03 février, 2008

Ayorou!


On a changé de chaise.
Voilà ma chère Sophie parti en Bus vers Ayorou pour la journée.
Elle a tiré des leçon de mes aventures. Elle a pris un bus où tu payes pour ta place et elle est réservée pour le retour, à la demande.
Elle n'est pas partie seule non plus. Elle est partie avec Élohise. En effet, Élohise aussi a commencé un cours de Tamasheq pour débutant. Ainsi, elles seront deux à pratiquer. Car aujourd'hui, dimanche, c'est jour de marché à Ayorou.
Elles sont allées à Ayorou aussi pour visiter la ville avec une amies américaines qui y habitent. Sophie et Élo y découvriront comment on y vit, sans électricité ni eau courante!

Pour moi, je suis paisible. Mes enfants s'amusent merveilleusement. La preuve, je peux écrire cette page. Marianne et Antoine viennent de faire une cabane dans leur chambre. Ce matin ils ont fait des châteaux de sable dans la cour. On a peut-être pas de bonhomme de neige, mais on a des château de sable, na na na!

On vient de passer quelques semaines avec des Canadiens qui nous ont aidé à démarrer nos projets de sensibilisation. Pour Sophie et moi, nous avons eu l'occasion de faire la connaissance d'un Touareg qui connait bien l'anglais et qui est scolarisé, de sorte qu'il nous aidera à apprendre sa langue grâce à une grammaire que nous avons trouvée en anglais.
Pendant ces deux dernières semaines, j'ai découvert aussi un besoin criant pour les pauvres du Niger, comme du monde entier: Un Budget familial. En effet, tous vivent sous une forme de crédit ou autre, mais personne n'a de cartes de crédit, fiou! Chaque petit boutiquier se distingue par sa capacité à faire crédit. Chaque client choisi son "dépanneur" selon qu'il lui fait crédit ou non. Mais, personne ne compte. Ils se jettent dans le vide. Or, faire un budget quand on gagne 100$ par mois, faire un budget peut faire une différence, une belle différence. Je commence à en toucher un mot avec mes amis. Mais, j'ai plus que le défi d'enseigner à compter. J'ai rencontré de la crainte et de l'incrédulité. Mieux vaut ne pas savoir...
Or le prix Nobel de la paix qui a démarré le micro crédit disait qu'il a dû convaincre les gens qu'ils étaient capables de réussir. Je vois le même défi, car s'ils ne comptent ni ne gèrent ce qu'ils ont, j'ai constaté qu'ils ne feront pas mieux avec plus d'argent. La devise semble être: Tant qu'il y en a de l'argent, on le dépense. Demain, on verra.

Autre nouvelle, que Sophie ne sait pas encore, la femme de mon gardien de jour a accouché cette nuit d'une petite fille et les deux vont bien.

Bye, j'attends Sophie et je lui fait écrire ce qui s'est passé pour elle et Élohise.

Daniel

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