08 mai, 2008

Le plus DIFFICILE au Niger!

Nous nous trouvons dans la saison chaude, une sorte d'anti-hiver.
Il fait chaud d'une chaleur à suer.
Je sue à boire debout,
car il tombe des clous de mon dos.
Il ne mouille pas,
pourtant je suis mouillé,
trempé à lavette!
Le Soleil est l'enclume des cartoons de Road Runner
Il tape fort
Fermez vos sécheuses, notre vent est tellement chaud!
Les vêtements sur la corde deviennent raides,
Même dans nos tiroirs, on peut mettre du Bounce.
Notre maison en ciment n'a pas assez de la nuit pour se refroidir,
au matin, on est mieux dehors.
Mais, ce n'est pas le plus difficile pour moi!

Non, le plus difficile pour moi est de lire un livre comme celui-ci:

L'Économie urbaine en Afrique

Ou comme African Friends and Money Matters.
Car ces deux livres me parlent de la logique africaine quant à l'argent. Ils me décrivent le point de vue culturel de beaucoup d'Africains sur le commerce, l'amitié et sur l'aide au développement. Or, ce point de vue est complètement étranger à nous, Occidentaux.
Là où cela m'est si difficile c'est quand je constate qu'ils n'ont pas nécessairement tors, que leur logique leur permet de survivre dans des pays dont le taux de chômage atteint 60%. Alors, je me dis que je suis obligé de respecter cela. Je dois intervenir dans le cadre de cette logique, et non pas contre elle.
Je la respecte d'autant plus que dans nombre de cas, elle respecte des commandements de Jésus-Christ sans que les Africains le sachent: Soyez hospitaliers, donne à celui qui te demande, ne lui refuse pas. Jette ton pain à la surface des eaux et tu le retrouveras, ne vous inquiétez pas du lendemain, il aura soin de lui même. Et je pourrais en ajouter beaucoup, des versets qui m'ont toujours été abstraits et utopiques, je les vois mis en application par des gens qui ne connaissent pas la Bible, mais qui garde ces coutumes et ces valeurs depuis des siècles.

Le plus difficile est de chercher à concevoir mon porte-feuille différemment, d'essayer la générosité. Le plus difficile est d'envisager l'aide au développement, non pas pour que le Niger deviennent une plaque tournante économique ou un membre du G8, mais comme un renforcement de leur logique d'entre-aide, d'interdépendance et de solidarité.
Depuis mon enfance, notre monde m'a appris à être indépendant, autonome. Les Nigériens ne peuvent survivre qu'en dépendants les uns des autres.
Je ne suis pas encore arrivé au Niger...

PS. Bien sûr qu'il y a des croches et des tordus, des parasites qui profitent du système. Et il y a les avares, les indépendants qui veulent que s'enrichir et garder tout les biens pour eux. Les Touaregs ont un mots pour "avare", mais ceux qui parlent français le traduisent par "méchant". Et oui, il y a des méchants Séraphin Poudrier ici aussi.

PPS, J'ai annoncé que nous déménagerions à Ayorou, mais j'ai trouvé un autre Tim Horton's à Tillabéry, alors on a changé de destination! j'y reviendrai. On cherche une maison en ce moment.

Daniel

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