25 octobre, 2008

Installés, enfin!

Enfin!
Enfin?
Non, plus ou moins, mais à tout le moins les grandes pièces sont faites dont notre cuisine exotique.
La cuisine de dehors
Je vous interdis de l'appeler notre "stand à patates" ou de commander un cornet de crème molle. Il s'agit d'une cuisine dans le plus noble, mais le plus étroit, du terme. Cette cuisine nous apporte l'avantage de ne pas réchauffer notre maison, notre lieu de vie. Elle n'est pas un lieu de réunion, même si notre habitude québécoise fait qu'on s'y retrouve en train de jaser d'une manière ou d'une autre. Dans la cuisine, il y fait toujours un peu plus chaud à cause du compresseur du frigo qui dégage toujours son effort énergétique. Un matin où il faisait frisquet et que j'avais eu les pieds gelés (ne riez pas de moi parce qu'il faisait 26° dans la maison), eh bien! la cuisine m'a fait l'effet d'une couette douillette pendant que je me préparais un café. Il est aussi avantageux le soir de réfléchir trois fois avant de se dire: "Ah! je mangerais bien quelque chose!"

Dans sa cuisine Voici Sophie dans son antre.

De l'autre côté, j'ai enfin fait faire un toit à notre terrasse. Elle n'est pas terminée parce qu'il me reste à y mettre du moustiquaire tout le tour. La difficulté à Tillabéri est que je n'ai pas accès à tous les matériaux. Alors, je dois attendre d'aller à Niamey pour tout acheter. Or, malgré mes dizaines de calepins de notes, j'arrive toujours à oublier une chose pour acheter. Mais, il faut l'admettre, dans le peu de temps que nous avons à Niamey, la priorité est toujours d'acheter des provisions qui se mangent.

Ma terrasse de l'intérieur

Pour vous montrer à quel point le monde est à l'envers, ou que nous sommes bouleversés par l'Afrique, j'ai fait ma couverture en prélart. Je devais installer du plastique pour rendre la couverture imperméable, or le plastique utilisé communément est juste un peu plus résistant qu'un sac Glad. Alors quand j'ai vu du beau prélart, à la grande surprise de mes ouvriers, j'ai sauté dessus. Quelle combat intérieur pour les Nigériens qui étaient à quelque chose d'inhabituelle. Comme je suis le patron, ils ne m'ont pas trop obstiné et comme je suis blanc, je peux être l'excentrique qui veut des beaux motifs sur son toit!

Ma terrasse ou mon pation

Pour la paille, j'ai eu le plaisir d'aller le marchander au village. Quelle joie, dans un village touareg. Donc avec des vendeuses qui se sont dilaté la rate en m'entendant, la discussion à été serrée. Mais j'ai été comptant d'entrer dans un village tout touareg. Je vais donc y retourner pour discuter avec le chef du village, le directeur d'école et les anciens pour y perfectionner mon tamashek, mais aussi pour évaluer les besoins dont je suis en mesure de rencontrer. Mes premières idées tournent autour de l'école, car les parents sont peu motivés à envoyer leur enfants. Une simple idée serait de promouvoir et de faire des activités pour que les enfants pratiquent le français, car ils ne le parlent ou ne l'entendent qu'en classe. Et/ou encore de faire de l'alphabétisation des petits enfants en leur langue pour qu'une fois qu'ils entrent en classe à 7 ans, ils connaissent et comprennent l'alphabet et la logique de la lecture. Mais pour moi, le plus important est de discuter avec les responsables, les mères aussi et le chef pour comprendre leurs soucis, leurs inquiétudes et leurs besoins.

Je vous laisse sur ces pensées

Daniel

22 octobre, 2008

Nos bibittes

Lors de mon dernier appel téléphonique avec ma mère, elle m'a demandé:"Vous êtes-vous débarrassés de vos bibittes?"

Il est vrai que nous en avons beaucoup. Moi, qui ne suis jamais allé à l'Insectarium, je suis bien servi ici. Déjà, en ce moment d'écriture, je reçois des insectes qui se font grillés sur mon néon au-dessus de ma tête.

Comme je n'ai pas trouvé de deux dollars, voici une coquerelle, comparée à 1 dollar, sous la surveillance de notre chat Caramel.
La coqurelle et Caramel

La famille de coquerelle habite notre fosse sceptique. À notre arrivée, les égouts de lavabo et de douche étaient mal bloqués, alors on en retrouvait à chaque soir. Le pire a été sous l'évier de la cuisine. J'ai bouché l'égout, mais elles s'étaient installées sous le meuble. À coup de gougounes sauvages, j'en ai écrasé beaucoup pour les envoyer mourir sous l'oeil placide du chat.

