10 juillet, 2013

Le défi: les doigts

Les doigts
Je me trouve toujours au Burkina Faso.  Avant de partir, je me suis donné un défi: Ne pas me ronger les doigts pendant 1 mois.
Ne riez pas, ce n'est pas si simple.  J'ai déjà épuisé toutes les techniques possibles et imaginées. 
Alors pourquoi relever ce défi maintenant?  Je compte que si je ne me ronge pas les doigts en Afrique, je réduis de moitié mes risques d'être malade.  Bien sûr, il faudrait pour remédier à ce risque que je me lave les mains chaque fois que je veux me ronger les doigts.  Ce serait une bien grande peine pour une activité futile.  J'étais bien conscient de ce risque dans mes séjours précédents, mais j'avais continué
à me ronger à moitié... et oui, j'allais souvent aux toilettes. 

Marcher
Depuis que je suis là, il pleut régulièrement.  Le ciel est semi couvert et le vent est rafraichissant.  Ce qui est traitre.  En plein jour, personne ne marche à Ouagadougou.  Il y a plein de voitures, de motos et de vélos, mais très peu de piétons.  Il y a aussi très peu de blancs et ceux que j'ai vu étaient en voiture, en moto ou en vélo, non, même pas en vélo.  Alors, j'étais l'exception, un blanc qui marchait en plein jour.  Le soir venu, ou dans les quartiers tranquilles, il y a toujours des gens qui marchent et je n'étais pas solitaire.  Il reste qu'un blanc qui marche se reconnait facilement.  Si je repassais dans une même rue, alors je revoyais mes anciens amis d'il y a toujours... de la demi heure d'avant!
Heureusement, ils sont tous très sympatiques.  Remarquez que chacun a sa nationalité détestée, tantôt les Américains sont les arrogants, tantôt les Français, surtout les Français, parce que les Burkinabés comprennent ce qu'ils disent.  Je n'ai pas encore rencontré quelqu'un qui ahuot lavoie de la rancune envers les Canadiens.  Un marchant d'à côté aime bien les Allemands parce qu'ils boivent beaucoup et qu'ils paient la bière.
Je suis rentré ce jour là fatigué, conscient de tous mes muscles - des hanches aux orteils.

Je me plains un peu, mais je suis heureux. 
Mon ami Serge m'a prêté un livre que je lis: la 25e heure.  Un des personnages y découvre une société industrielle.  Après avoir été injustement emprisonné et torturé, ce n'est que dans la société industrielle qu'il se met à avoir peur des hommes, qui pourtant ne le frappe pas.  Toutefois, ils sont insensibles et le traite comme une machine: ils ne sont plus humains.

bye, à ma prochaine connection internet.

 Daniel M.
en Afrique:)

Aucun commentaire: