26 septembre, 2012

Il y a plus malheureux que nous

Trouver sur le site fondation SQLI
Je trouve l'image tellement efficace.  Je n'ajoute rien de plus.

Daniel


21 septembre, 2012

Face aux pauvres #2

"C'est exactement ce que me racontait [...] un médecin de mes amis, homme d'âge mûr et de belle intelligence: [...] "J'aime l'humanité, mais, à ma grande surprise, plus j'aime l'humanité en général, moins j'aime les gens en particulier, comme individus.  J'ai plus d'une fois rêvé passionnément de servir l'humanité, et peut-être fussé-je vraiment monté au calvaire pour mes semblables, s'il l'avait fallu, alors que je ne puis vivre avec personne deux jours de suite dans la même chambre, je le sais pas expérience. Dès que  je sens quelqu'un près de moi, sa personnalité opprime mon amour-propre et gêne ma liberté.  En 24h je puis même prendre en grippe les meilleures gens: l'un parce qu'il reste longtemps à table, un autre parce qu'il est enrhumé et ne fait qu'éternuer.  Je deviens l'ennemi des hommes dès que je suis en contact avec eux.  En revanche, invariablement, plus je déteste les gens en particulier, plus je brûle d'amour pour l'humanité en général."

Les Frères Karamazov, Dostoievski

[J'ai rencontré des gens qui pleuraient à cause de la misère du monde, mais qui s'enrageaient contre les quelques uns qui leur demandaient leur aide.  C'est pour moi le défi chrétien: aimer mon prochain que je vois.]

Daniel

18 septembre, 2012

J'ai tourné 40

J'aime beaucoup jouer avec des fausses traductions, tant vers l'anglais que de l'anglais au français.
J'ai eu tel âge... se dit "tourner"en anglais.

Antoine et moi se suivons à 3 dizaines près.  Lui a tourné 10.
Maintenant, la question: Change-t-on à 40 ans? ou Doit-on changer à 40 ans?
Je méditais à la crise de la quarantaine.  Qu'ai-je fait de ma vie?  Pourtant, il me reste encore plus de 40 ans devant moi, si ... et si .... à moins que .... sauf si ...
À 17 ans, je suis allé en Afrique, au Tchad pour être précis.  J'étais alors, possiblement, dans ma crise d'adolescence.  À 40 ans, je m'apprête à retourner en Afrique, au Niger - crise de la quarantaine?  Ce ne doit être qu'une seule et même crise.  Une telle crise s'appelle plutôt la vie, jamais simple, ni facile, plutôt folle.  Surtout que notre projet de vie ne facilite rien - et nous l'assumons.
Je vois ma vie comme des défis qui s'enchainent.  Je ne suis pas un bâtisseur, un inventeur, ni un leader entreprenant.  Mais je relève des défis humains.  Moins spectaculaires, plus personnels.  Pour changer, il me faudrait acquérir de la rigueur et délaisser de la sensibilité.  Est-ce que cela se fait à 40 ans?  En Afrique, je n'en aurai pas tant besoin.  La rigueur est froide, sans être rafraichissante, alors qu'en une Afrique chaude, ce sont les relations sensibles qui rafraichissent.

Ciao!
Daniel

(Pour parler d'une traduction de l'anglais amusante, je suggère:" J'ai couru en dehors de l'essence".  "I ran out of gas."  Sens: "J'ai manqué d'essence".

11 septembre, 2012

Rencontre avec l'Amour de la vie

Je fais des visites et des rencontres fascinantes.  Nous avons vraiment prié afin que nous puissions être déjà au Niger à l'heure actuelle.  Nous nous demandons donc qu'est-ce qu'on fait encore là.
Or, nous rencontrons des gens.  Il s'avère que nous partirons comme des missionnaires indépendants, ou si vous préférez comme travailleurs autonomes.  Je dois donc rencontrer des gens pour les inviter à nous soutenir.  C'est très intimidant, je le concède, car en soi, nous demandons des fonds pour nous, pour notre travail, tant pour notre salaire que pour les coûts de l'aide que nous allons offrir.  (Si je ne vous ai pas encore rencontré c'est que je n'y ai pas pensé ou que je suis timide).

