18 décembre, 2012

Survivalistes

La fausse fin du monde approche.  Mais il y a beaucoup de films ou de livres qui la prennent comme thème ou plutôt comme contexte.
Or, j'ai entendu à la radio des entrevues avec des "survivalistes".  Il s'agit de gens qui se préparent pour une catastrophe.  Ils stockent des provisions pour un minimum de trois mois.  Ils envisagent toutes les possibilités négatives.
J'ai souvent entendu des gens adeptes de ce style de vie.  Un homme m'a raconté qu'il a grandi dans une secte et que sa famille attendait la fin du monde (vers 1970).  Il se rappelait que le plancher pliait sous le poids des caisses de conserves.  Naturellement, si vous êtes bien préparés et que vos voisins ne le sont pas, vous aurez à défendre vos réserves.  Donc, il vous faudra une arme.  Au Niger, beaucoup de blancs vivent aujourd'hui comme cela pour la vie normale.  Ils sont autonomes et autosuffisants.
Néanmoins, au Niger, je me disais que si la fin du monde arrivait, les Nigériens ne se rendraient compte de rien.  La vie continuerait.  En fait, les habitants du Tiers et du Quart Monde sont les mieux préparés.  Ils sont solidaires.  En effet, la meilleure manière de survivre c'est de devenir solidaire avec ses voisins, sa famille et avec les inconnus.
Un Chrétien me décrivait l'importance de se préparer à la fin du monde, quelle qu'elle soit, à la manière des survivalistes.  J'ai alors tenté de l'amener sur le terrain du discours de Jésus: "Aime ton prochain", "Il n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis".  Dans ce discours, survivre ne peut pas dépendre de l'égoïsme, mais dans le partage, celui des biens et celui des malheurs.  "Riez avec ceux qui rient, pleurez avec ceux qui pleurent."
La survie ne réside pas dans l'isolement et l'individualisme.  
La survie se trouve dans les autres, dans l'amour qui pousse à la solidarité et à l'entraide.  Dans l'amour qui accepte aussi la solidarité et l'aide des autres pour nous.  C'est peut-être cela que les survivalistes refusent, d'être aidés.

En attendant la fin du monde!

Daniel 

03 décembre, 2012

Le Voyage intérieur

Depuis plus de deux ans, nous sommes à Montréal.  Nous sommes en attente de retourner en Afrique.  Ce séjour sédentaire nous fait voyager à l'intérieur de nous.  Il s'agit du voyage le plus difficile.  Dans ce voyage, je côtoie mes aspirations, mes rêves et mes déceptions, mes frustrations.
J'ai la profonde conviction que la vie se construit sur la confiance envers les autres humains.  
Je crois que l'individualisme nous isole et nous enferme dans la tristesse et la colère.
D'aillerus, une amie nous disait un proverbe: "Seul, on va plus vite, Ensemble, on va plus loin."

Dans ce voyage intérieur, je m'explore, moi le 6e continent.  Dans les frustrations que je vis avec d'autres personnes, je découvre mes valeurs personnelles.  Une fois que je les mets en mots, que je formule mes valeurs, je suis confronté à des décisions: Est-ce que je fais les mêmes choses de la même façon?  Est-ce que je m'ajuste à ce que je valorise?  Luc de Larochelière chante: "On est seulement ce que l´on peut  On est rarement ce que l´on croit" (Si Fragile).  Mais moi, est-ce que je veux essayer d'être ce que je crois?

Dans ce voyage intérieur, je découvre que je ne veux pas simplement aller en Afrique.  J'ai une approche sociale et humanitaire qui m'est chère.  Avec le temps d'attente, je constate que j'aurais parfois accepté des conditions désagréables pour pouvoir aller en Afrique.  Dieu m'en a préservé, quitte à me blesser parfois pour m'en empêcher.  Alors, me découvrir m'irrite, car bien sûr que je vois mes failles, mes cratères et mes ombres, mais  je me dis que je ne peux plus choisir les opportunités à l'improviste.  Je dois faire des choix qui correspondent à mes valeurs.

Je ne suis pas entré dans ce voyage intérieur tout seul.  J'y suis entré avec le Seigneur Jésus-Christ.  Il me connais et à quelques reprises, dans mon coeur, je disais le Psaume: "Quand je marche dans la vallée de l'ombre de la mort (mon propre coeur), je ne crains aucun mal, car tu es avec moi."

Qu'est-ce que je crois et que je veux être?
Je ne peux pas l'exprimer dans un blog comme cela.  Désolé.  Si vous voulez, appelez-moi!

Daniel

30 novembre, 2012

L'enjeu du développement,
- Paternalisme canadien ou initiatives locales
Développement et Paix est un ONG excellent.  Ces principes de développement me plaisent énormément.  Je me rappelle un de leur slogan: "La vie avant le profit" pour une campagne en faveur de l'accessibilité à l'eau potable en opposition au commerce de l'eau embouteillée.

Avec les nouvelles orientations du gouvernement canadien, ils ont été sujet à des coupures de financement.  Or, Sophie et moi voulons travailler dans la même ligne de pensées.
Je vous propose ce petit vidéo qui vient du site de Développement et Paix

Daniel

26 octobre, 2012

Deux miracles

J'ai écris le 31 juillet Comptez vos miracles.  Eh bien! J'en ai comptés 2 aujourd'hui.
J'ai apporté ma voiture au garage, car hier la roue avant faisait beaucoup de bruit et la direction était chambranlante.  Je croyais que c'était un "bolt joint" ou pire un cardan ou la direction même.  Je laisse la voiture et je rentre chez moi à pied.
En repassant plus tard, je m'arrête au garage pour prendre des nouvelles.  Le mécanicien n'avait pas eu le temps de vérifier sérieusement, mais il avait remarqué que les boulons de la roue étaient tombés et que la roue ne tenait que par une seule.  Les boulons tenaient dans le cap de roue.
Mon premier miracle est que nous n'avons pas perdu la roue en pleine route et que nous n'avons pas causé d'accident.
Mon second miracle est que la réparation ne me coutera pas des centaines de dollars.  Je n'ai besoin que de nouveaux boulons!.


Et vous, avez-vous eux des miracles aujourd'hui?

