30 juin, 2012

La différence entre un furoncle et un abcès

J'ai eu un abcès sur la cuisse il y a un mois.  Je me suis promené de clinique en clinique, chaque docteur renvoyant à un autre.  Ça a éclaté tout seul finalement, le soir je me suis présenté à l'urgence du General Hospital.  Il n'y avait plus rien à faire, sinon de nettoyer.  
Dans chaque clinique, on me disait que j'avais attendu trop longtemps - 10 jours -, mais personne ne voulait agir.
Cette semaine, Élohise a eu un bouton semblable.  Aujourd'hui, après deux jours, elle a appelé info santé (811) et nous sommes allés à une clinique sans rendez-vous.  1h30 d'attente pour que le docteur nous dise: allez à l'urgence de l'hôpital!  L'avantage de l'hôpital est que les docteurs peuvent couper dans un environnement stérile.
Nous avons donc attendu à Ste-Justine.  Apparemment qu'il y a moins de personne en été.  C'est vrai.
Le docteur a décidé d'ouvrir l'abcès pour le vider.  J'étais à côté de ma fille.  Le docteur me demande si je vais tomber dans les pommes et je réponds que j'ai vu des accouchements...  Les accouchements apportent la vie, un abcès est sale.  Alors, j'ai eu une baisse de pression, un choc vagal - c'est beau non?  J'ai dû m'asseoir!
Alors, j'ai appris de source plus sure que wikipedia qu'un furoncle est à la surface et que l'abcès est une poche de pu plus profonde.

Daniel 

Les renards ont des tanières

Je ne peux pas me comparer au Christ.  Il disait à un homme qui le suivait que les renards ont des tanières, mais que le fils de l'homme - lui, Jésus - n'avait pas de pierre où poser sa tête.
J'écris cela aujourd'hui, la veille de notre déménagement.  Nous déménageons temporairement pour Ville Émard, en attendant de partir pour le Niger.
Abraham, Isaac et Jacob ont vécu dans des tentes.  Les premiers chrétiens ont vécu comme étrangers et pèlerins, espérant la cité céleste.  Nous avons décidé de suivre cette conviction, cette vocation qui nous pousse vers le Niger.  Pourtant, le Niger n'est pas une nouvelle nation pour nous, ni un lieu stable.  Déjà, là-bas, nous avions déménagé trois fois.  Ici, en deux ans, nous sommes à notre troisième lieu.
Nous ne sommes pas à plaindre.  Nous avons choisi le chemin que nous empruntons.  C'est la force de ce choix qui nous permet d'avancer dans ces zones d'ombres.  Nous ne nous laissons pas tirer ni pousser par des opportunités ou par des obstacles.
Demain, nous fermerons l'expérience d'Outremont.  Pour un gars de l'Est de Montréal et qui travaille dans le communautaire et le religieux, c'était une grâce que de vivre ce contexte culturel.  Avec surprise, à Ville Émard, j'ai senti l'environnement de mon enfance.  Avec Antoine, nous faisions le tour d'un parc, dans lequel jouaient trois enfants québécois.  Ils demandent à Antoine s'il veut jouer avec eux.  Ils étaient seules, ont 9 - 10 ans et habitent les alentours du parc.  Ils faisaient une bataille de sable.  Mais, il y avait longtemps que nous avions rencontré d'autres enfants inconnus qui invitent l'un des nôtres à jouer.  Ça sentait mon enfance!

Daniel

14 juin, 2012

J'ai frappé un chevreuil

Dimanche matin, j'étais invité à l'église ACM de St-Donat.
Sur la 15, juste après la sortie de Ste-Agathe, un chevreuil a sauté sur la route juste au moment où on passait.  Paf!  Le phare droit, le capot, et l'aile droite sont complètement brisés.  La voiture roule toujours quand même.  Nous étions un peu secoués, mais nous nous sommes rendus à St-Donat, puis retourné à la maison en sécurité.
Nous sommes en préparation pour partir au Niger.  Nous ne sommes pas encore prêts à partir, mais nous avons toujours besoin d'une voiture.  Sauf que nous ne voulons vraiment pas dépenser de l'argent sur une voiture, surtout pas sur de la carosserie.  Si nous avions $1000 de disponibles, même en cadeau, nous voudrions le garder pour notre départ au Niger.

