27 mai, 2012

Nous repartirons au Niger


Nous avons passé une première étape, celle de l'entrevue avec Outreach Canada.  Nous sommes acceptés.  Nous serons missionnaires avec eux.  Notre rôle sera de former et d'équiper des Nigériens afin qu'ils s'approprient leur développement, grâce à nos enseignements et nos pratiques qui engagent notre foi chrétienne.
Nous avançons dans les autres étapes et nous aurons bientôt des visites médicales.  L'étape la plus difficile sera de rassembler le soutien financier nécessaire - car nous ne serons pas salariés.  Pour ce faire, je veux adopter une stratégie mixte.  D'une part, nous risquons de vous demander de l'argent.  Mais nous ne ferons pas de téléthon.  Nous présenterons simplement notre attitude face à la pauvreté et face aux Chrétiens en Afrique.  Si cela vous interpelle, joignez-vous à nous.  Sinon, Dieu aura ses manières folles de nous soutenir.
D'autre part, je vais présenter des demandes de financement à des fondations qui veulent agir pour aider les pauvres en Afrique.  Un exemple est pour le projet de cantine scolaire que nous avions démarré avant notre départ du Niger.  Nous prions que l'organisme qui a financé ce projet accepte de le financer à nouveau au travers de nous.  Le projet a atteint sa fin et il ne sera pas renouvelé par mes anciens collègues.  Dans mon cas, je voudrais reproduire l'expérience et la multiplier vers d'autres villages.  Je veux aussi présenter un projet d'agroforesterie à cette même organisme de bienfaisance.
Tout ces projets serviront à former et à équiper des Nigériens pour qu'ils fassent le travail et qu'ils le supervisent, sous notre regard.  Il s'agit d'un défi de présentation, car je ne compte pas donner de la nourriture, mais de former des ressources humaines.  Or, la formation et le caractère ne se quantifient pas aussi bien que des sacs de riz.
En troisième lieu, pour notre financement, nous avons une fondation qui fera la promotion de dons en notre faveur auprès de ses clients-donateurs.
En tout, nous espérons obtenir ce dont nous aurons besoin... afin d'être au Niger en septembre.  Aussi vite!
Folie?  Possible!  Foi?  Certainement!
Vous n'avez pas à nous imiter, mais une fois que nous serons là-bas, nous serons contents de vous accueillir en visite!

À bientôt


Daniel Marineau


25 mai, 2012

un brin manifestant!

Photo prise par ma femme anonyme que vous connaissez.
Nous n'avons pas eu le temps ou les circonstances favorables pour aller manifester en faveur du gel des frais de scolarité.  Personnellement, j'irais jusqu'à la gratuité scolaire.  C'est une question de valeur.  Je sais que nous pouvons être capables de payer.  Mais nous ne sommes pas des clients.  Nous sommes des citoyens, des personnes actives dans la société.  L'éducation sert à nous former à la réflexion et à la compréhension.  Elle est un passage par lequel nous formons notre intelligence et notre personnalité.
Sans cela, nous pourrions manquer l'enjeu des décisions du gouvernement et des grandes entreprises.  Par exemple, la société de consommation et de marché a besoin de main-d'oeuvre à bon marché.  C'est pourquoi que le gouvernement fédéral est en train de durcir les règles de l'assurance emploi.  Le but est de forcer les gens à accepter des emplois pas cher, ce qui permettra aux compagnies d'offrir des conditions de travail moins intéressantes - et de faire plus de profit.  Pourtant, elles aussi sont capables de payer, pas seulement les utilisateurs-payeurs.
Au CLSC, hier, l'infirmière s'excusait d'être lente.  Je lui ai dit que j'étais un patient et non un client.  L'idéologie de nos gouvernements tend à tout clientéliser.  Pourtant, nous payons des impôts en fonction de nos revenus.  Mais les gouvernements fédéral et provincial proposent de nous transformer en utilisateurs-payeurs.  Cela semble normal, quand nous allons au centre commercial.  Mais nous nous sommes former en société avec des services publiques afin d'assurer la redistribution des richesses.  J'utilise ma voiture, je paie les frais.  J'utilise l'autobus, je paie mon ticket et des taxes et des impôts.
Au Niger, j'ai vu ce que c'est qu'une société où l'éducation est inaccessible et où presque tout est privé.  Les pauvres souffrent et ils s'endettent pour aller voir le docteur.  Comme les services publiques sont dispendieux, ils sont peu utilisés, ce qui fait hausser les prix.  Le citoyen et le fonctionnaire s'entendent donc à l'amiable pour les services publiques - on appelle cela la corruption.  Mais en contre partie, au Niger, j'ai vu une véritable solidarité.  Une personne ne peut pas rejeter sur l'État la responsabilité d'aider son voisin.
Je valorise vraiment la redistribution de la richesse grâce à l'État.  Et j'admire la solidarité directe.  La solidarité est ce qui permet la survie des pays pauvres.  D'une autre part, ces pays peuvent garder un équilibre parce que les riches exercent une forme de redistribution directe par la charité ou par la famille.  C'est pourquoi, plusieurs personnes ont des ménagères, des jardiniers, des gardiens.  Une question de redistribution.
Comme je crois que Jésus a promu la solidarité et même plus, l'amour, je ne me lancerais pas en politique, car elle ne permet pas de construire l'entraide ni d'encourager l'amour.

