Pardon!
Pendant les fêtes musulmanes, au Niger au moins, c'est le temps de demander pardon. Donc les gens se voient de se disent Pardonne-moi mes erreurs. Mais en français, ils traduisent par "Bonne fête!" Ça donne l'impression que la façon qu'ils disent "Bonne fête!" dans leur langue est compliquée, jusqu'à ce que quelqu'un puisse nous expliquer qu'en fait ils se demandent pardon.
Pardon! Mais on ne spécifie pas de quoi. Et la réponse "a-kay-ola-ezouernen tinzart" Ce qui littéralement veut dire : "Pareillement gros nez".
Je ne suis pas trop sûr de la façon qu'ils vivent, donnent et reçoivent le pardon. Je ne sais pas non plus comment ils éprouvent le remords. Je sais que pour nous, le message chrétien a façonné un usage du mot pardon, mais combien il est difficile d'abandonner la rancoeur.
Chez les Africains, il y a une relation de cousinage (entre cousin, même de très loin dans les générations) qui leur permet de se niaiser et de l'insulter très gravement, mais l'offense ne doit pas être retenue. Tous les mauvais coups en parole sont permis entre cousin. Mais, il est interdit de se battre entre cousins. Et si un cousin est en danger, l'autre cousin a le devoir de l'aider.
Ils n'ont pas de rancune entre cousin. Pourtant, ils connaissent le concept car ils en gardent beaucoup entre frères et entre ethnies non cousines.
Pardon!
Je serai spécifique. Pardon parce qu'on ne répond pas par "pareillement gros nez, ni même grandes dents". Ils se répondent par "je te pardonne."
Le problème de ne pas être spécifique dans notre pardon est que nous ne pouvons pas nous même nous libérer de notre rancoeur, ni ne pouvons vraiment regretter ce qu'on a fait. Il suffit de se rappeler quand nous étions enfants et qu'on nous arrachait un pardon en faveur d'un cousin a qui on avait assené un coup de bâton sur la tête, avec préméditation. Si vous avez oublié, pensez à vos enfants que vous leur avez arraché un pardon en faveur de votre neveu qui avait reçu un coup de bâton sur la tête après préméditation. Le ménage des coeurs n'étaient pas spic n span. Mais les enfants se réconcilient vite...
Je pense à ma tante qui veut me lire souvent et je lui dis pardon car je suis parfois paresseux et je n'écris pas toujours au fil de mes idées et de mes jours.
En passant, mais ce n'est pas drôle, j'utilise tout les idées possibles pour apprendre le tamasheq. Par exemple, nous faisons l'erreur au
Québec de dire "ma matante", "ta matante". Or, tamatante est un mot tamasheq. Or, si nous disions Tatie ou Tata ou simplement Tante ..., je l'aurais oublié ce mot.
Pour comprendre la photo de BBQ, je dois expliquer que le jour de Tabaski, chaque famille égorge un mouton, mâle, et le fait griller devant la maison. Après ils le mangent et le partagent avec les voisins et les amis. Nous avons reçu notre portion de viande, une bonne partie même. Il faut être un peu carnivore quand même.
PS. Je devrais avoir des photos de neige bientôt, mais pas à cause des changements climatiques qui affecteraient le Niger, mais parce que nous verrons bientôt Montréal sous la neige au Soleil, et tomber encore en amour avec elle... pour le temps des fêtes.
Encore pardon, car nous avons demandé au Seigneur qu'il nous donne de la neige pour notre séjour... tout cela c'est pour nous!
Daniel