26 octobre, 2012

Deux miracles

J'ai écris le 31 juillet Comptez vos miracles.  Eh bien! J'en ai comptés 2 aujourd'hui.
J'ai apporté ma voiture au garage, car hier la roue avant faisait beaucoup de bruit et la direction était chambranlante.  Je croyais que c'était un "bolt joint" ou pire un cardan ou la direction même.  Je laisse la voiture et je rentre chez moi à pied.
En repassant plus tard, je m'arrête au garage pour prendre des nouvelles.  Le mécanicien n'avait pas eu le temps de vérifier sérieusement, mais il avait remarqué que les boulons de la roue étaient tombés et que la roue ne tenait que par une seule.  Les boulons tenaient dans le cap de roue.
Mon premier miracle est que nous n'avons pas perdu la roue en pleine route et que nous n'avons pas causé d'accident.
Mon second miracle est que la réparation ne me coutera pas des centaines de dollars.  Je n'ai besoin que de nouveaux boulons!.


Et vous, avez-vous eux des miracles aujourd'hui?

Daniel

La fin de la cantine

J'ai appris officiellement que la cantine que nous avions commencé n'a pas été renouvelée cette année.  Le projet original était pour trois ans, les trois ans sont passés.  Le financement n'a pas été renouvelé.
Quelle est la raison?  La dernière raison, l'ultime (car il y a d'autres raisons), est que le projet est trop petit.  Pour un grand bailleur de fonds, un projet de $25 000 et un autre de $1 million représentent la même quantité de travail, de formulaires et de temps.  C'est le même processus de décision que pour les banques à qui nous demanderions un prêt.  En soi, dans cette décision, il n'y a pas de méchants.  C'est un système qui prend au piège ses acteurs.
Dans cette perspective, nous pouvons comprendre pourquoi Muhammad Yunus de la Grameen Bank a reçu le prix Nobel de la paix en 2006: il a mis sur pied du micro-crédit accessible pour les plus pauvres (des prêts de moins de $4 000). Ceux-ci ont pu démarrer des entreprises et avoir leur propre entrepreneurship pour briser le cycle de la pauvreté.
De même, la cantine à $25 000 était en train de changer la vie d'un village.  Les enfants mangeaient les jours d'école.  Les enseignants avaient un rôle valorisé et les enfants étaient éduqués.  Halima menait des leçons d'hygiène et les femmes du village ont demandé des latrines (toilettes) pour rendre leur village plus propre.  D'autres ONG sont venus faire des projets, encouragés par la présence de la cantine et de la volonté des villageois.  Pour le continuer, ce projet, il y aurait fallu faire 10 ou 20 cantines.  Pourquoi pas?  Parce qu'il faut connaître les besoins des villages et leur intérêt pour un tel projet chez eux.
Sophie et moi croyons que le développement peut s'opérer à l'échelle locale et personnelle.  Toute population a besoin d'un contact personnel pour relever un défi collectif.  Un programme humanitaire à grande échelle sera toujours intéressant, mais il a besoin d'assises solides pour réussir.  Or, les assises solides reposent sur les gens et non sur les activités et les objectifs.  Malheureusement, dans le développement, la quantité d'argent dépensé est souvent une mesure du succès.  Plus on dépense de l'argent, plus "on fait quelque chose pour les pauvres".
Sophie et moi avons découvert que les pauvres n'attendent pas tant que nous fassions quelque chose pour eux, mais que nous soyions avec eux.  C'est pourquoi, nous savons que même avec peu d'argent, quand nous serons avec eux, ils auront une satisfaction.  Ainsi, je dis au gens qu'en nous soutenant financièrement, ce soutien aura un impact direct sur les plus pauvres de la terre.
J'écris, et ce n'est pas souvent, avec les larmes aux yeux.  En effet, je pense à Abduramane, à Marie, à Ibrahim, à Denis, à Halima, je pense à des personnes et non à des pauvres.  Je ne vous publie pas de photos pour garder leur dignité.  Je pense à eux et j'ai une part de colère envers le "système" qui prive aussi ces personnes, un système axé sur le profit et "l'efficacité".
Pourrais-je faire à nouveau un tel projet?  Une fois sur place, nous pourrons voir et chercher encore un bailleur de fonds.  Peut-être y en a-t-il un qui est ouvert à un tel projet qui commence petitement!

Daniel

23 octobre, 2012

Pêle-mêle

On a dû sortir nos vêtements chauds.
Comme il n'y a pas encore de nouvelles concrètes qui nous permettent de fixer un date pour notre départ à très court terme, nous avons dû réouvrir nos boîtes que nous laisserons ici, ce qui inclut nos vêtements d'hiver.  Une semaine trop tard d'ailleurs, car nous avons tous attrapé le rhume ou la grippe.

Pour notre départ, nous sommes toujours en recherche de financement.  Et nous attendons des réponses.  Il y a au moins un fondation qui travaille au Niger et au Burkina Faso, à qui nous avons fait une demande, qui nous a répondu: Non.  Nous n'en sommes pas fâchés.  En fait, j'étais bien content de découvrir le travail de cette fondation.  Il s'agit de la fondation d'une compagnie minière qui réinvesti une part des profits dans la communauté.