J'arrête mon manifeste et je continuerai de manifester avec nos casseroles.

Daniel

24 mai, 2012

Un pas affermi vers le Niger


Les Marineau au Parc W du Niger - 2010
Face à l'incertitude de notre retour au Niger, nous préférions ne pas annoncer que nous aurions une annonce.
Or, voilà!  Ça fait drôle, un pas est fait, une marche est entamé.  Nous sommes en route vers le Niger à nouveau.  Je dis que ça fait drôle parce que cela fait deux ans que nous prions de pouvoir retourner, deux ans que nous rencontrons des obstacles.  Mais deux années d'espérance, pendant lesquelles nous avions cette conviction, une détermination, que nous retournerions.  Je parlerai de foi pour décrire l'expérience de cette conviction.  Je place le mot foi dans une relation, une relation avec Dieu, bien sûr.  Notre foi nous amène à inclure Jésus-Christ dans notre perception du monde et de la vie.  Jésus a vécu et souffert, il a subit l'échec et il est ressuscité.  Notre vie, notre souffrance et nos échecs sont donc soumis à cette invisibilité de la présence de Dieu, qui n'est pas un héros arrogant et dictateur.  Notre foi n'est pas dogmatique, elle ne se campe pas dans une définition de la morale (du bien et du mal) ou dans une croyance rigide.  Nous ressentons en nous Dieu et la Bible nous sert d'appui pour éclaircir ou pour interpréter la vie.
La pénible expérience du Niger, avec ses chocs culturels et ses frustrations humaines, n'a jamais résonné pour nous comme une fatalité ou comme un échec écrasant.  Nous avons vu l'amour dans la misère.  Nous avons connu l'amitié dans le besoin.  Nous avons expérimenté la dignité dans l'adversité.  Aujourd'hui, nous réorientons nos pas vers les nomades du Niger et nous nous en réjouissons.
Nous reprenons donc le chemin avec Outreach Canada.  Cette mission qui se spécialise à travailler avec des églises existantes pour les aider, les accompagner et pour leur permettre de vivre le mandat de Jésus-Christ qui commence par: "Aimez-vous les uns les autres".  Notre rôle au Niger sera de former des facilitateurs pour le développement communautaire.  Nous voulons aider les églises à s'engager dans la communauté.  Nous ciblons les églises parce qu'elles ont ce fondement commun dans la Bible qui nous poussent vers les autres, dans l'amour.  Mieux vaut commencer avec des assises communes pour avoir des premières expériences positives.
Toutefois, avec Outreach Canada, nous avons le défi de trouver notre financement.  Nous devrons trouver des donateurs qui voudront nous soutenir par un don annuel ou par un don mensuel.  C'est un défi de fou.  Mais d'aller au Niger pour accompagner les pauvres et pour les aider à améliorer leur qualité de vie, c'est encore plus fou.
Voudrez-vous participer à cette folie?
Pensez-y! Priez-y!  Qui sait?

Bye
Daniel