26 mars, 2007

Nous dormons mieux dehors!


Voilà le changement de saison.
Il s'agit pour le Niger de l'hiver.
Nous avons vu les feuilles tombées.
Sauf que nous entrons dans l'anti-hiver: la saison sèche.
La chaleur a commencé à monter drastiquement. 43 à l'ombre, 36 dans la maison le jour, 31 tôt le matin. Dehors, il fait 28 le matin. Alors, nous montons la tente à chaque soir pour dormir dehors. Ah! si vous saviez le plaisir que nous retrouvons à se réveiller le frisson aux pieds. Ah! celui d'avoir besoin d'une couverture pour finir la nuit! Alors que dedans, il nous faut rouler et rouler pour trouver là où le lit n'est pas trempé de sueur. De plus, nous avons découvert qu'au repos, nous pouvons suer de la tête au point que l'oreiller est plus qu'humide, il est mouillé. Dans de pareilles conditions, notre réconfort est que tout sèche rapidement.
Pour revenir à la tente, je la défait à chaque matin pour ne pas qu'elle accumulle la chaleur du jour. Et à chaque soir, je la remonte avec les enfants volontaires.
Est-ce qu'il n'y a pas l'air climatisé chez nous? Oui depuis peu. Mais on entend que la facture d'électricité augmente beaucoup. Alors, pendant qu'il est possible de dormir dehors (car la chaleur deviendra telle qu'on ne sera plus bien même la nuit, on l'économise, et la tente, ça nous fait différent.

Priez quand même pour nous, car c'est fatiguant la chaleur.
Maintenant, nous devrions pouvoir nous concentrer totalement (sur la question du travail) à l'étude de la langue. Nous n'aurons pas d'équipe médicale pendant la saison sèche et notre patron a décidé de nous laisser concentrés sur la langue tamasheq.
Merci de vos prières! Notre Dieu entend!

Daniel

21 mars, 2007

Le village s'appelle Inates


Le village s'appelle Inates
Originally uploaded by gzutem.
Bon, on s'est décidé de vous raconter notre voyage familiale au village. C'est ici la version familiale et non médicale que vous lirez.
Vous pouvez voir une série de photos sur le site En brousse en famille
Il était une fois, une belle petite fille, tellement belle que tout le pays était sous son charm... Désolé, ce n'est pas la bonne histoire.
Samedi matin, le premier jour de vacance d'"hiver" des enfants, nous sommes partis vers le village d'Inates pour conduire une équipe médicale. C'est toute une aventure d'amener une famille à 300km de la maison quand il y a 100 km qui ne sont qu'une piste. Je pense aussi au voyage qu'on faisait à mon frère au Lac St-Jean, à 600 km et qui prenait 6 heures sans arrêter, mais en famille on arrête toujours. Là, ce n'est pas la même histoire. 5 heures de routes qui nous donne presque toutes les surfaces possibles, sauf ce qui contient de l'eau ou l'autoroute.
Les enfants, bien préparés, ont abordé le chemin de brousse comme un manège de la Ronde avec quelques agrément du Parc Safari. On a vu des chameaux, des ânes, des chèvres, des moutons. Antoine a même réussi à dormir, mais il faut spécifier que les gravol ont été nécessaire pour lui et Marianne afin de maintenir leurs estomacs à leur place.
Sur place, nous nous sommes installés, toutes l'équipe. On a pris possession des lieux. Pour nous, nous avions notre propre tente. Dans l'ensemble, nous avons bien dormi: deux nuits en tout qui ont été fraîche, autour de 15 degrés (déjà aujourd'hui, les nuits ne descendent pas en bas de 25 dehors et 30 dans la maison).
Élohise, Marianne et Antoine ont aidé Sophie à jouer avec les enfants du village. Ils ont fait des jeux qui tapent dans les mains, des jeux d'adresse, des chansons avec gestes, des jeux de mémoire, sauts à la corde. Toutefois, nos enfants pouvaient se réfugier dans un local vacant pour nous quand ils étaient las ou fatigués. Il faut compter qu'il y avait la chaleur et le Soleil avec le sable qui nous colle partout.
Nos enfants ont visité la marre, grosse comme un lac, sans ruisseau. C'est une flaque d'eau des dernières pluies qui dataient de 5 mois. Les villageois y fabriquent leurs briques de boue pour leur maison. Nos enfants y ont fabriqué de petites poteries.
À notre surprise, le dernier jour, il n'y avait presque plus d'enfants qui venaient. Nous n'avions plus la notion du temps, mais c'était lundi et le vilage a son école primaire et la majorité y était. On les a tous vu à la récréation de 10h.
Sophie leur appris une chanson de Passe-Partout: tête- épaule--genoux--orteils, genoux --orteils...qu'elle a traduit en tamasheq: eraf- izeran --iffadane--chinchawan...
On espère bien refaire des expéditions comme cela, plus proche peut-être (ce qui veut dire moins de route d'asphalte, mais autant de piste de brousse). Quand cela viendra, on vous le contera.
Est-ce que les enfants ont mangé? Assez, avec la surprise d'avoir quelqu'un qui n'aime pas le riz de la maison, aimer le riz à l'Africaine des cuisinières! Sauf que nous avions apporté des extras que les docteurs n'ont pas eu: biscuits, muffins maison et compote de pomme.
PS. Mon informatrice m'apprend qu'elle a partagé, à mon insu, nos vives familiales avec les autres membres de l'équipe. L'esprit de famille africain.

