31 juillet, 2007

L'aventure reprends

Je me rappelle de mes cours de conduite chez Technic et de quoi faire en cas d'urgence. À toutes les circonstances, il y avait deux réactions répétitives:
1- Ne paniquez pas
2- Mettez vos feux de hazard
Ce même quand on tombe dans un lac et que la voiture coule.

Pour nous, nous avons passé quelques semaines d'apprentissage de langue tamasheq à la maison, baignés par la lumière du Soleil sur notre terrasse, imbibés d'humidité lourde et portés à la température ambiante de 37 degrés à l'ombre. Même notre terrasse, quand elle est à l'ombre, elle nous éblouit de lumière tant la céramique est blanche.
Tout cela pour dire qu'on a été tranquille! Tout cela pour insinuer que c'était ennuyeux même. Et je dois ajouter que c'est là que nous avons le plus souffert de découragement. Heureusement, depuis les pluies un peu plus régulière et les nuages qui nous couvrent ce Soleil insistant, nous avons repris des forces morales - et il y a les vacances dans 10 jours aussi - et nous avons planifié d'aller camper en brousse chez nos amis nomades. Mais avant de s'improviser comme cela, nous voulions faire une visite de courtoisie pour s'assurer qu'ils étaient d'accord.

C'est cette journée de lundi passé que je voulais vous parler. Une journée de leçons que nous devions apprendre.
Nous avons trouvé leur campement d'été un peu plus loin, là où il y a une marre de pluie. Une marre de pluie est une sorte de lac artificiel formé à la saison des pluies et qui est aussi grand que la nature le permet. Peu à peu après, il diminue et les nomades changent de lieu. Parce que la saison des pluies est celle qui est tranquille pour les bergers, car il y a de l'eau et de l'herbe pour le bétail, il appelle cela l'hivernage. Ils peuvent resté assis et guetter du coin de l'oeil les animaux, alors que dans les autres saisons, ils doivent puiser de l'eau pour les animaux et chercher les lieux de pâturage.

Toujours est-il que nous avons passé une bonne journée et les gens seront heureux de nous avoir dans leur voisinage de temps en temps.
Sauf que nous sommes revenus alors que la nuit tombait. Nous n'étions qu'à une demi-heure de la ville. La nuit est tombée et la voiture aussi: en panne! Maintenant je comprends qu'il s'agit de problème de pompe ou de filtre à essence. Une vieille voiture quoi!
J'avais un GPS, c'est pourquoi je ne craignais pas la nuit. Alors, je pouvais connaître toutes les coordonnées de l'endroit où nous étions en panne, mais je n'étais pas perdu, j'étais en panne! Mon guide était avec nous aussi, car il est celui qui nous introduit chez les gens, surtout. Alors, il faut contacter quelqu'un et lui faire trouver le chemin où nous sommes.
Vive la technologie, le Niger est parsemé d'antenne cellulaire et j'ai un téléphone: patate! la batterie meurt. Elle ne peut pas supporter plus de 15 secondes de jasette à la fois: il faut parler vite. J'envoie un texte SMS. Par un tour de passe-passe compliqué, mon collègue Ace trouve le père de mon guide qui en 15 secondes reçoit les indications de son fils qui est avec moi. Mes filles sont sur le toit de la voiture. Elles guettent les phares d'une voiture après avoir admiré les étoiles, la Grande Ourse et un satellite ou deux qui servent peut-être à notre GPS.
Motadyne! que je m'exclame quand on voit arriver mon brave collègue au bout de la piste, car ce n'est qu'une piste de sable. (motadyne: "voilà la voiture" selon notre dictionnaire tamasheq).

Nous sommes revenus et j'ai réussi à faire avancer la voiture titrainvaloin et elle attend le mécanicien pour demain, car aujourd'hui il y a eu beaucoup de pluie et il ne se passe pas grand chose quand il pleut.

Est-ce fini? Non, cela nous a crinqué. Fort de nos nouvelles leçons, nous sommes mieux en forme pour bouger qu'assis sur notre terrasse. Si la voiture est prête, nous retournerons camper jeudi jusqu'à samedi. Et samedi, nous aurons un mariage touareg où il y aura plusieurs musiciens et d'excellents guitaristes.