Daniel

La fin de la cantine

J'ai appris officiellement que la cantine que nous avions commencé n'a pas été renouvelée cette année.  Le projet original était pour trois ans, les trois ans sont passés.  Le financement n'a pas été renouvelé.
Quelle est la raison?  La dernière raison, l'ultime (car il y a d'autres raisons), est que le projet est trop petit.  Pour un grand bailleur de fonds, un projet de $25 000 et un autre de $1 million représentent la même quantité de travail, de formulaires et de temps.  C'est le même processus de décision que pour les banques à qui nous demanderions un prêt.  En soi, dans cette décision, il n'y a pas de méchants.  C'est un système qui prend au piège ses acteurs.
Dans cette perspective, nous pouvons comprendre pourquoi Muhammad Yunus de la Grameen Bank a reçu le prix Nobel de la paix en 2006: il a mis sur pied du micro-crédit accessible pour les plus pauvres (des prêts de moins de $4 000). Ceux-ci ont pu démarrer des entreprises et avoir leur propre entrepreneurship pour briser le cycle de la pauvreté.
De même, la cantine à $25 000 était en train de changer la vie d'un village.  Les enfants mangeaient les jours d'école.  Les enseignants avaient un rôle valorisé et les enfants étaient éduqués.  Halima menait des leçons d'hygiène et les femmes du village ont demandé des latrines (toilettes) pour rendre leur village plus propre.  D'autres ONG sont venus faire des projets, encouragés par la présence de la cantine et de la volonté des villageois.  Pour le continuer, ce projet, il y aurait fallu faire 10 ou 20 cantines.  Pourquoi pas?  Parce qu'il faut connaître les besoins des villages et leur intérêt pour un tel projet chez eux.
Sophie et moi croyons que le développement peut s'opérer à l'échelle locale et personnelle.  Toute population a besoin d'un contact personnel pour relever un défi collectif.  Un programme humanitaire à grande échelle sera toujours intéressant, mais il a besoin d'assises solides pour réussir.  Or, les assises solides reposent sur les gens et non sur les activités et les objectifs.  Malheureusement, dans le développement, la quantité d'argent dépensé est souvent une mesure du succès.  Plus on dépense de l'argent, plus "on fait quelque chose pour les pauvres".
Sophie et moi avons découvert que les pauvres n'attendent pas tant que nous fassions quelque chose pour eux, mais que nous soyions avec eux.  C'est pourquoi, nous savons que même avec peu d'argent, quand nous serons avec eux, ils auront une satisfaction.  Ainsi, je dis au gens qu'en nous soutenant financièrement, ce soutien aura un impact direct sur les plus pauvres de la terre.
J'écris, et ce n'est pas souvent, avec les larmes aux yeux.  En effet, je pense à Abduramane, à Marie, à Ibrahim, à Denis, à Halima, je pense à des personnes et non à des pauvres.  Je ne vous publie pas de photos pour garder leur dignité.  Je pense à eux et j'ai une part de colère envers le "système" qui prive aussi ces personnes, un système axé sur le profit et "l'efficacité".
Pourrais-je faire à nouveau un tel projet?  Une fois sur place, nous pourrons voir et chercher encore un bailleur de fonds.  Peut-être y en a-t-il un qui est ouvert à un tel projet qui commence petitement!

Daniel

23 octobre, 2012

Pêle-mêle

On a dû sortir nos vêtements chauds.
Comme il n'y a pas encore de nouvelles concrètes qui nous permettent de fixer un date pour notre départ à très court terme, nous avons dû réouvrir nos boîtes que nous laisserons ici, ce qui inclut nos vêtements d'hiver.  Une semaine trop tard d'ailleurs, car nous avons tous attrapé le rhume ou la grippe.

Pour notre départ, nous sommes toujours en recherche de financement.  Et nous attendons des réponses.  Il y a au moins un fondation qui travaille au Niger et au Burkina Faso, à qui nous avons fait une demande, qui nous a répondu: Non.  Nous n'en sommes pas fâchés.  En fait, j'étais bien content de découvrir le travail de cette fondation.  Il s'agit de la fondation d'une compagnie minière qui réinvesti une part des profits dans la communauté.

À la Corde, j'y suis bien actif depuis septembre, bien que je n'y passe que trois jours par semaine.  Cette année, il y a 50 enfants d'inscrits au programme de diner et d'aide aux devoirs.  À chaque jour d'école, nous nourrissons déjeuner et diner les 50 enfants, puis nous les accompagnons dans leurs devoirs.  En août, nous avons distribué des sacs à dos remplis d'articles scolaires gratuitement.  La Corde se trouve à Pierrefonds, dans un quartier où il y a beaucoup d'immigrants.
La Corde pendant la distribution des sacs à dos

Pour revenir au Marineau, nous bénéficions vraiment de la générosité des gens qui nous entourent (appartement, voiture, ordinateur, etc).  Grâce à vous, nous demeurons "légers" et libres de partir dès que cela sera possible.  En ce moment, nous envisageons janvier comme la date ultime.  Partir plus tard nous demanderait une réorganisation, partir plus tôt, risque d'être dans le temps de Noël.  Le mois de novembre nous servira à réévaluer notre stratégie de départ.

La générosité que nous avons "subit" s'est entre autre manifestée dans le sourire d'Élohise et de Marianne.  Elles ont porté des broches.  Élohise avait une dent qui était dans le palais.  L'orthodontiste est allé la cherché, sur plusieurs mois, avec un chaine.  Marianne a reçu une consultation pour prévenir le même développement.  L'orthodontiste, un vrai passionné de son travail, me dit qu'il vient d'entendre parler un technique qui prévient l'inclusion des canines.  Il veut bien l'expérimenter sur Marianne "pour s'amuser" et gratuitement.  Le mot expérience faisait peur, mais de voir cet homme avec tant d'enthousiasme m'a fasciné.  Les deux filles n'ont plus de broches.  Pour Marianne, le résultat final reste à voir dans un an ou deux.  (Je vous ferai un photo pour vous montrer mes deux beautés bientôt).

Mon ami Elmounir est rentré à l'université pour sa deuxième année.  Il vient de m'apprendre que sa grande soeur est à l'hôpital pour une opération.  Elle a été opérée, mais elle ne peut pas sortir avant d'avoir payé la facture.  Je vous encourage donc à être reconnaissant pour notre système de santé, avec tous ses défauts.  Au moins, on ne se retrouve pas prisonnier de l'hôpital.  Elmounir n'a pas voulu dire le montant, à moins qu'il ne le sache pas (mais je crois que c'est par pudeur).
Nous gardons toujours contact avec nos amis là-bas régulièrement.

Ciao!
Daniel

02 octobre, 2012

Octobre

Octobre, au Niger, est la petite saison sèche.  Il s'agit d'un mois très humide, sans pluie.  La fin de la saison humide qui se vide par le vent, car un jour, le vent aura tourné et la fraîcheur sera là, d'un coup - ou presque.
Octobre est aussi la récolte au champ.  Cette année, octobre est la fin de la famine, si la récolte est bonne.  Il y a eu beaucoup de pluie, trop même et des champs ont dû être ravagés, car j'ai appris que plusieurs maisons ont été détruites.
Octobre sera aussi le début de l'année scolaire, vers le 12, bien que le 8 sera la rentrée officielle.  Qui dit rentrée dit dépense, même dans un pays pauvre.  Au Niger, les écoles publiques et privées demandent des uniformes.  Dans ce cas, les parents achètent le tissu et paient un couturier.