Bye
Daniel, sous la supervision et avec l'approbation de Sophie!

17 mars, 2007

L'énorme carré de sable oblige


L'énorme carré de sable oblige
Originally uploaded by gzutem.
Pendant les vacances des enfants, nous nous sommes lever tôt pour aller déjeuner sur les dunes de sable. En effet, il y a des dunes à quelques kilomètres de la ville.
Ce n'est pas le désert, il y a des gens qui y habite près et il y a un peu de verdure, si peu.
Dans la fraîcheur relative de la matinée, nous nous sommes lever avant le Soleil. Le sable était encore frais et doux. Nous ne sommes pas restés assez longtemps pour en ressentir les épines de la chaleur quand il sonne 14h. Les enfants en ont profité pour faire des culbutes, des roulades et des fouilles. Pas de chateau, manque d'eau pour que ça colle.
De façon amusante, nous avons rencontré un Touareg avec son troupeau de vache. Nous avons conversé dans la gamme de mots que je connais déjà. Il se plaint qu'il n'y a plus de nourriture pour son bétail. L'Étrangeté de la rencontre vient du fait que ce n'est pas un secteur touareg. Il est peut-être le seul! Et Dieu nous a fait le rencontrer. Je souhaite y retourner et tenter de le revoir, car s'il est un vrai nomade, je pourais en apprendre sur leurs besoins, car nous aimerions travailler auprès d'eux.

Har azelian!

une craque dans le bleu


Malheureusement, je ne me suis pas inscrit assez vite en tant que Canadien à l'étranger pour pouvoir voter, et il semble que je vais manquer deux élections: Attention, je n'ai pas écris I will miss two elections comme si elles vont me manquer.
J'essaie de suivre un peu de nouvelles sur internet et elles ne disent rien de nouveau sauf les sondages qui changent de jour en jour.
J'ai entendu les échos du débats et j'ai ri quand j'ai entendu Boisclair réclamé une réponse de Dumont. En effet, je l'ai entendu répondre à un interview à la radio de RFI ici même, alors, c'était moi qui criait: réponds à la question. Car, il faut le dire, il patinait beaucoup à un débit lent et ennuyeux.
Malgré que là où je suis il fait chaud, très chaud, je réfléchis sur la politique et il m'est venu un caillou dans mon pare-brise nationaliste. En effet, en travaillant avec des Canadiens, j'ai constaté que je ne suis pas moins Canadien et que je ne voudrais pas céder ma canadiennité aux autres seuls.
En projetant mon sentiment confu sur l'ensemble des électeurs référendaires passés et potentiellement futurs, j'ai compris que les Québécois ne veulent pas la séparation du Québec. Il veulent et se sentent profondément Canadiens. Toutefois, si la question leur était posé, à savoir "voulez-vous que le Québec demeure au sein du Canada mais que les autres provinces deviennent un autre pays?", alors, le référendum serait gagnant. Est-ce que le PQ voudra essayer ma question. Elle a le mérite d'être claire, je crois?
Les enfants me demandent pour qui je prend. Mais dans votre cas, c'est le directeur général des élections qui vous le demande.
Aux urnes citoyens!

