15 décembre, 2007

Encore des surprises africaines

Hier j'ai été malade. Ce n'est plus vraiment une surprise: une sorte de gastro! Mais quelle désagréable surprise que d'être réveillé par cela.
Néanmoins, j'ai réparé mon robinet de cuisine qui fuyait. j'avais beau serré très fort, goutte, goutte, filet... Je change le joint de caoutchouc. Pareil. Le métal du robinet est érodé. Le joint n'est plus étanche. Il était neuf d'un an.
Mais dans mon opération d'investigation, j'ai constaté qu'une partie du robinet, là où se réunissent l'eau chaude et la froide, était en train de se boucher. Comme le cholestérol qui bouche les artères. Qu'est-ce qu'il y a là? De la boue, de la terre: surprise! Tout est nettoyé. Tout est réparé. Tout est revenu dans l'ordre dans l'évier. Et on continu de filtrer notre eau, au moins cela nous évite de boire du sable.

Ce matin, au lever, je sort le lait pour déjeuner. Je le verse dans les céréales. Il est en slosh. Mon frigo est au minimum. Il ne restait qu'un fond de lait. Je prends une bouteille d'eau du frigo pour préparer d'autre lait, car nous buvons du lait en poudre. Je le prépare avec de l'eau froide, comme cela le lait est tout de suite froid. Sauf que l'eau aussi est en slosh.
J'ai acheté un frigo tropicalisé, car nos frigos d'inuit ne fonctionnent pas bien au grandes températures. Mais est-ce que je m'attendais à ce que mon frigo gèle notre nourriture? Non. Pour dîner, on a mangé des sandwichs aux tomates gelées. Rafraîchissant au moins.
Je crois que mon problème vient de l'électricité. Il y a d'une part des chutes et des hausses de tension fréquentes. Sauf que je crois que j'ai un problème de mise à la terre. Je dois investiguer la maison demain. Aujourd'hui, c'était le frigo qui a été démonté et remonté.

Malheureusement, ce n'est pas tant les insectes, les lézards et la chaleur qui nous surprennent en Afrique. C'est la technologie: Eau courante et électricité.

Une bonne surprise, c'est que question insecte et lézard, le chat des enfants les chassent tous bien et il les mangent, même les grosses coquerelles, wasch! Dieu a très bien créé les animaux et la chaîne alimentaire.

Bon, à la prochaine surprise.
Daniel

11 décembre, 2007

Surprises du jour, surprises africaine!

Aujourd'hui, j'ai eu deux expériences, particulières à ici tout de même.

J'ai été au bureau de poste pour envoyer des lettres. Le tarif a augmenté depuis le mois de juin. Il a quadruplé!. Il m'a coûté 4$ pour envoyer une carte de Noël ordinaire. J'avais de grandes enveloppes que pesaient 100g et elles m'auraient coûté 20$. Celle de 124g, 42$.
C'est une explosion de prix.
Malheureusement, nous avons dû réévaluer notre usage de la poste timbrée.
Heureusement, il y a l'internet!

Ce matin, j'ai fait des courses dans une des épiceries de Niamey. Chez nous, ce serait un dépanneur. J'ai choisi des soupes de nouilles chinoises comme les Ramen à 4ou 3 pour 1$ chez Dollarama. J'ai payé 250 Fcfa, soit 50¢, raisonnable, n'est-ce pas? J'ai oublié d'appliquer le conseil numéro un que je donne à toute personne qui va dans nos épiceries: "surveille les dates d'expiration".
Qui penserait de vérifier la date des nouilles presque éternelles chinoises?
Pendant que j'écris, je viens d'aller voir la date. Il y en a une: 13-06-08. Alors, même si je l'avais vérifié, ç'aurait rien changé, fiou!
Or, à midi, je fais une super soupe chinoise avec ma nouvelle acquisition.
J'ouvre 2 sachets. Étrange odeur de renfermer. Ce parfum me semble familier, mais je n'arrive pas à l'identifier.
Je fais la soupe quand même.
La soupe est prête et sur la table et elle exhale le même poison.
Je connais cet odeur, et j'ai le doute que ce soit une épice quelconque ou que ce soit comme ces fameux fromage si délicieux au palais et si répugnant au nez.
Perplexe, j'y goûte.
Je suis encore là pour vous l'écrire... Mais que me reste-il de bon sens?
La cave humide, le sous-basement infiltré d'eau et sans aération. La soupe était comme ce jus de tapis imbibé qui mouille nos bas quand on s'y aventure sans préoccupation.

Tout m'est revenu à la mémoire, la cave de la rue St-Just de mes six ans, où on pouvait trouver des souris ou des rats morts, jusqu'au centaine de cave que j'ai sillonné avec des fils de systèmes d'alarme, à plat ventre, en comptant notre cave de Vaudreuil pendant les hivers trop chauds qui laissait l'eau s'infiltrer par des trous invisibles. Tous ces souvenirs en formule déshydratée et emballée.

Ceci pourrait arriver au Québec. Peut-être.
Je ne vous le souhaite pas.

Sophie a fait une bonne soupe maison pour le souper. Elle a effacé toutes les traces de la précédente.

Bye
Daniel

06 décembre, 2007

L'homme qui me dit "Bonjour"!