Pour ceux qui se le demandent, nous sommes toujours en attente de réponse pour notre financement.
L'épreuve de la patience:
"Mes frères, regardez comme un sujet de joie complète les diverses épreuves auxquelles vous pouvez être exposés, sachant que l'épreuve de votre foi produit la patience.  Mais il faut que la patience accomplisse parfaitement son oeuvre, afin que vous soyez parfaits et accomplis, sans faillir en rien."
Jacques 1. 2-4
Habituellement, j'ai lu ce verset comme présentant les difficultés de la vie qui sont des épreuves qui produisent la patience.  En ce moment, nous vivons l'épreuve d'être patient.  L'épreuve de l'attente, l'attente de la décision des autres, l'attente de ce que nous ne pouvons pas faire par nous même.
L'attente des autres exige aussi la confiance en Dieu, celui qui n'échappe aucune de nos vies, aucun de nos cheveux.  Il ne brusquera pas ces autres que nous attendons parce que nous voulons partir promptement.  Dieu prend soin de nous tous, les uns et les autres, les riches et les pauvres, les méchants et les bons.

De plus, comme j'augmente mes demandes auprès de fondations et d'églises et d'individus au fil des semaines, j'augmente la nécessité d'attendre.
Mais, nous n'avons pas à nous plaindre, Notre Père pourvoit à nos besoins.

Ciao!
Daniel

26 septembre, 2012

Il y a plus malheureux que nous

Trouver sur le site fondation SQLI
Je trouve l'image tellement efficace.  Je n'ajoute rien de plus.

Daniel


21 septembre, 2012

Face aux pauvres #2

"C'est exactement ce que me racontait [...] un médecin de mes amis, homme d'âge mûr et de belle intelligence: [...] "J'aime l'humanité, mais, à ma grande surprise, plus j'aime l'humanité en général, moins j'aime les gens en particulier, comme individus.  J'ai plus d'une fois rêvé passionnément de servir l'humanité, et peut-être fussé-je vraiment monté au calvaire pour mes semblables, s'il l'avait fallu, alors que je ne puis vivre avec personne deux jours de suite dans la même chambre, je le sais pas expérience. Dès que  je sens quelqu'un près de moi, sa personnalité opprime mon amour-propre et gêne ma liberté.  En 24h je puis même prendre en grippe les meilleures gens: l'un parce qu'il reste longtemps à table, un autre parce qu'il est enrhumé et ne fait qu'éternuer.  Je deviens l'ennemi des hommes dès que je suis en contact avec eux.  En revanche, invariablement, plus je déteste les gens en particulier, plus je brûle d'amour pour l'humanité en général."

Les Frères Karamazov, Dostoievski

[J'ai rencontré des gens qui pleuraient à cause de la misère du monde, mais qui s'enrageaient contre les quelques uns qui leur demandaient leur aide.  C'est pour moi le défi chrétien: aimer mon prochain que je vois.]

Daniel

18 septembre, 2012

J'ai tourné 40

J'aime beaucoup jouer avec des fausses traductions, tant vers l'anglais que de l'anglais au français.
J'ai eu tel âge... se dit "tourner"en anglais.

Antoine et moi se suivons à 3 dizaines près.  Lui a tourné 10.
Maintenant, la question: Change-t-on à 40 ans? ou Doit-on changer à 40 ans?
Je méditais à la crise de la quarantaine.  Qu'ai-je fait de ma vie?  Pourtant, il me reste encore plus de 40 ans devant moi, si ... et si .... à moins que .... sauf si ...
À 17 ans, je suis allé en Afrique, au Tchad pour être précis.  J'étais alors, possiblement, dans ma crise d'adolescence.  À 40 ans, je m'apprête à retourner en Afrique, au Niger - crise de la quarantaine?  Ce ne doit être qu'une seule et même crise.  Une telle crise s'appelle plutôt la vie, jamais simple, ni facile, plutôt folle.  Surtout que notre projet de vie ne facilite rien - et nous l'assumons.
Je vois ma vie comme des défis qui s'enchainent.  Je ne suis pas un bâtisseur, un inventeur, ni un leader entreprenant.  Mais je relève des défis humains.  Moins spectaculaires, plus personnels.  Pour changer, il me faudrait acquérir de la rigueur et délaisser de la sensibilité.  Est-ce que cela se fait à 40 ans?  En Afrique, je n'en aurai pas tant besoin.  La rigueur est froide, sans être rafraichissante, alors qu'en une Afrique chaude, ce sont les relations sensibles qui rafraichissent.

Ciao!
Daniel

(Pour parler d'une traduction de l'anglais amusante, je suggère:" J'ai couru en dehors de l'essence".  "I ran out of gas."  Sens: "J'ai manqué d'essence".

11 septembre, 2012

Rencontre avec l'Amour de la vie

Je fais des visites et des rencontres fascinantes.  Nous avons vraiment prié afin que nous puissions être déjà au Niger à l'heure actuelle.  Nous nous demandons donc qu'est-ce qu'on fait encore là.
Or, nous rencontrons des gens.  Il s'avère que nous partirons comme des missionnaires indépendants, ou si vous préférez comme travailleurs autonomes.  Je dois donc rencontrer des gens pour les inviter à nous soutenir.  C'est très intimidant, je le concède, car en soi, nous demandons des fonds pour nous, pour notre travail, tant pour notre salaire que pour les coûts de l'aide que nous allons offrir.  (Si je ne vous ai pas encore rencontré c'est que je n'y ai pas pensé ou que je suis timide).

Cette image est complexe comme la vie.
Le premier regard n'est pas simple.
Avec vous tous que nous rencontrons, je suis émerveillé par l'amour de la vie.  Nos vies sont pénibles, soucieuses et souffrantes.  Malgré tout, je rencontre des personnes qui aiment la vie, celle qui se vit dans les autres.  Pour qu'une personne ou une famille ou une organisation donne à une oeuvre de charité, c'est qu'elle aime la vie.  J'ai cette conviction que la vie vainc la mort.  À grande échelle, la mort n'est jamais venue à bout de la vie.  Tous nous participons à ce combat de la vie sur la mort.  Certains laisseront des traces mortes dans le béton et la pierre, mais la majorité d'entre nous marquons la vie des autres et perpétuons cette victoire vitale.
J'ai pris conscience que Sophie et moi ne sommes pas des capotés isolés quand une famille qui nous soutient généreusement en a rajouté.  Non seulement, elle nous soutient, mais en plus, elle veut financer un fonds pour qu'un de nos regroupements puisse poursuivre du micro-crédit, une fois que nous serons là-bas.  Et encore, ils rêvent et font des plans pour venir rencontrer personnellement ces personnes.
Je dis cela par émerveillement.  Dieu me travaille intérieurement dans ce parcours pour trouver de l'argent.  Si je gagnais à la loto, je resterais seul avec mes aspirations.  Mais avec vous, je découvre votre amour de la vie et qu'ensemble nous participons à l'oeuvre du Christ qui est de donner notre vie par amour du prochain.
Ensemble, nous repoussons la mort à l'échelle globale.