Daniel

07 mars, 2007

Dans la clinique


Dans la clinique
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Rien ne nous semble plus pénible que d’allier à la clinique ou à l’urgence. Personne n’envisage se présenter chez le docteur pour le plaisir. En brousse, c’est un peu pareil, sauf que l’occasion se présente rarement. Alors, si une femme a eu mal il y a deux mois et qu’elle aurait aimé voir le docteur, elle viendra aujourd’hui en voir, même si le mal n’est plus. Même chose pour un homme.
Comment travaillons-nous? Nous devons d’abord trouver un village qui n’est pas servi par les services de santé nationaux, c’est une exigence gouvernementale. C’est une question de ne pas voler la job des travailleurs de la santé. Ces villages se trouvent par nos contacts dans le pays avec différents organismes ou amis.
Avant l’arrivée de nos professionnels canadiens, nous préparons nos équipements et médicaments. Nous devons d’ailleurs apporter notre eau filtrée de la maison pour boire, surtout pour nos Canadiens de passage que nous ne voulons pas exposer à des bactéries. Toutefois, pour la cuisson, le village nous approvisionne en eau de puit. Cette eau sera bouillie de toute façon. Au dernier village, il y avait de l’eau plutôt boueuse pour le lavage de vaisselle et de douche. Les villageois la buvaient. Mais il y avait une grande quantité de sable dedans. Nous ne pouvions pas voir le fond du contenant.

Les futurs patients doivent passer au triage, vous savez ce petit local de l’hôpital où on nous appelle et où on voit une infirmière qui juge de la gravité de notre cas (si vous avez des enfants malades, c’est le lieu où il saute et courent partout et où la fièvre des 3 derniers jours a disparu). Eh bien, nous devons avoir une infirmière qui évalue, du mieux qu’elle peut, avec un traducteur, qui a le plus besoin de soin. Ce rôle est difficile car il relève de l’arbitraire et des apparences. De plus, tous croient qu’ils peuvent être en meilleure santé et que les chances d’avoir des médicaments, même avec des services de santé officiels, sont faibles. Parfois, le stock de médicament est vide, malgré la présence d’une infirmière dans le village.
Les deux derniers villages que nous venons de faire, nous avions prévenu les chefs que nous ne voulions voir que les vrais malades, disons, vraiment malades. Ainsi, les gens étaient prévenus que nous ne faisions pas une distribution automatique de médicaments. Alors le flot de gens était moins imposant. Il faut tout de même dire non, surtout à des jeunes hommes forts qui se plaignent de maux mineurs.

Après être passé au triage, les patients doivent payer. Un dollar par adulte, cinquante cent les enfants de plus de 5 ans., sinon grattuit Malgré que nos médecins soient bénévoles et qu’ils paient leurs dépenses, le Ministère des ONG demande que les soins ne soient pas gratuits : compétition oblige. Toutefois, nous sommes engagés envers le village de retourner l’argent sous forme de projet de santé ou d’éducation, selon la demande du village.

Quand leur tour arrive, les patients se dirigent vers la salle des docteurs, parfois une case en paille, parfois une maison, parfois dehors à l’ombre. Chaque docteur a un traducteur. Toute la consultation passe par le traducteur. Les traducteurs sont amenés par nous et ils ne sont pas attachés aux villages de sorte que les patients perçoivent un certain degré de confidentialité.

Après les docteurs, il y a la pharmacie, où encore il faut de la traduction pour bien s’assurer que les patients comprennent comment prendre les médicaments. Dans notre dernier voyage, les médecins faisaient eux-mêmes la pharmacie, faute de personnel. Nous avions deux infirmières, une au triage et l’autre pour assister les docteurs (faire des pansements, des tests sanguins et préparer des médicaments).

Moi, j’avais le job de superviser les opérations. Je m’assurais que le triage n’envoyait pas trop, ni trop peu, de patients, que les cuisinières ne manquent de rien, vider la bécosse, prévoir la pause-café, synchroniser les repas avec la fin des cliniques et vice-versa.

Est-ce que j’oublie quelque chose? Pas consciemment. Si vous avez des questions, osez. Mais je ne connais pas vraiment la nature des bobos soignés.

Ah oui! Le soir nous projetions un film de la vie de Jésus traduit dans leur langue. Pour certain village, c’est une rare occasion de voir un film. Le matin, on se levait avant 7h et si on est résistant, le film se terminait vers 22h. Ce n’est pas parce que je connais la fin du film que je dormais avant la fin. Fatigue oblige.

Har Assarat (à plus tard)
Daniel