois, l’argent retourne au village sous forme de projet de santé ou d’éducation selon le choix des villageois.) C’est alors que ma grandeur et mes gros bras se sont imposés pour faire régner l’ordre dans l’espace d’attente.
Dans le second village, j’ai été promu à distributeur de tickets, c’est-à-dire celui qui décide qui va voir les docteurs. Je suis devenu populaire et détesté à la fois. Pour me reposer, je ne pouvais pas rester proche, c’était presque comme la Beatle mania.
J’en ris pas mal plus maintenant, mais dans la foule et le brouhaha, ce n’était pas très comique. Nous devions surtout distinguer les vrais malades au milieu de tous ceux qui espéraient obtenir des médicaments ou comme ils le disent : gagner quelque chose. Parfois, quelqu’un qui parle français me tirait par le bras pour me dire : celle-là est malade, celui-ci est malade, elle est enceinte, il est vieux, il a mal partout. Alors, comme à mon habitude, j’avais une chanson en tête que je prenais le temps d’expliquer au tireur de bras :
« Tout le monde est malheureux
tam ti gi li gi lam
tam ti gi li gi lam
Tout le monde est malheureux
tam ti gi li gi lam
tam ti gi li gi lam
Tout le temps… »
La bonne nouvelle dans tout cela est que beaucoup de gens sont en santé, normalement en santé vu les conditions de vie. Bien sûr, ce ne sont pas des athlètes et quelques suppléments vitaminiques leur feraient du bien – comme à plusieurs d’entre nous d’ailleurs. Mais dans l’ensemble c’est bon : fatigue, mal de ventre, mal de tête et rhumatisme – comme chez nous quoi!
La meilleure nouvelle est que nous avons pu traiter de véritables malades qui, sans nous, n’auraient pas reçu de soins. Plaies, yeux et oreilles infectés, Dents cariées et rongées jusqu’à la racine. Bébés malades. J’en passe parce que je ne suis pas dans le secret des médecins et que ce n’est pas tout ragoûtant.
La plus excellente des nouvelles est que l’amour du Seigneur Jésus est à l’œuvre. D’abord par ces professionnels de la santé, qui viennent du Canada, qui se tape le décalage horaire, qui dorment par terre et autres misères pour soigner ces Nigériens démunis. Jésus est aussi à l’œuvre au-delà des médicaments dans le corps de certains malades. Nous avons reçu un bébé très jeune (3 mois peut-être) qui combattait pour chaque respiration et qui ne buvait pas bien. Quand je me suis approché des médecins, le rapport qu’on m’a donné était qu’il se mourrait. Si j’ai compris sa situation, il avait de l’infection dans les poumons. Nous étions donc là que pour accompagner les parents vers la fatalité. Or, nous avons prié, ne pouvant se résoudre à la mort. Avant la tombée de la nuit, il respirait librement, les poumons étaient clairs. Nous avons aussi accueilli un homme tellement fiévreux qu’il était mou comme de la guenille. Pour lui aussi, nous avons prié et il s’est relevé en quelques heures.

Nous sommes de retour à la maison, Sophie et moi devons nous replonger dans l’étude de langue tamasheq. Bientôt, nous visiterons un village où nous irons camper pour s’immerger dans la langue sans autre choix de mots. Outre le village que Sophie a visité avec les équipes médicales, les autres villages étaient peuls, c’est-à-dire d’une autre langue, celle de ma collègue Lisa Rohrich.
J'ai mis quelques photos sur le site
  • Retour de clinique de brousse


  • À la prochaine
    Daniel

    14 janvier, 2007

    Ne partez pas sans broche à foin!

    Au retour de notre voyage en brousse, soit le premier de l'an, notre silencieux s'est brisé paar les secousses des nids de poules de la route. Les nids de poules de Montréal se classent bon deuxième à côté de ce que nous avons traversé.
    Au milieu de nulle part, nous avons défait une broche à foin qui tenait le ventillateur du moteur pour tenir le tuyau du silencieux qui trainait de tout son long sous la voiture.
    Au premier village, qui se nomme Yaya, le mécanicien a utilisé son lot de broche à foin pour rafistoler temporairement le tuyau et le silencieux.
    À notre arrivée à Niamey, j'ai visité le mécanicien qui a ressoudé le silencieux et qui m'a trouvé une attache en caoutchou pour tenir le tuyau. Quelques heures plus tard, je découvre qu'il n'a pas bien installé l'attache. J'ai dû le faire moi même.
    J'ai mis quelques photos sur le site
  • Ne partez pas sans broche à foin

  • La première photo c'est moi qui répare l'attache. La seconde est quand on a dû s'arrêter. La troisième est quand nous sommes allés loin en brousse. C'est derrière le 4X4. Ça montre le chemin que nous devant prendre, ou plutôt créer pour aller loin. Même loin de tout chemin, il y a des gens et Sophie arrive d'un village à deux heures de brousse comme cela. Elle était avec une équipe médicale. Ils ont traité en trois jours au moins 1000 personnes... perdus en brousse.
    Demain, c'est à mon tour de partir. Il paraît que c'est moins loin...
    On verra.

    Daniel

    12 janvier, 2007

    La Brousse, plaisir visuel


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    Originally uploaded by gzutem.
    La brousse
    Tout un plaisir esthétique.
    La brousse, comme plusieurs campagnes, fournit plusieurs beaux paysages. Sauf que je ne pense pas avoir un bon appareil pour rendre des paysages. Mais il n’y avait pas seulement les champs, les petits montérégiens et les arbres timides qui tentent de se tenir unis comme une forêt. Il y a aussi la lumière. La luminosité du Soleil qui est filtrée par la poussière, un peu comme ces jours nuageux et brillants à la fois, surtout en hiver. Lors d’une visite dans une maison de banco, qui a peu de fenêtres et qu’une porte, j’ai vu le rayon de lumière comme dans les toiles de Rembrandt. Sauf que j’avais des personnages orientaux devant moi comme dans les toiles de Delacroix.
    Je n’ai pas osé prendre de photos dans le foyer de ces gens, mais j’en garde la mémoire vive.