Merci
Daniel

07 septembre, 2012

La tentation du politique

Les élections sont passés et j'ai résisté à la tentation du politique.  Oui, je dois l'admettre, à chaque élection, j'ai l'idée qui vient m'achaler de me présenter en politique.  Ç'a commencé à l'adolescence, avant que je ne puisse voter.  Je voulais me battre pour le français à Montréal.  Assez tôt, j'avais eu la désillusion des partis politiques.  Il y a trop de jeux de pouvoir.  Trop d'intérêts à satisfaire quand un homme est en politique - la même chose quand t'es une femme, mais je ne le vivrai jamais.
Or, je déteste la manipulation.  Si je me sens manipuler, je fuis, je critique et je m'arme contre la manipulation.  Pourtant pour être élu, il faut dire la véri ou la rité, soit des demi vérités, car il faut embarquer les gens.  Le programme complet d'un parti ne peut par rallier une majorité d'électeurs.
J'ai eu deux "révélations" dans mes tentations électorales.  La première a eu lieu lors d'une des élections de Jean Chrétien au Canada.  Je priais Dieu en pensant aux enjeux des élections, fâché qu'on ne parle pas de tous les enjeux, etc.  Une pensée m'est venue, que je prends comme une inspiration de Dieu: "Un par un, les coeurs se changent".  Je pensais qu'en allant en politique, je pourrais changer des batchs de coeurs et influencer un pays.  Non, un programme de parti, une réforme politique ou une nouvelle loi ne change pas un coeur.
L'autre a été moins mystique.  C'est lors de la vague NPD.  J'ai passé à deux poils de m'offrir comme poteau.  C'est à dire que j'ai voulu proposer qu'on me mettre sur une pancarte dans un comté quelconque pour que le parti puisse comptabiliser des votes, même si le candidat n'est pas élu.  Si je l'avais fait, je serais à Ottawa alors que je veux aller au Niger.  Donc, je ne dois pas niaiser avec la politique.  Je ne suis pas rendu là et je préfère avoir une influence personnelle dans la vie de ceux qui m'entourent.

Ciao
Daniel

23 août, 2012

Face aux pauvres #1

Nous pouvons tenter de faire face à la pauvreté, mais la pauvreté n'a pas de face.  Je suggère donc de faire face aux visages de la pauvreté, les pauvres.
Ce livre, When helping hurts, qui veut dire "Quand aider fait du tort", m'avait été proposé il y a longtemps, mais c'est à mon église que j'ai décidé de le lire avec un groupe de prière.
La proposition des auteurs est d'approcher le problème de la pauvreté en se plaçant aux côtés des pauvres, quitte à s'effacer ou à se retirer complètement.  Le problème du secours fait aux pauvres est que nous prenons souvent leur place et nous les privons de leurs forces et de leur dignité.  Et s'ils ont des aptitudes à se prendre en main, nous devons nous retenir de résoudre leurs problèmes.  Avec eux, alors, nous pouvons explorer leurs aptitudes et combler  seulement ce qui manque.
Aimer les pauvres nous amène à les connaître en tant que personne.
Ciao!

19 août, 2012

Sortis de la brume!

Nous sommes revenus de Matane et de Rimouski jeudi.  Nous avons passé un très beau séjour.  Le climat était très agréable.  J'ai été impressionné par le brouillard.  Il était soit partout ou que sur le fleuve, mais toutes les journées, il y en avait quelque part.  Dans le parc du Bic, nous ne pouvions souvent pas bien voir les bateaux amarrés plus loin ou des îles pas si loin.
Nous avons expérimenté l'hospitalité au Bic et visité plusieurs personnes et endroits.

Les églises de la région vivent le défi du manque de vocation d'ouvriers.  Elles nous bénissent dans notre départ, tout en nous faisant sentir que nous serions les bienvenus par là-bas, si nous n'allions pas en Afrique.  Ce genre d'invitation et d'offre, nous en recevons de plusieurs endroits au Québec.  C'est par conviction que nous poursuivons notre désir et notre vocation pour l'Afrique et le Niger.

Notre levée de fonds avance à un rythme continu.  Nous espérons partir dans l'automne.  Pour cela, nous attendons une réponse d'une fondation.  Si cela ne fonctionne pas, Dieu aura un nouvelle surprise!

Aujourd'hui, je prêchais que Jésus est notre "champion", celui qui vainc nos "Goliath".  Nous n'avons pas à être des héros comme David, nous sommes comme le peuple qui tremble et qui craint.  Néanmoins, notre David, c'est Jésus, il terrasse nos obstacles.  Comme en regardant David, nous pouvons nous dire:"Comment va-t-il faire?"  Malgré tout, il l'a fait et il le fera.

Ciao!
Daniel

10 août, 2012

Sur la route du Bas du fleuve

Demain, nous partirons pour Rimouski.  Depuis notre retour du Niger, nous y allons à chaque année, pour visiter nos églises.  Elles nous soutiennent et elles prient pour nous.
Eux aussi, aimeraient bien que nous restions au Québec, et même qu'ils aimeraient que nous déménagions par là-bas.  Je suis mal placé pour dire que "Rimouski est loin en titi!" car nous nous en allons bien plus loin.  Si un jour nous revenions nous installer au Québec, j'y penserais, c'est sûr.
Je trouve que le Bas du Fleuve et la Gaspésie sont froids.  Mais il faisait beau les années passées.  Au moins, l'hiver, c'est l'hiver.

À bientôt
Daniel

09 août, 2012

Nomades dans un bloc appartements

Nous voici entre deux moments. Nous espérons pouvoir partir bientôt au Niger. Nous avons quitté notre appartement le 30 juin. Donc nous ne sommes plus chez nous et pas encore chez nous!
Sophie, qui pourrait passer pour une Touarègue, est une excellente "fabricante de tente". Chez les Touareg, ce sont les femmes qui montent les tentes. Pour être précis, les tentes appartiennent aux femmes. Ce qui fait que lorsqu'un homme divorce sa femme, il perd sa maison ( sa tente). D'ailleurs, un verbe pour le mariage dans leur langue est "faire maison".
Entre deux, on nous a prêté généreusement un 3 et demi au rez-de-chaussée, car il est loué à des étudiants qui n'en ont besoin que pour l'école. Il s'agit d'un appartement dans le même triplex que Élohise habitera. (Élohise reviendra du Sénégal jeudi soir!) Or, après le départ d'Élohise, un appartement s'est libéré à l'étage. Nous l'avons donc déménagée du sous-sol à en haut, sans qu'elle ne le sache encore.
Entre temps, les étudiantes qui prendront notre appartement actuel s'en vont au CEGEP. Or, le CEGEP commence plus tôt, avant septembre. Donc, nous devons laisser notre appartement. Nous irons donc au sous-sol, cette semaine, dans l'appartement qu'Élohise aurait dû rester.
Nous avons donc joué au casse-tête dans tout le bloc, ou presque.
Sophie compte déjà qu'un fois arrivée, nous logerons dans une maison de passage, avant de trouver notre maison et d'y aménager. Cela nous annonce encore des déménagements et que nous vivrons dans nos valises.

Merci de nous suivre.