À la Corde, j'y suis bien actif depuis septembre, bien que je n'y passe que trois jours par semaine.  Cette année, il y a 50 enfants d'inscrits au programme de diner et d'aide aux devoirs.  À chaque jour d'école, nous nourrissons déjeuner et diner les 50 enfants, puis nous les accompagnons dans leurs devoirs.  En août, nous avons distribué des sacs à dos remplis d'articles scolaires gratuitement.  La Corde se trouve à Pierrefonds, dans un quartier où il y a beaucoup d'immigrants.
La Corde pendant la distribution des sacs à dos

Pour revenir au Marineau, nous bénéficions vraiment de la générosité des gens qui nous entourent (appartement, voiture, ordinateur, etc).  Grâce à vous, nous demeurons "légers" et libres de partir dès que cela sera possible.  En ce moment, nous envisageons janvier comme la date ultime.  Partir plus tard nous demanderait une réorganisation, partir plus tôt, risque d'être dans le temps de Noël.  Le mois de novembre nous servira à réévaluer notre stratégie de départ.

La générosité que nous avons "subit" s'est entre autre manifestée dans le sourire d'Élohise et de Marianne.  Elles ont porté des broches.  Élohise avait une dent qui était dans le palais.  L'orthodontiste est allé la cherché, sur plusieurs mois, avec un chaine.  Marianne a reçu une consultation pour prévenir le même développement.  L'orthodontiste, un vrai passionné de son travail, me dit qu'il vient d'entendre parler un technique qui prévient l'inclusion des canines.  Il veut bien l'expérimenter sur Marianne "pour s'amuser" et gratuitement.  Le mot expérience faisait peur, mais de voir cet homme avec tant d'enthousiasme m'a fasciné.  Les deux filles n'ont plus de broches.  Pour Marianne, le résultat final reste à voir dans un an ou deux.  (Je vous ferai un photo pour vous montrer mes deux beautés bientôt).

Mon ami Elmounir est rentré à l'université pour sa deuxième année.  Il vient de m'apprendre que sa grande soeur est à l'hôpital pour une opération.  Elle a été opérée, mais elle ne peut pas sortir avant d'avoir payé la facture.  Je vous encourage donc à être reconnaissant pour notre système de santé, avec tous ses défauts.  Au moins, on ne se retrouve pas prisonnier de l'hôpital.  Elmounir n'a pas voulu dire le montant, à moins qu'il ne le sache pas (mais je crois que c'est par pudeur).
Nous gardons toujours contact avec nos amis là-bas régulièrement.

Ciao!
Daniel

02 octobre, 2012

Octobre

Octobre, au Niger, est la petite saison sèche.  Il s'agit d'un mois très humide, sans pluie.  La fin de la saison humide qui se vide par le vent, car un jour, le vent aura tourné et la fraîcheur sera là, d'un coup - ou presque.
Octobre est aussi la récolte au champ.  Cette année, octobre est la fin de la famine, si la récolte est bonne.  Il y a eu beaucoup de pluie, trop même et des champs ont dû être ravagés, car j'ai appris que plusieurs maisons ont été détruites.
Octobre sera aussi le début de l'année scolaire, vers le 12, bien que le 8 sera la rentrée officielle.  Qui dit rentrée dit dépense, même dans un pays pauvre.  Au Niger, les écoles publiques et privées demandent des uniformes.  Dans ce cas, les parents achètent le tissu et paient un couturier.

Pour ceux qui se le demandent, nous sommes toujours en attente de réponse pour notre financement.
L'épreuve de la patience:
"Mes frères, regardez comme un sujet de joie complète les diverses épreuves auxquelles vous pouvez être exposés, sachant que l'épreuve de votre foi produit la patience.  Mais il faut que la patience accomplisse parfaitement son oeuvre, afin que vous soyez parfaits et accomplis, sans faillir en rien."
Jacques 1. 2-4
Habituellement, j'ai lu ce verset comme présentant les difficultés de la vie qui sont des épreuves qui produisent la patience.  En ce moment, nous vivons l'épreuve d'être patient.  L'épreuve de l'attente, l'attente de la décision des autres, l'attente de ce que nous ne pouvons pas faire par nous même.
L'attente des autres exige aussi la confiance en Dieu, celui qui n'échappe aucune de nos vies, aucun de nos cheveux.  Il ne brusquera pas ces autres que nous attendons parce que nous voulons partir promptement.  Dieu prend soin de nous tous, les uns et les autres, les riches et les pauvres, les méchants et les bons.

De plus, comme j'augmente mes demandes auprès de fondations et d'églises et d'individus au fil des semaines, j'augmente la nécessité d'attendre.
Mais, nous n'avons pas à nous plaindre, Notre Père pourvoit à nos besoins.

Ciao!
Daniel