    Qu’est-ce qu’une maison de banco.
    Une maison fabriquée avec des briques de boue et de paille. Parfois il y a de la bouse dans les briques. Si les moyens le permettent, les murs sont recouverts de ciment comme le plâtre de chez nous autrefois. S’il y a encore plus de moyens, le ciment est recouvert de peinture, ce qui éclaircit la maison, mais ça brise l’effet Rembrandt que j’aime tant – quand je sais que je n’y reste pas trop longtemps.
    L’avantage du banco est qu’il garde la fraîcheur quand il fait chaud et la chaleur quand il fait froid. La maison dans laquelle nous avons dormi a des murs de banco : cinq pieds et demi de haut. La toiture est en sacs de jute recouvert de paille. Alors, la lumière filtre au travers et l’on aurait dit qu’il y avait une sorte de plafonnier. Sauf que le Soleil se couche vite ici. Même le mot « rapidement » est trop long à dire pour décrire les couchers de Soleil. Or, dans les maisons de banco, il fait noir quand il fait noir.


    J’ai trouvé la Grande Ourse, à trois heure du matin, en allant faire ce que vous avez deviné. Il faut regarder au loin vers l’horizon et vers le Nord. Alors que chez nous on lève la tête et la voilà. Pour l’étoile du Nord, elle était trop près de l’horizon, soit dans le nuage de poussière.
    Là où nous étions, aucune électricité, aucun néon, rien qui ne trouble la vision nocturne, sinon cette poussière atmosphérique.

    En pleine brousse, soit deux heures de chemin loin de la route, les gens habitent dans de véritables tentes nomades. Les quatre murs se relèvent et se rabaissent selon le besoin de lumière ou de protection contre le vent. La cuisine est toujours extérieure. Les Tamasheqs vivent de leur troupeau, donc ils boivent beaucoup de lait. Lait de vache, lait de chèvre, lait de chamelle. Mais là où il n’y a pas d’étable, il faut attraper la vache, la chèvre et la chamelle tout en la gardant tranquille le temps de la traire. De plus, il ne faut pas renverser le sceau de lait. Attention, le lait de chamelle est un médicament.

    Où sont les toilettes?
    Comme vous êtes indiscrets.

    Demain, Sophie retourne en brousse, à 6 heures de route, ou 300km. Il n’y a pas d’asphalte ni de terre battue. Nous avons une équipe médicale qui vient d’arriver et nous visiterons 4 villages en 3 semaines. La tâche de Sophie sera de faire un sondage de santé dans les maisons du village. Lundi, ce sera moi qui partirai vers un autre village.

    À plus tard.
    Daniel

    05 janvier, 2007

    Retour de Brousse

    La brousse nigérienne me paraissait, dans mon imaginaire et selon les récits que j’en entendais, comme notre campagne. Les similitudes sont là, c’est indéniable. Les grands espaces, les champs, les animaux d’élevage, etc.
    Maintenant, il faut remplacer tout ce qu’on sait qui n’est pas pareil. Exemple numéro un, les animaux. Il n’y a pas d’enclos, ils sont tous « lousse », mais il demeure en troupeau. Ajouter des chameaux parmi les variétés, mettez de grosses cornes aux vaches et éparpillez beaucoup de chèvres dans votre paysage imaginaire et vous vous approchez du Niger.
    Remplaçons aussi les arbres. Il n’y a pas de sapins ni de conifères ni de feuillus à grandes feuilles comme l’érable. Mettez-y des arbres à épines qui piquent jusqu’à crever des pneus. Je n’ai pas vu un arbre sans épines sauf ce qui ressemble à des palmiers.
    Le plus impressionnant a été pour nous de remplacer la neige, le brouillard et la poudrerie par de la poussière. Nous devons oublier notre petite idée de la poussière de maison avec les minous en dessous des lits. Je peux regarder le Soleil à midi comme je regarde la Lune à minuit. Il fait gris comme nos pires jours d’hiver. Et il y a un vent froid comme je n’ai pas cru rencontrer en Afrique.
    La poussière a inspiré un simili poète comme ceci :
    Ce pays,
    Ce n’est pas un pays
    C’est poussière!

    Lors du voyage de retour, nous avons roulé 700 km dans ce brouillard de poussière. Même les avions n'ont pas pu attérir à cause de la poussière - je le sais parce que quelqu'un devait arriver ce jour là.

    Nous entrons dans un mois très actif, c'est pourquoi je vais poursuivre cette description plus tard.
    En effet, ce mois-ci nous aurons des équipes médicales pour visiter des villages en brousse.
    Il y aura encore plus d'histoires.
    Il faut les vivre.
    Il faut les écrire.

    Daniel

    ET Nos Canadiens!

    J’ai enfin une liaison internet fiable à la maison.
    Quelle a été mon premier réflex? Vérifier le classement du hockey.
    Comme de fait, le même jour, mon ami David m’avise que le Canadiens fait bien.
    Dois-je le prendre personnel? Est-ce que mon départ du Québec y est pour quelque chose?
    C’est comme quand j’allais au Expos enfant. Il me semble qu’ils perdaient toujours lorsque j’étais là.
    Tant mieux pour vous!
    En autant que quelqu’un m’enregistre la finale de la coupe Stanley sur DVD avec le Canadiens.

    Daniel