Daniel

03 août, 2012

Un tour de cyclisme

 Depuis 3 semaines, il y a des cyclistes qui parcours le Canada pour une levée de fonds.  Une partie de ces fonds sera affectée à notre église à Pierrefonds pour le quartier où je travaillais: Cloverdale.  Samedi, j'ai accueilli le groupe qui venait de Toronto et lundi, un nouveau groupe partait pour Québec.  Comme j'ai vu qu'ils repassaient à Montréal mercredi, je me suis joint à eux avec le vélo que mon père m'a donné.
Je l'aime bien ce vélo.  En fait, toute la famille, sauf Antoine, se bat pour avoir ce vélo.  Mais en randonnée de 120 km par jour, il ne fait pas le poids, littéralement.  Il pèse facilement 3 fois celui des vélos de route...  Ce qui fait que j'étais le dernier. Bien sûr, ce n'est pas à cause du vélo, mais à cause de mes jambes.  Seulement, le vélo ne me facilitait pas la tâche!
Heureusement, j'ai amené mes supporters.  Ils ont été bien patients.  Marianne et Antoine étaient dans les véhicules de soutien qui nous attendaient à des distances régulières, ou presque.  Pour moi, ils semblaient toujours plus loin, d'une fois à l'autre.
Mal pris, nous pouvions embarquer dans les véhicules qui nous déposaient au prochain "check point".

C'est ainsi que j'ai pu laisser la place parfois à la relève.
Le mercredi, j'ai fait au moins 80 km sur un parcours de 127 km.  J'en suis content, même si mes jambes brûle encore.  Jeudi, j'ai dû faire un bon 40 km, mais comme je devais quitter le trajet pour aller chercher ma voiture, je n'ai plus de point de référence.  Ce détour m'a été facilité par mon pouce.  Je roulais sur la 116 à partir de Beloeil vers Longueil, le vent de face - la mort!  À McMasterville, j'ai posé le pied et levé le pouce.  Un pick-up m'a pris jusqu'aux Promenades St-Bruno.  La délivrance!  Je n'étais pas rendu, mais ouf!

Un des moments les plus heureux que j'ai eu était au départ du jeudi matin.  J'avais les jambes brûlantes avant le départ et nous devions faire un détour puis revenir sur nos pas.  Ce qui ne me plaisait guère.  Loin derrière, j'envisageais d'éviter le détour pour prendre 5 minutes d'avance.  Finalement, je m'engage dans le détour, car je n'avais pas la carte du trajet.  Et là au loin, je remarque un petit bonhomme qui roule vers moi.  C'était Antoine.  Quelle joie de le voir qui vient m'accompagner.  Mais surtout, il était le signe qu'il y avait un véhicule de soutien au bout.  Sinon, le prochain devait n'être qu'à 20 km plus loin.

Vers Québec, ils sont 7 maintenant, jusqu'à samedi, jour d'arrivée.  4 sont très performants et 3 constants.  Le plus impressionnant est Tim, le 2e à partir de la gauche.  Il ne change jamais de vitesse, et il garde toujours la cadence.  Hier soir, il est arrivé le premier, comme dans le lièvre et la tortue.  De plus, il en est à sa deuxième semaine.  Il a parcouru Toronto Montréal avant.

Ciao
Daniel

31 juillet, 2012

Comptez vos miracles!

Mon père m'a prêté un livre de Robert Schuller: Découvrez les miracles dans votre vie.  Ce n'est pas un grand livre, moins que 60 pages, mais il contient un idée qui m'inspire et me plait: à chaque jour, Dieu opère des miracles dans nos vies, des miracles presque insignifiants, ceux que nous appelons souvent "coïncidences", mais qui donnent un sens différent à nos journées.
Croiser quelqu'un d'inattendu ou que nous n'avons pas vu depuis longtemps.
Éviter un accident.
Trouver de l'argent ou quelque chose qui nous est une provision.
Perdre quelque chose qui sera trouvé par quelqu'un, pour lui-même.
Avoir l'occasion d'aider quelqu'un.
Être l'occasion pour quelqu'un de nous aider et qu'il s'en trouve encouragé.

Je crois que Dieu agit comme cela et comme le dit l'auteur du livre, le seul problème est dans notre capacité à remarquer, à être attentif à ces miracles.
Quoi faire?  Relire ses journées à la fin de celles-ci.  Et chercher dans notre journée ce qui a été une erreur ou une source de joie, un soulagement, un sourire.
Arrêtons, et sachons qu'il est Dieu au milieu du brouhaha de notre vie (Psaumes 46.11)

Daniel

26 juillet, 2012

Affronter la famine

Le Niger affronte une troisième famine en sept ans.  Pourquoi?  Manque de pluie - sécheresse.
Est-ce qu'on peut contrer la sécheresse à l'avance?  Peut-être.  Si nous avons les moyens de construire des infrastructures, nous pouvons faire de l'irrigation.
Toutefois, si nous n'avons pas de moyen, nous pouvons changer d'habitude et de mentalité.  Mais cela ne se fait pas rapidement.
Mais comment est-ce que notre mentalité et nos habitudes peuvent changer la pluie?
En fait, le fatalisme est une mentalité qui influence notre attitude face à la famine et la sécheresse.  Or, il y a dans le christianisme des étincelles d'action.  Dieu nous suggère l'espérance: "l'amour croit tout, espère tout..."Jésus ne nous enferme pas dans un destin irrévocable.  La preuve est qu'il sauve le pécheur, celui ou celle qui devrait être condamné.  L'espérance nous pousse à anticiper l'avenir.  Le fatalisme inculque le sentiment d'impuissance et la résignation.
Sophie et moi voulons aller communiquer l'espérance au Niger.  L'espérance devant l'éternité, et celle face à la vie d'aujourd'hui, face à la saison prochaine.  L'espérance est motivante.
De là, nous proposerons des techniques agricoles qui incluent le reboisement des champs.  Qui dit reboisement, dit préserver l'humidité du sol - ce qui aide contre la sécheresse.
"Espérant contre toutes espérances" nous serons au Niger et dans 15 ans, les cultures du Niger seront plus fiables et régulières.
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Merci à l'avance
Daniel

