16 novembre, 2008

Le début du boulot

Qu’est-ce que je disais déjà?
Ah oui! Il y a longtemps que j’ai écrit.
La vie à Tillaberi nous sied bien.
Les enfants ont trouvé un rythme scolaire raisonnable. Tous les livres et les cahiers sont arrivés finalement.
La cuisine a trouvé sa fonction essentielle et de façon efficace.
Et nous avons un patio-veranda-gazebo-terrasse agréable, qui agrandit notre maison. Nous mangeons dehors à tous les soirs.


Les enfants se sont fait des amis et Antoine joue presque à tous les soirs au soccer dans la rue avec eux. Les filles y vont aussi, mais elles n’y vont pas aussi systématiquement qu’Antoine. Ce qui est un défi est d’enseigner – ou de faire comprendre – aux enfants du voisinage qu’ils ne peuvent pas entrer dans notre cour en tout temps. Notre cour a sa balançoire et son trampoline, ce qui la transforme en LaRonde aux yeux du quartier. Ainsi, notre cour requière une passe VIP. C’est obligatoire, car les enfants nigériens usent tout sans retenue. C’est fascinant, c’est de l’anti-matérialisme pur. Ils trouvent un jouet. Ils jouent avec jusqu’à son épuisement. Quand il n’y en a plus, ils passent à autre chose ou attendent simplement. Ceci m’a permis de comprendre ce qui se passait quand nous donnions de nouveaux jouets à des enfants et qu’ils disparaissaient (les jouets). Les parents les rangeaient aussitôt dans leur maison afin que leurs enfants seuls jouent avec les jouets, pour ne pas qu’ils ne les partage.
Ainsi, nous n’appliquons que la même stratégie d’économie des jouets. Et les enfants du voisinage tentent toujours de se faufiler dès qu’un visiteur entre, ce dernier est suivi, à son insu, par deux ou trois « amis », qui ne sont tout de même pas méchants.


Pour ma part, je sillonne la brousse des environs à la découverte des villages touaregs. Maintenant, j’en ai assez trouvé, j’ai tombé sur un filon prometteur. Le village de Mari est vraiment une bénédiction dans une première perspective d’améliorer ma maîtrise de la langue tamasheq. Il se trouve à moins de 10 km de chez nous et il a une petite communauté chrétienne qui n’a pas d’ouvrier. Ainsi, j’ai commencé à y aller régulièrement et je peux y lire le Nouveau Testament pour pratiquer ma prononciation, par exemple. Le jeune Ahamadou est très patient avec moi et il arrive à deviner ce que j’essaie de dire et il me paraphrase quand les autres ne me comprennent pas. Dans les autres villages, j’ai surtout fait la connaissance des directeurs d’école. Or, les besoins sont toujours énormes. La question que je dois me demander n’est pas vraiment quels sont les besoins à rencontrer mais quels sont mes moyens? Le défi ensuite est aussi de trouver comment les villageois veulent, eux-mêmes, combler leurs besoins. À quel point jugent-ils que Le besoin est important? C’est triste à dire, mais tous les besoins scolaires sont peu valorisés. Alors, si je les comble, le problème reviendra faute de soutien communautaire. Je perçois donc mon rôle ou mon défi plus comme celui de transmettre des valeurs, soit scolaire, soit sanitaire, soit … quelles soient.

Aujourd'hui, nous sommes dimanche, je m'apprête à repartir pour une nouvelle semaine, sauf que j'ai un beau robinet de douche qui est cassé. Avant de partir pour Mari, je dois trouver un nouveau robinet et l'installer, car en attendant, j'ai dû couper l'eau de toute la maison...
La maison africaine vaut mieux qu'une hutte en paille, mais elle demeure remplie de surprises.

Ciao
Daniel

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