Enfin?
Non, plus ou moins, mais à tout le moins les grandes pièces sont faites dont notre cuisine exotique.

Je vous interdis de l'appeler notre "stand à patates" ou de commander un cornet de crème molle. Il s'agit d'une cuisine dans le plus noble, mais le plus étroit, du terme. Cette cuisine nous apporte l'avantage de ne pas réchauffer notre maison, notre lieu de vie. Elle n'est pas un lieu de réunion, même si notre habitude québécoise fait qu'on s'y retrouve en train de jaser d'une manière ou d'une autre. Dans la cuisine, il y fait toujours un peu plus chaud à cause du compresseur du frigo qui dégage toujours son effort énergétique. Un matin où il faisait frisquet et que j'avais eu les pieds gelés (ne riez pas de moi parce qu'il faisait 26° dans la maison), eh bien! la cuisine m'a fait l'effet d'une couette douillette pendant que je me préparais un café. Il est aussi avantageux le soir de réfléchir trois fois avant de se dire: "Ah! je mangerais bien quelque chose!"
Voici Sophie dans son antre.De l'autre côté, j'ai enfin fait faire un toit à notre terrasse. Elle n'est pas terminée parce qu'il me reste à y mettre du moustiquaire tout le tour. La difficulté à Tillabéri est que je n'ai pas accès à tous les matériaux. Alors, je dois attendre d'aller à Niamey pour tout acheter. Or, malgré mes dizaines de calepins de notes, j'arrive toujours à oublier une chose pour acheter. Mais, il faut l'admettre, dans le peu de temps que nous avons à Niamey, la priorité est toujours d'acheter des provisions qui se mangent.

Pour vous montrer à quel point le monde est à l'envers, ou que nous sommes bouleversés par l'Afrique, j'ai fait ma couverture en prélart. Je devais installer du plastique pour rendre la couverture imperméable, or le plastique utilisé communément est juste un peu plus résistant qu'un sac Glad. Alors quand j'ai vu du beau prélart, à la grande surprise de mes ouvriers, j'ai sauté dessus. Quelle combat intérieur pour les Nigériens qui étaient à quelque chose d'inhabituelle. Comme je suis le patron, ils ne m'ont pas trop obstiné et comme je suis blanc, je peux être l'excentrique qui veut des beaux motifs sur son toit!

Pour la paille, j'ai eu le plaisir d'aller le marchander au village. Quelle joie, dans un village touareg. Donc avec des vendeuses qui se sont dilaté la rate en m'entendant, la discussion à été serrée. Mais j'ai été comptant d'entrer dans un village tout touareg. Je vais donc y retourner pour discuter avec le chef du village, le directeur d'école et les anciens pour y perfectionner mon tamashek, mais aussi pour évaluer les besoins dont je suis en mesure de rencontrer. Mes premières idées tournent autour de l'école, car les parents sont peu motivés à envoyer leur enfants. Une simple idée serait de promouvoir et de faire des activités pour que les enfants pratiquent le français, car ils ne le parlent ou ne l'entendent qu'en classe. Et/ou encore de faire de l'alphabétisation des petits enfants en leur langue pour qu'une fois qu'ils entrent en classe à 7 ans, ils connaissent et comprennent l'alphabet et la logique de la lecture. Mais pour moi, le plus important est de discuter avec les responsables, les mères aussi et le chef pour comprendre leurs soucis, leurs inquiétudes et leurs besoins.
Je vous laisse sur ces pensées
Daniel


