28 mai, 2007

L’Enfer et l’Humidex

L’Enfer et l’Humidex


N’y a-t-il jamais quelqu’un qui a pensé développer l’idée théologique voulant que l’Enfer soit humide? Juste un peu.
Il y a plusieurs années, je me suis tourné vers Jésus-Christ pour éviter d’aller en Enfer. Convaincu, aujourd’hui, de l’amour de Dieu et que Jésus mort et ressuscité est la preuve de cet amour, alors je ne crains plus d’aller en Enfer. Je le souhaite aussi à tous de trouver ce chemin et cette paix.
À cet effet, un homme m’a défié un jour en disant : « Si tu pouvais aller en Enfer pour sauver des âmes, comme Hercules et Orphée, le ferais-tu? Comment dire non? Qu’y a-il à craindre de dire oui, je m’imaginais que j’en aurais le pouvoir et le secours de Dieu pour entrer des ces lieux infernaux et incandescents, comme un pompier armé de ses boyaux d’eau raccordés aux bornes fontaines qui ne craint pas de manquer d’eau. Je ne pensais pas que j’irais en Enfer de mon vivant même après avoir entendu que « le Niger est le début de la fin du monde » ou qu’il « y fait plus chaud qu’en Enfer! »
Sauf que lorsque j’ai lu mon thermomètre au Soleil (voir la photo) et que j’ai consulté le site la Climatologie, j’ai constaté que j’y suis. Pour vous amuser, aller sur le site et calculer le facteur humidex. Pour vous aider, le thermomètre indique 42 Celsius et 58% d’humidité.
Toutefois, je suis en Enfer sans les muscles d’Hercules et sans les talents musicaux et somnifères d’Orphée. Seulement, j’ai en moi un trésor, une force spirituelle, la présence même du Saint-Esprit par la foi.

Vases d’argile et source d’eau


Mais il ne faut pas se tromper, ni moi ni Sophie ne sommes des superhéros. Nous ne sommes que des vases d’argile et fragiles. Alors, regardez à nouveau cette photo, la jarre à la gauche s’appelle un canari. Nous sommes semblables à cela. Or, ce qui est époustouflant avec ces vases, l’eau devient fraîche après plusieurs heures, au point qu’avec le contraste de température, on la ressent frette.
Nous ne trouvons pas cela facile le Niger en ce temps-ci, qui n’est tout de même pas encore l’Enfer, vous l’aurez compris, et si vous priez avec nous, on passera mieux au travers et l’on assurera d’apporter de l’eau fraîche à ce peuple du Niger. Car, Jésus a dit : « Pierre, sur cette pierre je bâtirai mon église et les portes de l’Enfer ne prévaudront pas contre elle ».

22 mai, 2007

Goûter moi cela?




Depuis que nous sommes au Niger, nous avons fait quelques erreurs.
Or, des erreurs culturelles, ce n'est pas facile à découvrir et cela influencer vos relations pour un bon bout de temps.
Par exemple, comment vous sentiriez-vous si, lorsque vous invitez quelqu'un à souper, vous lui servez son assiette généreusement et qu'il prend une bouchée et qu'il vous dit merci: "c'est délicieux, mais je suis rassasié"
Seriez-vous choqués comme moi?
Mais comment votre invité saura que vous êtes choqué? Et comment est-ce qu'il pourra comprendre son erreur? Sauf si vous êtes prévenu, vous ne penserez pas de lui expliquer gentiment. Non, moi j'aurais pensé, il n'aime pas mon repas, ni ma cuisine et s'ilfait parti d'une classe sociale supérieure, je penserais qu'il me méprise.
Eh bien, c'est à peu près cela que nous avons fait et que nous avons projeté déjà, avant de comprendre qu'une bonne partie de l'Afrique pense la nourriture et les repas à l'opposé de nous.
- Fini ton assiette!
J'ai entendu et j'ai dit ça souvent, étant enfant et à mes enfants. On apprend jeune à ne pas gaspiller la nourriture ni à jouer avec.
- Ici au Niger, finir son plat c'est dire que notre hôte ne nous a pas assez donné. Il pense qu'on a peut-être encore faim.
De plus, Il n'y a pas de difficile ni de dédain. Chez nous, nous avons chacun notre assiette et personne ne va manger nos restes sinon un parent ou un chien. Au Niger, le plat est commun pour tous. Alors, ce que l'un ne mange pas, l'autre le mange.
- Mieux vaut dire qu'on a pas faim que de gaspiller de la nourriture qu'on n'aimera pas. N'est-ce pas? Alors, il nous est arrivé de refuser de goûter, idée que le plat sera gaspillé après. Quand on visite des pauvres, cette image est forte dans notre tête. Surtout quand on a grandi avec la phrase: "Pense au p'tit Éthiopiens qui crèvent de faim".

Un jour cette idée m'a déchiré l'appétit, après avoir appris que je ne devais plus refuser de la nourriture, on m'offre un plat, il est tard, les repas sont terminés, mais on m'offre une portion du souper, qui allait devenir le déjeuner du lendemain. [Vous aurez compris ce que j'ignorais, on m'a offert des restes! Mais ici, cette notion n'existe pas.] Je me retrouve avec un bon bol dans les mains avec une cuillère et je mange. À la moitié du plat, moi qui suis en mode "fini ton assiette", je prend conscience que mes hôtes sont pauvres. Heureusement, j'ai pu leur posé une question sensible: " vous, est-ce qu'il faut finir son plat?" Mange à ta fin, qu'on m'a répondu.
J'ai compris en partie alors.