Est-ce tout?
Non. J'ai appris une leçon plus importante. L'eau c'est la vie "Aman Iman". Or l'eau de la marre que les gens boivent n'est pas très propre. Alors, j'avais apporté notre réserve d'eau. Mais, je ne l'ai pas surveillée. Or, à mon insu, je n'en avais plus. Des gens se sont servis. Pour eux ce n'est pas une question puisqu'ils boivent toutes les eaux, celle-là ou une autre. Mais pour nous, c'était la seule et on en a manqué. Alors, tout ce que je viens de raconter, on l'a vécu avec une soif terrible. Comme Élohise a écrit à ses amies:"J'espère que vous n'aurez jamais autant soif".

Daniel

Vous pouvez visiter le site de mon collègue dont l'adresse se trouve dans la colonne de liens, à gauche ou à droite. http://www.lescheung.blogspot.com

22 juillet, 2007

Deux pluies, trois jours! Enfin!

Nous recevons notre deuxième pluie en trois jours, c'est notre première fois. En générale, il a toujours fallu attendre 10 jours entre les pluies et sentir l'humidité augmentée progressivement.
Vlan! Il fait 25 degrés dans la maison.
Dehors, on porte des manches longues.
Ça fait du bien.
Du bien pour le corps, mais aussi pour le moral. En effet, je doutais vraiment que la pluie et la fraîcheur pouvait existées encore au Niger. Travailler, apprendre une langue, visiter des gens, faire des achats aux marchés sous la chaleur humide sont tous pénibles et lourds avec ce Soleil de plomb. Je pense à l'expression: "Tous sous un même Soleil", seulement, au Niger, il tape plus verticalement dans haut, droit sur le crâne, dont le mien est un peu trop dégarni. Je n'ai presque plus peur de recevoir un piano à queue ou une enclume sur la tête comme dans les cartoons.
Alors, quand il pleut comme cela, je sens que je reprends courage par les pores de la peaux.
Je constate aussi, la merveille de Dieu qui nous a créé ainsi, à la fois faibles et résistants. D'une part, pour les habituer du pays, cette saison n'est pas la plus pénible... Ils la vivent comme nous vivons l'hiver. Comme pour moi, l'hiver n'est pas la pire saison comparée à l'automne et à sa pluie glaciale qui pénètre les vêtements jusqu'aux os. Ainsi, pour les Nigériens, le mois de mai est pire que le début juillet. Peut-être que je m'habituerai aussi. D'autre part, Dieu nous donne l'espérance, la capacité de se voir dans l'avenir selon des données connues, dont celle de savoir que le climat changera, ou celle que s'est promesse se réaliseront, telle que la vie éternelle.
Quand je pense à mon travail au Niger pour le développement, je considère que ma tâche est de rendre les gens capable d'espérer, de se projeter dans l'avenir pour pouvoir modifier leur comportements et leurs habitudes en vue de sortir de la misère. Car, dans la misère, il est difficile de se voir, de façon réaliste, hors de celle-là. D'où, moi aussi, j'ai besoin de cette espérance chrétienne pour croire que le monde peut changer, comme Christ est mort et ressuscité pour transformer le coeur de l'homme, transformer nos sociétés. Mais ce ne sera jamais complet avant qu'il ne soit revenu.
Comme la pluie, il reviendra!

Daniel

10 juillet, 2007

"Porteur de nuit"

Je viens de prendre une marche dans les rues autour de chez moi. Il est 22h36 et il fait noir, très noir. J'ai pris conscience des détails pour pouvoir en donner une description avant que tous soient rendus trop normal pour nous.
La rue est en sable, je marche en gougoune. J'ai toujours du sable sous les pieds, je secoue mes gougounes sans cesse.
Je vois les étoiles assez bien, même la Grande Ourse, mais l'étoile polaire est trop basse à l'horizon du nord.
La rue n'est éclairée que sporadiquement par des néons et des lumières des maisons le long des murs. En effet, toutes les maisons sont entourées de murs, il n'y a pas de clôtures. Des murs de ciment.
Devant les portails il y a parfois des gardiens tapis dans le noir: Bonsoir, ça va? Ça va!
Il y a un tableau noir sous un néon. Deux jeunes adolescents semblent pratiquer des exercices de mathématiques.
Devant une maison assez cossue, le propriétaire a posé quelques chaises devant son portail et il s'entretient avec des amis, je suppose. Il n'y a que des hommes. De la même maison, une télé est sortie dans la rue et des enfants et des plus vieux s'agglutinent devant le petit écran.
Est-ce qu'il fait chaud? Oui. Combien? Je ne compte pas. Il y a une petite brise, elle, je la compte.
Il y a des tabliers. Un mot amusant pour définir les gens qui ont une table sur laquelle il vendent des petits trucs: sucre, bonbons, thé, allumettes, savons, cigarettes, etc, selon la grandeur de la table.
Je suis revenu chez moi. Tout est assez banal. Les rues sont paisibles, pas l'ombre d'une menace dans mon quartier. Il reste que mon gardien s'est fait voler sa chaise en plein jour, c'est bien pour dire!