Cette situation m'a fait penser à une réalité face à la pauvreté.  Nous pouvons être émus par un besoin d'un pauvre et vouloir combler ce besoin.  Le "hic" est qu'il s'agit d'un besoin que nous avons identifié, et non celui que la personne ressent.  Au mieux, elle reconnait ce besoin, mais elle en aurait d'autres plus urgents.  Un jour, au Niger, j'ai vu un groupe de femmes qui balayait la rue.  Comme il faisait chaud et que j'ai vu un vendeur d'eau, je leur ai payé un sachet d'eau à chacune: 25¢ pour 10.  Une des femmes m'a dit: "laisse faire l'eau, donne-moi l'argent!"  Or, mon projet était de donner de l'eau et non de l'argent.  Mais elle ne devait pas avoir soif.  Et, est-ce que je pouvais être mieux placé pour savoir qu'elle devait boire de l'eau à ce moment? 
Je suis en train de lire un livre qui se traduirait: "Quand aider fait du tort" When Helping Hurts.  Il me fait réfléchir aux défis d'aider les pauvres.  Nous ne pouvons pas imposer notre aide à un adulte.  Même ici, au Canada, nous avons offert à des familles de peindre leur appartement.  Nous avions un groupe de jeunes bénévoles et nous fournissions la peinture.  Je me rappelle une dame.  Nous avons terminé son salon et sa cuisine, deux couches, impeccables.  Elle nous dit merci.  Puis elle me prend à part et me demande $50 pour l'aider à payer son loyer!  Il était tentant de dire: "nous venons de peindre ton appartement, ça suffit!"  Mais si elle ne paie pas, toute la peinture n'allait pas lui servir.  Néanmoins, je n'avais pas $50 et elle est toujours dans le même appartement, donc elle a trouvé, soit la patience du propriétaire, soit la générosité de quelqu'un d'autre.
Je me trouve donc dans une situation semblable.  J'ai une auto écrapoutie, qui roule.  Mais je ne veux pas la réparer.  Si vous m'offrez de l'argent pour la réparer, je vais vouloir en faire autre chose.  Vous seriez fâchés que je n'aie pas respecté votre volonté charitable.  Si je répare la voiture, l'argent sera perdu car même la vente de la voiture ne pourra pas récupérer le montant des réparations. 

En allant au Niger, Sophie et moi avons vraiment cette perspective d'accompagner les pauvres.  En fait, n'importe qui, ou presque, est pauvre au Niger, il n'y a pas de discrimination.  Nous ne pouvons pas dire que nous allons faire qu'une seule chose.  Par exemple, je n'aime pas le micro crédit, le fait de prêter une petite somme d'argent pour encourager des activités génératrices de revenus.  Pourtant, à Tillaberi, le regroupement que j'ai formé et accompagné a identifié cela comme besoin et comme solution.  Je leur ai fait confiance.  J'ai cherché les informations dont ils avaient besoin.  Et les voilà qui continuent à le faire, deux ans après mon départ et ils le font mieux que je ne l'imaginais.
Notre rôle au Niger sera de croire en eux.  De leur faire découvrir qu'ils portent en eux l'image de Dieu.  Ils sont capables.  Ils ne deviendront pas millionnaires avec nous.  Mais ils amélioreront leur qualité de vie.  Pour nous, la foi chrétienne nourrit l'espérance en ce sens aussi.

En passant, une personne de Jeunesse sans limite, avec qui je travaille, a pourvu à notre besoin de voiture en nous en  prêtant une pour l'été.  Merveilleux.

ciao!
 
Daniel Marineau


12 juin, 2012

Élohise vers le Sénégal

Je vous présente un petit vidéo qu'Élohise a fait pour sa préparation pour partir au Sénégal, un mois cet été avec JET.
Elle ne nous accompagnera pas au Niger.  Elle restera à Montréal pour finir son CEGEP.
Elle a fabriqué des toutous pour les vendre, assistée par une maman vaillante.
Il lui en reste encore quelques uns disponibles.
Priez pour elle.

Merci
un papa fier.