Je suis souvent sur les chemins de Niamey pour amener les enfants à l’école, pour faire des courses ou pour remplir des démarches administratives. Étrangement, je croise très souvent un Pick-up blanc avec une grande boîte aussi blanche que le camion. Le conducteur me salue toujours avec enthousiasme et un si grand sourire que je ne peux m’empêcher de penser que je le connais. Pourtant, je ne peux pas trouver dans ma mémoire ni où que se soit en moi et en dehors de moi qui il est. Je l’ai fait remarquer à Sophie, elle a vu le pick-up, l’homme, le sourire et le bonjour. Elle ne le reconnaît pas plus que moi.
Je croise cet homme et son pick-up blanc à divers endroits, plus d’une fois dans la journée. Je dois rester à la maison pour ne pas le voir. Il y a 300 pick-up blancs à Niamey, dont 102 avec des boîtes derrières, mais il n’y a que lui qui a une grille devant les phares combinés à la boîte blanche derrière.
Est-ce de la paranoïa?
Est-ce de la simple curiosité?
Qui est cet homme qui me dit « bonjour »?
Pourtant, la moitié des gens que je rencontre me saluent dans une journée. Surtout les jeunes, mais comme la population en bas de 15 ans fait plus de la moitié des habitants du Niger, ça fait beaucoup de « bonjours ».
Pour certain, me dire « Bonjour » est comme un défi entre enfants : As-tu le guts de lui dire « Bonjour »? Ce qui donne des assauts de bonjours surgissant et explosifs.
Pour d’autres, « Bonjour » est comme un mot magique qui frôle la loterie, la magie et la prière. Pris par surprise, ils se retournent avec soubresauts comme réveiller pendant le travail ou éberluer devant une apparition : « Anna-sarah Bonjour! » Anna-Sarah veut dire blanc dans la bouche des ces « bonjours », indépendamment de son étymologie arabe. J’aime bien Anna-Sarah, c’est poétique, c’est doux, un peu féminin. Je le compare à ceux qui me disent « Blanc Bonjour! » Alors le mot français est trop direct et franc, ce qui lui donne un caractère violent, raciste peut-être.
Les premières fois que les jeunes femmes se retournaient sur mon passage avec des yeux pétillants, comme si j’étais le prince charmant à cheval blanc et qu’elles tendaient la main en disant « Anna-Sarah Bonjour! », le Casanova en moi rivalisait avec le Don Juan, tout autant en moi, pour découvrir quelle partie de moi les charmaient. Or, la main tendue m’a rappelé rapidement que c’était le portefeuille.
De même, j’ai constaté que je me transformais plutôt en bête de foire pour les enfants quand ceux-ci courent vers ma voiture pour la taper en criant « Anna-Sarah Bonjour! » à répétition.
L’étrangeté atteint son comble quand les tout-petits enfants me saluent avec tant de joie et d’émerveillement alors qu’ils sont accroupis au bord de la rue pour faire ce que nous faisons dans la partie ½ de nos appartements 5 ½, 3 ½, etc.
Avec tous ces bonjours dans une journée, pourquoi m’inquiéter d’un homme, d’un pick-up blanc et de ses salutations joviales?

J’ai donc garé ma voiture au milieu de la rue pour l’arrêter, imaginairement...
Toujours aussi jovial, il me salue par mon nom. Stupéfait, je suis ambivalent : dois-je le frapper ou l’embrasser? Mais qui êtes-vous? Vous me pourchassez tous les jours (j’exagérai volontairement).
- Mais on se connaît très bien. On se voit à chaque jour.
- Je sais, sauf que je croise plein de voitures par jour et toutes ne me saluent pas par prétexte qu’on se voit à chaque jour.
- Tu ne me reconnais pas, qu’il me dit.
- Non! (Et ce n’est pas qu’ils se ressemblent tous, car je sais que nous nous ressemblons tous aussi.)
- Oh! Je suis le bonheur et la joie. Et chaque jour, je te croise, je te salue, je t’accompagne. Tu ne m’entends pas : Bonjour!

Bouche bée, j’ai libéré la voie publique, j’ai rétabli la circulation routière qui ne s’embouteille que lorsqu’il y a des pannes de voitures ou de lumières de signalisation.

Alors, à chaque jour que j’entends « Bonjour! », je ne peux m’empêcher de penser au bonheur et à la joie qui m’accompagne. Parfois visibles et ressentis en moi, d’autres fois, simplement harcelant. Il semble que certains jours, je ne suis pas disposé à être heureux, ces jours où je voudrais me concentrer sur des malheurs, des difficultés et des misères. Or, ce sont les plus miséreux qui me jettent avec tant de joie tous ces « Bonjours ». Alors, je constate et je reconnais, que le bonheur et la joie appartiennent à Dieu et à notre Seigneur Jésus-Christ. Comme la souffrance, la joie se vit par la foi. Il nous faut faire confiance à Dieu qu’il est avec nous dans cette joie au cœur de tant de malheurs et de misères. Il est juste d’être heureux en soi, même si on ne sait pas encore comment le partager.
Pour commencer : je dis « Bonjour »!
Et vous? Direz-vous « Bonjour » par la foi que Jésus est avec vous dans la souffrance et le bonheur.

Ciao!