16 juillet, 2012

Une première Marineau en Afrique

Élohise est parti pour le Sénégal.  Elle n'a aucun téléphone, aucun ordinateur.  Nous sommes sans nouvelle depuis son départ, il y a une semaine.  Donc tout va bien.
Ils sont une vingtaine avec les responsables.  Il s'agit d'un ministère missionnaire et jeunesse : JET Jusqu'aux Extrémités de la Terre.  Ce n'est pas leur première fois au Sénégal et ils ont fait d'autres pays bien avant.
Pour nous, c'est aussi un avant goût d'être que 4.  Je crois que c'est la semaine où Marianne s'est le plus fait appeler Élohise par erreur.  Lorsqu'on met la table, nous plaçons toujours un couvert de moins.  C'est normal d'un côté.  C'est la maturité et le chemin de vie.
Nous prions chaque jour pour Élohise, mais nous sommes toujours sans savoir l'impact de nos prières.  La foi, la confiance en Dieu, entre en jeu quand nous devenons impuissants.  Je dis la confiance en Dieu, mais il s'agit aussi de la foi en Élohise.  Nous croyons en elle, nous lui faisons confiance.  Or je crois que Dieu veut nous amener, en tant qu'humain, à cette foi humaine.  Les commandements de Jésus sont toujours tournés vers les autres, sinon vers Dieu.  Il ne nous enseigne pas la méfiance, ni l'isolement, ni l'autosuffisance et encore moins le mépris.  Il ne nous dit pas que dans le fond de chaque coeur il y a de la bonté ou qu'il faut endurer toutes sortes d'injustice et de mal.  Ces enseignements construisent un monde, à commencer par notre famille et notre voisinage.
Ainsi, en aimant mon voisin, je construis nos capacités à se faire confiance.  On se trompe.  Jésus nous propose le pardon et nous reconstruisons nos capacités.
Tout cela pour dire que nous croyons en notre fille - pardonnez ce brin de fierté!

Bon voyage Élohise!
 
Daniel 

30 juin, 2012

La différence entre un furoncle et un abcès

J'ai eu un abcès sur la cuisse il y a un mois.  Je me suis promené de clinique en clinique, chaque docteur renvoyant à un autre.  Ça a éclaté tout seul finalement, le soir je me suis présenté à l'urgence du General Hospital.  Il n'y avait plus rien à faire, sinon de nettoyer.  
Dans chaque clinique, on me disait que j'avais attendu trop longtemps - 10 jours -, mais personne ne voulait agir.
Cette semaine, Élohise a eu un bouton semblable.  Aujourd'hui, après deux jours, elle a appelé info santé (811) et nous sommes allés à une clinique sans rendez-vous.  1h30 d'attente pour que le docteur nous dise: allez à l'urgence de l'hôpital!  L'avantage de l'hôpital est que les docteurs peuvent couper dans un environnement stérile.
Nous avons donc attendu à Ste-Justine.  Apparemment qu'il y a moins de personne en été.  C'est vrai.
Le docteur a décidé d'ouvrir l'abcès pour le vider.  J'étais à côté de ma fille.  Le docteur me demande si je vais tomber dans les pommes et je réponds que j'ai vu des accouchements...  Les accouchements apportent la vie, un abcès est sale.  Alors, j'ai eu une baisse de pression, un choc vagal - c'est beau non?  J'ai dû m'asseoir!
Alors, j'ai appris de source plus sure que wikipedia qu'un furoncle est à la surface et que l'abcès est une poche de pu plus profonde.

Daniel 

Les renards ont des tanières

Je ne peux pas me comparer au Christ.  Il disait à un homme qui le suivait que les renards ont des tanières, mais que le fils de l'homme - lui, Jésus - n'avait pas de pierre où poser sa tête.
J'écris cela aujourd'hui, la veille de notre déménagement.  Nous déménageons temporairement pour Ville Émard, en attendant de partir pour le Niger.
Abraham, Isaac et Jacob ont vécu dans des tentes.  Les premiers chrétiens ont vécu comme étrangers et pèlerins, espérant la cité céleste.  Nous avons décidé de suivre cette conviction, cette vocation qui nous pousse vers le Niger.  Pourtant, le Niger n'est pas une nouvelle nation pour nous, ni un lieu stable.  Déjà, là-bas, nous avions déménagé trois fois.  Ici, en deux ans, nous sommes à notre troisième lieu.
Nous ne sommes pas à plaindre.  Nous avons choisi le chemin que nous empruntons.  C'est la force de ce choix qui nous permet d'avancer dans ces zones d'ombres.  Nous ne nous laissons pas tirer ni pousser par des opportunités ou par des obstacles.
Demain, nous fermerons l'expérience d'Outremont.  Pour un gars de l'Est de Montréal et qui travaille dans le communautaire et le religieux, c'était une grâce que de vivre ce contexte culturel.  Avec surprise, à Ville Émard, j'ai senti l'environnement de mon enfance.  Avec Antoine, nous faisions le tour d'un parc, dans lequel jouaient trois enfants québécois.  Ils demandent à Antoine s'il veut jouer avec eux.  Ils étaient seules, ont 9 - 10 ans et habitent les alentours du parc.  Ils faisaient une bataille de sable.  Mais, il y avait longtemps que nous avions rencontré d'autres enfants inconnus qui invitent l'un des nôtres à jouer.  Ça sentait mon enfance!

Daniel

14 juin, 2012

J'ai frappé un chevreuil

Dimanche matin, j'étais invité à l'église ACM de St-Donat.
Sur la 15, juste après la sortie de Ste-Agathe, un chevreuil a sauté sur la route juste au moment où on passait.  Paf!  Le phare droit, le capot, et l'aile droite sont complètement brisés.  La voiture roule toujours quand même.  Nous étions un peu secoués, mais nous nous sommes rendus à St-Donat, puis retourné à la maison en sécurité.
Nous sommes en préparation pour partir au Niger.  Nous ne sommes pas encore prêts à partir, mais nous avons toujours besoin d'une voiture.  Sauf que nous ne voulons vraiment pas dépenser de l'argent sur une voiture, surtout pas sur de la carosserie.  Si nous avions $1000 de disponibles, même en cadeau, nous voudrions le garder pour notre départ au Niger.

Cette situation m'a fait penser à une réalité face à la pauvreté.  Nous pouvons être émus par un besoin d'un pauvre et vouloir combler ce besoin.  Le "hic" est qu'il s'agit d'un besoin que nous avons identifié, et non celui que la personne ressent.  Au mieux, elle reconnait ce besoin, mais elle en aurait d'autres plus urgents.  Un jour, au Niger, j'ai vu un groupe de femmes qui balayait la rue.  Comme il faisait chaud et que j'ai vu un vendeur d'eau, je leur ai payé un sachet d'eau à chacune: 25¢ pour 10.  Une des femmes m'a dit: "laisse faire l'eau, donne-moi l'argent!"  Or, mon projet était de donner de l'eau et non de l'argent.  Mais elle ne devait pas avoir soif.  Et, est-ce que je pouvais être mieux placé pour savoir qu'elle devait boire de l'eau à ce moment? 
Je suis en train de lire un livre qui se traduirait: "Quand aider fait du tort" When Helping Hurts.  Il me fait réfléchir aux défis d'aider les pauvres.  Nous ne pouvons pas imposer notre aide à un adulte.  Même ici, au Canada, nous avons offert à des familles de peindre leur appartement.  Nous avions un groupe de jeunes bénévoles et nous fournissions la peinture.  Je me rappelle une dame.  Nous avons terminé son salon et sa cuisine, deux couches, impeccables.  Elle nous dit merci.  Puis elle me prend à part et me demande $50 pour l'aider à payer son loyer!  Il était tentant de dire: "nous venons de peindre ton appartement, ça suffit!"  Mais si elle ne paie pas, toute la peinture n'allait pas lui servir.  Néanmoins, je n'avais pas $50 et elle est toujours dans le même appartement, donc elle a trouvé, soit la patience du propriétaire, soit la générosité de quelqu'un d'autre.
Je me trouve donc dans une situation semblable.  J'ai une auto écrapoutie, qui roule.  Mais je ne veux pas la réparer.  Si vous m'offrez de l'argent pour la réparer, je vais vouloir en faire autre chose.  Vous seriez fâchés que je n'aie pas respecté votre volonté charitable.  Si je répare la voiture, l'argent sera perdu car même la vente de la voiture ne pourra pas récupérer le montant des réparations. 