Mais nous trouvons des variétés fascinantes, telle cette mante-religieuse, qu'on ne voit qu'en documentaire habituellement. Un jour, je l'ai même vu attraper sa proie et la dévorer avec appétit.
La mante-religieuse

Le soulagement, ces temps-ci, est qu'il n'y a pas beaucoup de maringouins, donc moins de chance d'avoir le paludisme
À cela, s'ajoute une foule de criquets - sauterelles, de bibittes de la nuit, perce-oreilles (les mêmes que dans nos sous-sol) fourmis. Pour les enfants, le pire fléau est un chat qui vient terroriser notre pauvre Caramel, à qui nous ne permettons pas d'entrer dans la maison. À Niamey, il nous a fait trop souvent des dégâts.

bon appétit à tous
Daniel

16 octobre, 2008

La saison tourne la page

Il est toujours fascinant de voir les saisons passées au Niger.
Hier, il pleuvait, faisait chaud et humide.
Aujourd'hui, le vent sec souffle et la chaleur se supporte bien.

On a commencé à recevoir du matériel scolaire, tout n'y est pas encore, mais Antoine et Élohise peuvent poursuivre leur classe. Marianne travaille en attendant dans des livres d'école africains que nous avons acheté ici. Étrangement, le niveau du travail est plus exigeant dans les livres africains que dans ce que nous avons l'habitude. Ceci me suscite une question, à savoir, s'ils sont si exigeant aussi tôt envers les enfants, est-ce que ce ne serait pas un facteur de démotivation scolaire en Afrique? À voir.

Les enfants ont transformé la rue devant chez nous en véritable parc d'attraction, grâce à un ballon de soccer et d'une corde à danser. À tous les soirs, quand les enfants du quartier (et au-delà) ont terminé l'école, nos enfants sortent, Antoine avec son ballon pour jouer au soccer, Marianne et Élo avec une corde à danser pour sauter. Ce ne sont pas encore de vrais amis à notre définition, mais cela permet à nos enfants de ne pas être seuls.

Pour notre travail, j'explore les villages des alentours à la découverte du dialecte touareg de la région afin de nous adapter et de nous améliorer. En même temps, je me dois de découvrir la nouvelle réalité rurale qui n'est pas comme ce que j'ai connu en ville. De même, les gens ne se conçoivent pas pauvres de la même manière en campagne qu'en ville. Souvent ils ont des champs, des animaux, je dois le découvrir et les aider à améliorer leur qualité de vie.

ciao
Daniel

05 octobre, 2008

Rentrer chez soi

Me revoici à Tillaberi.
Après être resté une semaine et de s'y être installé, nous avons dû retourner à la capitale pour une semaine de conférence d'équipe. Une semaine à l'hôtel avec piscine et restaurant à chaque jour. C'est-tu pas beautiful? C'est-tu pas fantastic? Comme dirais Uncle Tom.
Et bien on a récolté des bactéries, des microbes ou des parasites, donnez-leur le nom que vous voulez, je vous l'accorde. Car le nom que vous trouverez rimera avec diarrhées, vomissements, nausées, irritations rectales, crampes. La joie quoi! Surtout à quelques degrés au-dessus de 30.
Ajoutez à cela que lorsque nous sommes rentrés à la maison, après une semaine, nous avions des locataires indésirables: coquerelles et criquets. Pas des milliers quand même, mais des dizaines.

La bonne nouvelle du jour est que le chat nous a suivi jusqu'à Tillaberi. Les enfants sont vraiment joyeux. Nous l'avions délaissé à l'ancienne maison depuis notre départ et lorsque nous sommes passés le prendre il nous attendait à grands miaulements.

Ce qui me désole avec la maladie, c'est que on ne fait rien. Déjà la chaleur nous écrase et nous ralentit. Quand on est malade, on ne fait rien. De plus, nous avons beaucoup perdu d'endurance dans notre pays. Je vois les Nigériens, ils sont aussi malades, ils ont la même température ambiante et ils endurent et ils font quelque chose (s'il y a quelque chose à faire). Remarquez que si un Nigérien vient au Québec et subit l'hiver et qu'il attrappe une grippe, il pensera exactement la même chose que moi aujourd'hui. Chaque monde à son lot.
Je relève donc le défi spirituel d'aimer, même quand ça fait mal dans l'estomac. Comment être patient quand l'urgence vous prend? Or, il n'y a pas de pause pour aimer. Nous avons tous besoin d'être aimés, même si l'autre est malade.
N'ayez crainte, nous nous soignons, nous nous consolons et nous nous endurons. Heureusement ce ne sont pas les six qui sont malades. (Nous comptons six maintenant avec Joelle, l'enseignante des enfants, et non pas parce que nous aurions ajouté un bébé à votre insu.)

Bon, je vais arrêter de me plaindre. Je ne le fais pas souvent sur mon blog.
Demain, je me retrousse les manches, ce sera un nouveau jour.



En passant, les enfants s'adaptent très bien avec Joelle. La seule chose qui cloche est que nous n'avons pas encore eu le matériel pour Antoine et Marianne.
Nous apprécions vos prières, tant pour notre santé que pour l'école des enfants.

Dans les semaines à venir, nous explorerons les villages touaregs des alentours pour y faire des contacts et y déterminer des besoins en vue d'un plan de travail.

Har assarat!

Daniel