11 juin, 2012

Un trottoir de trop



De façon ridicule, j'ai frappé un trottoir, j'ai bossé la jante de la roue et donc, j'ai eu une crevaison.
Nous allions voir la Lune à son périgée, c'est-à-dire à son point le plus près de la Terre.  Nous avons manqué son levée.
Toutefois, j'ai grandement apprécié l'aide de deux jeunes mécaniciens qui passaient par là.  Ils n'ont pas fait grand chose comme tel, mais je suis toujours insécure quant à l'endroit où je dois mettre le cric sous l'auto.  Ce qui m'a frappé c'est qu'en les voyant, j'aurais été tenté de m'en méfier.  Ils étaient jeunes, excités avec vêtus d'une apparence sombre et violente.  Eh bien, ils dépassaient les apparences pour se montrer sympathiques.  
J'aime toujours constater ces distances entre mes perceptions et la réalité.  Je dis souvent à mes enfants qu'il y a plus de gens gentils que de méchants dans le monde.  Il y a peu de gens vraiment pervers et désirant le mal.  Je sais qu'il y a eu le cas international de l'assassin de Montréal arrêté à Berlin cette semaine.  Néanmoins, il y a de la bonté parmi nous.  Il ne m'est pas arrivé souvent de me faire battre dans la rue, surtout quand j'étais dans le besoin.  Mais j'ai plus souvent eu de l'aide dans la rue, surtout quand j'étais dans le besoin.
La déshumanisation nourrit un mal terrible.  La déshumanisation est cette transformation intérieure qui ne perçoit les être comme des objets et plus aucunement comme humains.  Par exemple, si je m'étais fier à ma perception, j'aurais repoussé les jeunes et je les aurais chassé, ne voyant en eux que des objets ou des bêtes.  Alors, ils m'auraient traité comme une bête.  Et je me serais conforté dans ma perception d'être le seul humain, entouré d'objets, de choses et d'animaux.  Dans la Grèce antique, la femme et les esclaves étaient considérés comme des biens.  
Dans le quartier où je travaille, je constate que personne ne désire être pauvre.  Cela va de soit, vous me direz.  Mais je veux dire que personne ne veut se considérer comme appartenant à la pauvreté.  Et même, plusieurs familles dont nous sommes tentés d'étiqueter comme pauvres se débrouillent bien et ne revêtent aucunement le look d'un pauvre.  Certains diront que c'est de l'orgueil mal placé que de se payer des vêtements neufs et de manger au restaurant occasionnellement.  Or, c'est un refus d'être réduit au statut de la pauvreté.  Ils refusent à n'être que les objets de charité.  J'entends souvent les enfants mépriser les bazars et les vêtements usagés.  Malheureusement, ce refus pousse à l'orgueil et s'il le faut à la criminalité, pour combattre cette humiliation qui déshumanise.  Je veux dire que les garçons vont entrer dans des gangs ou vont vendre de la drogue afin de se payer ce qu'ils désirent.  Les filles peuvent se livrer à la prostitution pour se hisser hors de la pauvreté et de l'humiliation.  Bien sûr, ils se font déshumaniser autrement, moralement.
Lorsque nous entendons passer des manifestations et des bruits de casseroles, c'est en partie pour contrecarrer les dérapages de ces formes combats criminels contre la déshumanisation.  Plutôt que de laisser pourrir l'écart entre les pauvres et les riches, il vaut mieux répartir la richesse et simplifier l'accessibilité à l'honneur (et à l'Université) et au travail décent.

J'aurai bientôt une autre histoire de voiture et de pauvreté à vous raconter.
Ciao

Daniel

04 juin, 2012

Visites d'hôpitaux

Heureusement, tout va bien en ce moment.
Mais depuis deux semaines, je me suis promené dans des cliniques et des hôpitaux.
Tout d'abord pour moi.  Je me suis gratté un bouton sur la jambe - Paf!- une infection.  Je maîtrise la situation... avec du polysporin et de l'eau de javel.  Non, l'infection grossit.  Après une semaine, je vais à une clinique médicale sans rendez-vous.  J'y attends toute l'avant-midi.  "Monsieur, vous avez attendu trop longtemps!"  L'infirmière ne parlait pas de l'attente de l'avant-midi.
J'avais attendu parce que nos cliniques ne sont pas invitantes.  Il serait facile de rêver à des cliniques privées où l'on n'attendrait pas.  On n'y attendrait pas parce que peu de gens n'y irait, faute d'argent ou d'assurance.
Cet fin de semaine, chaque docteur m'a dit de revenir le lendemain pour me faire vider l'infection.  Chaque docteur refusant de le faire, il me renvoyait au lendemain.  Le lundi soir, je me suis tanné et je suis allé à l'urgence du "General Hospital".  J'ai encore attendu - que deux heures -, mais là j'ai été soigné.  Pour la suite, je devais prendre rendez-vous au CLSC.  Wow.  Au CLSC, j'étais reçu à l'heure du rendez-vous et 15 minutes plus tard, je repartais.
Toutefois, jeudi passé, je reçois un appel de l'école au travail: Antoine a reçu un jouet dans l'oeil.  Il est fortement conseillé de consulter.  En milieu d'après-midi, il n'y aurait aucune place dans une clinique sans rendez-vous.  La solution, l'hôpital Ste-Justine.  Je suis allé chercher Antoine.  L'attente n'était que de 1h30 - 2h, jusqu'à ce qu'un accidenté entre en salle de trauma.  Nous avons passé 5h à l'hôpital.  Mais Antoine a été bien soigné.  Nous avons eu un rendez-vous dès le lendemain pour voir un ophtalmologiste.  Hourra, l'oeil d'Antoine était déjà guéri, mais il est irrité et ça frotte, sans plus.
Je lève mon chapeau aux médecins et aux infirmières.  Ils travaillent fort.  Je suis reconnaissant.
Sauf qu'avec toutes ces visites, j'ai perdu du temps et de l'énergie que je n'ai pas pu mettre ailleurs.

Nous prions que la santé demeure dans la famille pour que nous puissions mettre notre énergie dans nos préparatifs pour le Niger.

À bientôt
Daniel