En allant au Niger, Sophie et moi avons vraiment cette perspective d'accompagner les pauvres.  En fait, n'importe qui, ou presque, est pauvre au Niger, il n'y a pas de discrimination.  Nous ne pouvons pas dire que nous allons faire qu'une seule chose.  Par exemple, je n'aime pas le micro crédit, le fait de prêter une petite somme d'argent pour encourager des activités génératrices de revenus.  Pourtant, à Tillaberi, le regroupement que j'ai formé et accompagné a identifié cela comme besoin et comme solution.  Je leur ai fait confiance.  J'ai cherché les informations dont ils avaient besoin.  Et les voilà qui continuent à le faire, deux ans après mon départ et ils le font mieux que je ne l'imaginais.
Notre rôle au Niger sera de croire en eux.  De leur faire découvrir qu'ils portent en eux l'image de Dieu.  Ils sont capables.  Ils ne deviendront pas millionnaires avec nous.  Mais ils amélioreront leur qualité de vie.  Pour nous, la foi chrétienne nourrit l'espérance en ce sens aussi.

En passant, une personne de Jeunesse sans limite, avec qui je travaille, a pourvu à notre besoin de voiture en nous en  prêtant une pour l'été.  Merveilleux.

ciao!
 
Daniel Marineau


12 juin, 2012

Élohise vers le Sénégal

Je vous présente un petit vidéo qu'Élohise a fait pour sa préparation pour partir au Sénégal, un mois cet été avec JET.
Elle ne nous accompagnera pas au Niger.  Elle restera à Montréal pour finir son CEGEP.
Elle a fabriqué des toutous pour les vendre, assistée par une maman vaillante.
Il lui en reste encore quelques uns disponibles.
Priez pour elle.

Merci
un papa fier.

11 juin, 2012

Un trottoir de trop



De façon ridicule, j'ai frappé un trottoir, j'ai bossé la jante de la roue et donc, j'ai eu une crevaison.
Nous allions voir la Lune à son périgée, c'est-à-dire à son point le plus près de la Terre.  Nous avons manqué son levée.
Toutefois, j'ai grandement apprécié l'aide de deux jeunes mécaniciens qui passaient par là.  Ils n'ont pas fait grand chose comme tel, mais je suis toujours insécure quant à l'endroit où je dois mettre le cric sous l'auto.  Ce qui m'a frappé c'est qu'en les voyant, j'aurais été tenté de m'en méfier.  Ils étaient jeunes, excités avec vêtus d'une apparence sombre et violente.  Eh bien, ils dépassaient les apparences pour se montrer sympathiques.  
J'aime toujours constater ces distances entre mes perceptions et la réalité.  Je dis souvent à mes enfants qu'il y a plus de gens gentils que de méchants dans le monde.  Il y a peu de gens vraiment pervers et désirant le mal.  Je sais qu'il y a eu le cas international de l'assassin de Montréal arrêté à Berlin cette semaine.  Néanmoins, il y a de la bonté parmi nous.  Il ne m'est pas arrivé souvent de me faire battre dans la rue, surtout quand j'étais dans le besoin.  Mais j'ai plus souvent eu de l'aide dans la rue, surtout quand j'étais dans le besoin.
La déshumanisation nourrit un mal terrible.  La déshumanisation est cette transformation intérieure qui ne perçoit les être comme des objets et plus aucunement comme humains.  Par exemple, si je m'étais fier à ma perception, j'aurais repoussé les jeunes et je les aurais chassé, ne voyant en eux que des objets ou des bêtes.  Alors, ils m'auraient traité comme une bête.  Et je me serais conforté dans ma perception d'être le seul humain, entouré d'objets, de choses et d'animaux.  Dans la Grèce antique, la femme et les esclaves étaient considérés comme des biens.  
Dans le quartier où je travaille, je constate que personne ne désire être pauvre.  Cela va de soit, vous me direz.  Mais je veux dire que personne ne veut se considérer comme appartenant à la pauvreté.  Et même, plusieurs familles dont nous sommes tentés d'étiqueter comme pauvres se débrouillent bien et ne revêtent aucunement le look d'un pauvre.  Certains diront que c'est de l'orgueil mal placé que de se payer des vêtements neufs et de manger au restaurant occasionnellement.  Or, c'est un refus d'être réduit au statut de la pauvreté.  Ils refusent à n'être que les objets de charité.  J'entends souvent les enfants mépriser les bazars et les vêtements usagés.  Malheureusement, ce refus pousse à l'orgueil et s'il le faut à la criminalité, pour combattre cette humiliation qui déshumanise.  Je veux dire que les garçons vont entrer dans des gangs ou vont vendre de la drogue afin de se payer ce qu'ils désirent.  Les filles peuvent se livrer à la prostitution pour se hisser hors de la pauvreté et de l'humiliation.  Bien sûr, ils se font déshumaniser autrement, moralement.
Lorsque nous entendons passer des manifestations et des bruits de casseroles, c'est en partie pour contrecarrer les dérapages de ces formes combats criminels contre la déshumanisation.  Plutôt que de laisser pourrir l'écart entre les pauvres et les riches, il vaut mieux répartir la richesse et simplifier l'accessibilité à l'honneur (et à l'Université) et au travail décent.

J'aurai bientôt une autre histoire de voiture et de pauvreté à vous raconter.
Ciao