Cette image est complexe comme la vie.
Le premier regard n'est pas simple.
Avec vous tous que nous rencontrons, je suis émerveillé par l'amour de la vie.  Nos vies sont pénibles, soucieuses et souffrantes.  Malgré tout, je rencontre des personnes qui aiment la vie, celle qui se vit dans les autres.  Pour qu'une personne ou une famille ou une organisation donne à une oeuvre de charité, c'est qu'elle aime la vie.  J'ai cette conviction que la vie vainc la mort.  À grande échelle, la mort n'est jamais venue à bout de la vie.  Tous nous participons à ce combat de la vie sur la mort.  Certains laisseront des traces mortes dans le béton et la pierre, mais la majorité d'entre nous marquons la vie des autres et perpétuons cette victoire vitale.
J'ai pris conscience que Sophie et moi ne sommes pas des capotés isolés quand une famille qui nous soutient généreusement en a rajouté.  Non seulement, elle nous soutient, mais en plus, elle veut financer un fonds pour qu'un de nos regroupements puisse poursuivre du micro-crédit, une fois que nous serons là-bas.  Et encore, ils rêvent et font des plans pour venir rencontrer personnellement ces personnes.
Je dis cela par émerveillement.  Dieu me travaille intérieurement dans ce parcours pour trouver de l'argent.  Si je gagnais à la loto, je resterais seul avec mes aspirations.  Mais avec vous, je découvre votre amour de la vie et qu'ensemble nous participons à l'oeuvre du Christ qui est de donner notre vie par amour du prochain.
Ensemble, nous repoussons la mort à l'échelle globale.

Merci
Daniel

07 septembre, 2012

La tentation du politique

Les élections sont passés et j'ai résisté à la tentation du politique.  Oui, je dois l'admettre, à chaque élection, j'ai l'idée qui vient m'achaler de me présenter en politique.  Ç'a commencé à l'adolescence, avant que je ne puisse voter.  Je voulais me battre pour le français à Montréal.  Assez tôt, j'avais eu la désillusion des partis politiques.  Il y a trop de jeux de pouvoir.  Trop d'intérêts à satisfaire quand un homme est en politique - la même chose quand t'es une femme, mais je ne le vivrai jamais.
Or, je déteste la manipulation.  Si je me sens manipuler, je fuis, je critique et je m'arme contre la manipulation.  Pourtant pour être élu, il faut dire la véri ou la rité, soit des demi vérités, car il faut embarquer les gens.  Le programme complet d'un parti ne peut par rallier une majorité d'électeurs.
J'ai eu deux "révélations" dans mes tentations électorales.  La première a eu lieu lors d'une des élections de Jean Chrétien au Canada.  Je priais Dieu en pensant aux enjeux des élections, fâché qu'on ne parle pas de tous les enjeux, etc.  Une pensée m'est venue, que je prends comme une inspiration de Dieu: "Un par un, les coeurs se changent".  Je pensais qu'en allant en politique, je pourrais changer des batchs de coeurs et influencer un pays.  Non, un programme de parti, une réforme politique ou une nouvelle loi ne change pas un coeur.
L'autre a été moins mystique.  C'est lors de la vague NPD.  J'ai passé à deux poils de m'offrir comme poteau.  C'est à dire que j'ai voulu proposer qu'on me mettre sur une pancarte dans un comté quelconque pour que le parti puisse comptabiliser des votes, même si le candidat n'est pas élu.  Si je l'avais fait, je serais à Ottawa alors que je veux aller au Niger.  Donc, je ne dois pas niaiser avec la politique.  Je ne suis pas rendu là et je préfère avoir une influence personnelle dans la vie de ceux qui m'entourent.

Ciao
Daniel