La famille et moi faisons encore des erreurs dont nous ignorons que nous les faisons. Il y en a des drôles, il y en a des sérieuses, sans être fatales, elles peuvent devenir tristes.
Or, nous travaillons, en même temps qu'on apprend la langue, à apprendre ce qui ne se dit pas et qui ne se réfléchit pas quand on a grandi dedans.

Salut
Daniel

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Commentaire:

La famille Marineau a dit...
Daniel a oublié de mentionner que la politesse chez nos hotes est de prendre a moins une bouchée, si on a pas faim ou que la nouriture ne semble pas appétissante. Et si c'est de l'eau sale (boueuse) ou un repas qui se boit comme la bouillie, il faudra faire semblant de prendre au moins une gorgée et dire que c'est bon (rassasiée).

Sophie

11 mai, 2007

Le clan Paneton,


Nous sommes deux mois avant le premier juillet et je pense à vous.
Ici aussi on déménage. Voici le déménagement de Moussa, un guide qui nous amène en brousse, chez sa grande soeur (car une soeur est soit plus grande ou plus petite).
Or, Il vient de déménager et fort de mon expérience, je l'ai aidé.
Malgré une centaine de déménagements dans le corps, j'ai dû réapprendre la logique.
En effet, Moussa est ce qu'on appelle un squatter. Alors, on déménage toute sa maison.

1er voyage: On a dabord chargé les objets personnels, dits les bagages.
2e voyage: la maison, la charpente de bois. Il faut comprendre des branches de bois.
2e1/2 voyage: Les ânes sont venus chercher tout les autres matériaux pour la maison. Tout est réutilisé, rien n'est jeté.
3e et dernier voyage: la main-d'oeuvre! Les femmes. Traditionnellement, se sont les femmes qui fabriquaient les tentes chez les Touaregs nomades. En fait, lorsqu'elle se marie, la femme apporte la tente dans son trousseau! Alors, un synonyme de marier est "faire maison". Sauf que la femme part avec la maison en cas de divorce, là c'est littérale. Les jeunes femmes qui ont grandi en ville n'ont plus cette coutume de faire les maisons, ce qui rend l'exercise plus étrange pour nous car on voit des vieilles femmes qui travaillent à planter les piquets des tentes et à tout attacher, ce avec des hommes vaillants qui se plaignent à mots couverts des exigeances féminines, souvent de la belle-maman.
Mais j'ai compris alors pourquoi, lorsque j'ai demandé à des hommes de fabriquer un abri pour mes gardiens, ils ont mal fait le travail, alors qu'ils sont eux-mêmes les gardiens qui vont en profiter. Je devais trouver leurs femmes!

Ceci fait parti des détails culturels que nous devons connaître et apprendre, seulement, il faut les vivre pour les percevoir. Mais encore, ce n'est pas absorbé dans le cerveau.

Nous avons dû quitter la famille de Moussa car nous devions rentrés avant l'arrivée des enfants de l'école, à la honte de Moussa qui n'a pas pu nous nourrir avant notre départ. Ce n'est pas la pizza, mais la coutume de nourrir notre gang de déménagement est mondiale.

Ciao!
Daniel

Si cela marche, cliquez sur le lien "quelques photos de nous" à gauche et il y aura plus d'images de ce déménagement.

08 mai, 2007

Notre première pluie

Depuis belle lurette qu'on n'avait pas vu de la pluie, de la vraie!
C'était la fête à la maison.
Dabord, Mohammed est venu nous chercher pour nous montrer les gros nuages gris à l'horizon. "C'est comme cela au Canada?" Oui comme chez nous sauf qu'au-dessus de nos têtes, là où il n'y avait pas de nuage, la lumière était aveuglante.
Mais le temps que Sophie arrive, une sorte de nuage s'est levé du sol: la poussière et le sable. Vlan! la tempète de sable! À ce moment, tout se passe au loin. Le nuage couleur sable a rempli le ciel au complet, il n'y avait plus de nuages gris visibles.
Au cas où la pluie tombe sur nous, les enfants étaient allés mettre leurs costumes de bain!
Mais, le nuage de sable n'a pas d'eau, comme son nom le dit, il a du sable:
Il arrive sur nous!
Fermez vos bouches et serrez les dents.
Oups! trop tard pour les yeux!
La lumière du ciel est toute orangée, le ciel est bas comme dans une tempète de neige, sauf que tout est orange, rien n'est blanc.
Tous les planchers sont recouverts d'une couche de sable,
pas de neige.
Heureusement, le balai suffit.
On n'a pas besoin de pelle, de gratte ou de souffleuse.

Après les bourrasques de sable, l'eau est venue. Assez pour faire plaisir à notre âme canadienne et pour exciter les enfants. Mais, surtout, avec la pluie vient le vent de fraîcheur et mouillés, nous avions froid. La fraîcheur est restée toute la nuit, on a dormi sans clim et au matin, nous avions un joli petit 26 degrés sur le thermomêtre. Mignon n'est-ce pas!
Les enfants ont sauté sur la trampoline et se sont roulés dans la boue.

Au matin, en dépit du 26, on a commencé à sentir l'humidité monter du sol. Rien d'aussi pire que la Martinique, mais un vrai Montréal de juillet.

Toutes mes photos de la pluie sont floues. Mais si je réussi à mettre mon petit vidéo sur l'internet, je vous l'annonce.

Daniel