Daniel

04 juin, 2012

Visites d'hôpitaux

Heureusement, tout va bien en ce moment.
Mais depuis deux semaines, je me suis promené dans des cliniques et des hôpitaux.
Tout d'abord pour moi.  Je me suis gratté un bouton sur la jambe - Paf!- une infection.  Je maîtrise la situation... avec du polysporin et de l'eau de javel.  Non, l'infection grossit.  Après une semaine, je vais à une clinique médicale sans rendez-vous.  J'y attends toute l'avant-midi.  "Monsieur, vous avez attendu trop longtemps!"  L'infirmière ne parlait pas de l'attente de l'avant-midi.
J'avais attendu parce que nos cliniques ne sont pas invitantes.  Il serait facile de rêver à des cliniques privées où l'on n'attendrait pas.  On n'y attendrait pas parce que peu de gens n'y irait, faute d'argent ou d'assurance.
Cet fin de semaine, chaque docteur m'a dit de revenir le lendemain pour me faire vider l'infection.  Chaque docteur refusant de le faire, il me renvoyait au lendemain.  Le lundi soir, je me suis tanné et je suis allé à l'urgence du "General Hospital".  J'ai encore attendu - que deux heures -, mais là j'ai été soigné.  Pour la suite, je devais prendre rendez-vous au CLSC.  Wow.  Au CLSC, j'étais reçu à l'heure du rendez-vous et 15 minutes plus tard, je repartais.
Toutefois, jeudi passé, je reçois un appel de l'école au travail: Antoine a reçu un jouet dans l'oeil.  Il est fortement conseillé de consulter.  En milieu d'après-midi, il n'y aurait aucune place dans une clinique sans rendez-vous.  La solution, l'hôpital Ste-Justine.  Je suis allé chercher Antoine.  L'attente n'était que de 1h30 - 2h, jusqu'à ce qu'un accidenté entre en salle de trauma.  Nous avons passé 5h à l'hôpital.  Mais Antoine a été bien soigné.  Nous avons eu un rendez-vous dès le lendemain pour voir un ophtalmologiste.  Hourra, l'oeil d'Antoine était déjà guéri, mais il est irrité et ça frotte, sans plus.
Je lève mon chapeau aux médecins et aux infirmières.  Ils travaillent fort.  Je suis reconnaissant.
Sauf qu'avec toutes ces visites, j'ai perdu du temps et de l'énergie que je n'ai pas pu mettre ailleurs.

Nous prions que la santé demeure dans la famille pour que nous puissions mettre notre énergie dans nos préparatifs pour le Niger.

À bientôt
Daniel

27 mai, 2012

Nous repartirons au Niger


Nous avons passé une première étape, celle de l'entrevue avec Outreach Canada.  Nous sommes acceptés.  Nous serons missionnaires avec eux.  Notre rôle sera de former et d'équiper des Nigériens afin qu'ils s'approprient leur développement, grâce à nos enseignements et nos pratiques qui engagent notre foi chrétienne.
Nous avançons dans les autres étapes et nous aurons bientôt des visites médicales.  L'étape la plus difficile sera de rassembler le soutien financier nécessaire - car nous ne serons pas salariés.  Pour ce faire, je veux adopter une stratégie mixte.  D'une part, nous risquons de vous demander de l'argent.  Mais nous ne ferons pas de téléthon.  Nous présenterons simplement notre attitude face à la pauvreté et face aux Chrétiens en Afrique.  Si cela vous interpelle, joignez-vous à nous.  Sinon, Dieu aura ses manières folles de nous soutenir.
D'autre part, je vais présenter des demandes de financement à des fondations qui veulent agir pour aider les pauvres en Afrique.  Un exemple est pour le projet de cantine scolaire que nous avions démarré avant notre départ du Niger.  Nous prions que l'organisme qui a financé ce projet accepte de le financer à nouveau au travers de nous.  Le projet a atteint sa fin et il ne sera pas renouvelé par mes anciens collègues.  Dans mon cas, je voudrais reproduire l'expérience et la multiplier vers d'autres villages.  Je veux aussi présenter un projet d'agroforesterie à cette même organisme de bienfaisance.
Tout ces projets serviront à former et à équiper des Nigériens pour qu'ils fassent le travail et qu'ils le supervisent, sous notre regard.  Il s'agit d'un défi de présentation, car je ne compte pas donner de la nourriture, mais de former des ressources humaines.  Or, la formation et le caractère ne se quantifient pas aussi bien que des sacs de riz.
En troisième lieu, pour notre financement, nous avons une fondation qui fera la promotion de dons en notre faveur auprès de ses clients-donateurs.
En tout, nous espérons obtenir ce dont nous aurons besoin... afin d'être au Niger en septembre.  Aussi vite!
Folie?  Possible!  Foi?  Certainement!
Vous n'avez pas à nous imiter, mais une fois que nous serons là-bas, nous serons contents de vous accueillir en visite!

À bientôt


Daniel Marineau


25 mai, 2012

un brin manifestant!

Photo prise par ma femme anonyme que vous connaissez.
Nous n'avons pas eu le temps ou les circonstances favorables pour aller manifester en faveur du gel des frais de scolarité.  Personnellement, j'irais jusqu'à la gratuité scolaire.  C'est une question de valeur.  Je sais que nous pouvons être capables de payer.  Mais nous ne sommes pas des clients.  Nous sommes des citoyens, des personnes actives dans la société.  L'éducation sert à nous former à la réflexion et à la compréhension.  Elle est un passage par lequel nous formons notre intelligence et notre personnalité.
Sans cela, nous pourrions manquer l'enjeu des décisions du gouvernement et des grandes entreprises.  Par exemple, la société de consommation et de marché a besoin de main-d'oeuvre à bon marché.  C'est pourquoi que le gouvernement fédéral est en train de durcir les règles de l'assurance emploi.  Le but est de forcer les gens à accepter des emplois pas cher, ce qui permettra aux compagnies d'offrir des conditions de travail moins intéressantes - et de faire plus de profit.  Pourtant, elles aussi sont capables de payer, pas seulement les utilisateurs-payeurs.
Au CLSC, hier, l'infirmière s'excusait d'être lente.  Je lui ai dit que j'étais un patient et non un client.  L'idéologie de nos gouvernements tend à tout clientéliser.  Pourtant, nous payons des impôts en fonction de nos revenus.  Mais les gouvernements fédéral et provincial proposent de nous transformer en utilisateurs-payeurs.  Cela semble normal, quand nous allons au centre commercial.  Mais nous nous sommes former en société avec des services publiques afin d'assurer la redistribution des richesses.  J'utilise ma voiture, je paie les frais.  J'utilise l'autobus, je paie mon ticket et des taxes et des impôts.
Au Niger, j'ai vu ce que c'est qu'une société où l'éducation est inaccessible et où presque tout est privé.  Les pauvres souffrent et ils s'endettent pour aller voir le docteur.  Comme les services publiques sont dispendieux, ils sont peu utilisés, ce qui fait hausser les prix.  Le citoyen et le fonctionnaire s'entendent donc à l'amiable pour les services publiques - on appelle cela la corruption.  Mais en contre partie, au Niger, j'ai vu une véritable solidarité.  Une personne ne peut pas rejeter sur l'État la responsabilité d'aider son voisin.
Je valorise vraiment la redistribution de la richesse grâce à l'État.  Et j'admire la solidarité directe.  La solidarité est ce qui permet la survie des pays pauvres.  D'une autre part, ces pays peuvent garder un équilibre parce que les riches exercent une forme de redistribution directe par la charité ou par la famille.  C'est pourquoi, plusieurs personnes ont des ménagères, des jardiniers, des gardiens.  Une question de redistribution.
Comme je crois que Jésus a promu la solidarité et même plus, l'amour, je ne me lancerais pas en politique, car elle ne permet pas de construire l'entraide ni d'encourager l'amour.

J'arrête mon manifeste et je continuerai de manifester avec nos casseroles.

Daniel