En Tamasheq, quelqu'un qui marche pendant la nuit est appelé un "porteur de nuit". Traditionnellement, c'est pour un courtisan qui va rendre visite à sa blonde.

Daniel

08 juillet, 2007

S'asseoir par terre

Depuis quelques semaines, mais épisodiquement depuis quelques mois, j'ai mal dans les épaules. Un étrange mal, musculaire et postural. J'ai mal dans le creux des épaules. J'essaie de faire des exercices régulièrement, mais c'est le régulièrement qui manque...
J'ai une hypothèse quant à l'origine de mon mal.
S'asseoir par terre.
Ça m'a paru banal au début, mais nous sommes d'un monde de chaise. Or nos dos, accotés, éffoirés, sur nos chaises n'ont pas développé les muscles pour rester droit. Alors, je m'accote sur une main, sur un coude et voilà l'épaule qui relève et qui travaille comme elle n'a jamais travaillé avant.

Alors, je propose une campagne de sensibilisation pour la CSST, en vue de prévenir plusieurs maux de dos: Dès la garderie, apprenez aux enfants à s'asseoir par terre, droit. À bas les chaises au nom de la santé publique. Il faut ajouter le fait de porter ses paquets et ses sacs sur la tête, car ça ne fait pas forcer le dos de la même façon...

Je suis épaté par plusieurs petites différences comme avoir une chaise ou ne pas l'avoir inventé comme source d'impact dans tout le cour d'une vie, du corps et de la société.

Daniel

PS, il pleut un peu plus et la température se rafraîchit: 24 quand il pleut.

03 juillet, 2007

Ça viendra!


Ça viendra!
Originally uploaded by gzutem
Il y a une quantité de choses qui, quand on ne les a pas encore vécues, on croit qu'elles ne changeront jamais, ou qu'elles n'aboutiront pas. Tout comme mes filles. Elles sont nées avec presque aucun cheveux. À un an, je croyais qu'elles n'auraient jamais de longs cheveux...
C'est la même chose avec la chaleur et la pluie. On a cru que la pluie n'arriverait jamais et que la chaleur resterait incrustée pour toujours.
Il fait toujours chaud et il y a peu de pluie, mais la fraîcheur a percé un chemin et on peut dormir sans climatisation. Heureusement, car elle est défectueuse.
Mais vraiment, la fraîcheur - c'est Antoine qui se plaignait que l'eau de la douche était froide - nous redonne du courage.
Ouf!
Ça fait du bien!

Daniel

02 juillet, 2007

La saison des mariages

Cet fin de semaine, j'ai vécu un enterrement et trois mariages.
Le deuil est presque le deuil partout, personne n'y est habituée, même pas les Africains. Seulement, avec la chaleur, on ne peut pas faire retarder l'enterrement.
Mais pour le mariage, beaucoup plus heureux et plus différent. D'abord, en l'absence des principaux amoureux, les familles négocient la dot que l'homme doit donner aux beaux-parents, la dot qui servira à composer le trousseau de la femme, en partie. L'autre partie est distribuée entre le père et les oncles de la mariée. Ensuite, un religieux musulman fait une prière qui attache les époux absents.
Après, après quelques jours parfois, la famille de l'homme va chercher la mariée. L'époux attend à la maison. J'attendais chez la bien-aimée et vlan! 6 motos et trois voitures et un camion de livraison, tous bondés de gens de la famille et amis du marié. La famille de la femme refuse de la laisser partir, alors, les familles renégocient son départ - tout est déjà convenu...
On embarque le trousseau, toujours un lit inclus. Et le cortège repart vers la maison du marié.
C'est les cris de joie, les turlututements.
On conduit la femme jusqu'à la porte même de la maison et elle est cachée sous un drap - tout est convenu.
Tous veulent entrer dans la chambre et voir les deux tourtereaux se regarder et peut-être sourire, sinon s'embrasser pudiquement. Puis on nous chasse de la maison. Seule les jeunes non mariés flânent, question de faire connaissances et de provoquer le même cérémonial.

Seulement, j'ai appris que je suis populaire et invité pour les qualité de ma voiture. Disons qu'elle est invitée plus que moi. Si je viens en famille, je perds mes qualités...
Je pense à vendre la voiture, le temps d'une saison, celle des mariages, car les enterrements n'ont pas de saisons.

Daniel